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 L'avènement du surpuissant Prince (déchu) des Démons ! ._.

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AuteurMessage
Laharl Valhalla
Prince déchu


Pseudo Heaven : Maitrix
Messages : 34
Triomphe : 16
Date d'inscription : 28/07/2015
Age : 24
Localisation : Sur mon trône !... Enfin, bientôt...

Feuille de personnage
Objectif de Triomphe: Laharl : Roi des Mondes. Volvix : Retrouver sa mémoire et aider Laharl. Ekko : ...

MessageSujet: L'avènement du surpuissant Prince (déchu) des Démons ! ._.   Mar 28 Juil - 21:54

Voyageur Laharl Valhalla. Plus de 100 ans. Démon.
Prince Déchu
~ Laharl ~

Ce qui frappe d'abord, chez le jeune Démon, mentalement parlant, c'est certainement son aisance orale. N'ayant pas la langue dans sa poche, le prince déchu a même souvent tendance à s'attirer des ennuis. Faisant preuve de la délicatesse d'un éléphant, de la subtilité d'un hippopotame, Laharl ne peut en effet se vanter de sa diplomatie et a tendance à régler les problèmes avec la force, surtout sous le coup de ses colères régulières, mais de courtes durées. Courageux mais intrépide, il se montre également ambitieux dans ce qu'il est persuadé être sa future profession... Grand seigneur des mondes. Oui, rien que ça. Néanmoins et malgré son but démesuré, il reste une personne loyale, honnête, naturellement guidé par l'entre-aide, même si il essaye de préserver sa réputation de démon en donnant des justifications égoïstes à ses actions. Si le jeune garçon, à la chevelure improbable, se met autant en avant, que ce soit gestuellement ou verbalement parlant, c'est probablement aussi à cause du désintérêt subit, lors de sa plus tendre jeunesse... Veuillez cependant comprendre la déception d'un entourage royal, qui est bien forcé de reconnaître que l'héritier au plus grand potentiel de destruction, s'avère toutefois être un gosse qui lime le cube pour le faire rentrer dans le cercle, plutôt que de se rabattre à l'espace initialement prévu pour l'objet en question... On peut donc dire, qu'en plus d'avoir une réflexion critiquable, l'enfant turbulent se révèle assez rapidement comme quelqu'un de têtu. De plus, il voue une véritable haine envers son père, le Roi Démon, lui reprochant d'avoir toujours préféré son frère à lui, au point de le nier régulièrement, ce dernier n'ayant pas non plus le privilège d'une place de choix dans le coeur du caractériel personnage. Laharl n'apprécie en effet pas beaucoup les personnes se montrant dédaigneuses à son égard, son ainé en représentant donc un parfait exemple. Néanmoins, Laharl ne possède pas que des ennemis et il peut compter sur son fidèle second, qu'il fait un peu paraître comme un de ses sujets, alors qu'en réalité, il le considère comme son premier ami... mais c'est un secret et personne n'est voué à le savoir, pas même le concerné !


~ Volvix ~

Energique, électrique, ce Simili, à l'apparence d'adolescent, tire en réalité sa vivacité de celui qu'il considère comme un sauveur... Laharl. Avant sa rencontre avec l'atypique personne précitée, il était effectivement bien moins jovial et assuré. D'un naturel plus réfléchi et prudent que son démon préféré, il représente un pilier non négligeable dans le groupe, pour la sécurité que sa compagnie apporte donc. Malgré le fait que Volvix peine à affirmer la lucidité de son seul ami, il n'éprouve aucune difficulté à vouloir le servir, soutenant totalement son règne. Il voit en son maître une source de motivation et de rebondissement dont le monde semblerait avoir besoin. Toutefois, ayant bien conscience que celui-ci est loin d'être prêt à diriger un peuple, le guitariste s'est donné pour mission de l'encadrer dans ses choix et de le seconder dans ses actions. Volvix reste une personne fondamentalement gentille, dont la prestance actuelle en séduit plus d'une, sur le plan mental comme sur le plan physique. Mais c'est avant tout un passionné de la musique, maniant la guitare électrique comme personne, ce qui remonte d'ailleurs à son ancienne vie de célébrité prodige, mais a tendance dépressive. Son Simili n'a pas échappé à cette particularité et la solitude reste une menace constante, le déstabilisant complétement, jusqu'au point de perdre le gout de son occupation et donc, momentanément, de son talent envers cette dernière. Mais accompagné de personnes le comprenant vraiment, Volvix peut faire preuve d'une grande bravoure, ainsi que d'un étonnant sacrifice de soi, sa loyauté n'étant pas non plus à blâmer. Plutôt taquin, il apprécie pouvoir faire preuve d'ironie avec ses proches, comme avec ses ennemis. Ce qui ne l'empêche pas d'employer la dérision, selon les occasions, considérant qu'avant de se moquer légèrement des autres, il faut être capable de rire aussi de soi. Protecteur dans l'âme, il ne peut que rarement s'empêcher de vouloir prendre sous son aile les personnes moins aptes à se défendre, dans un monde qui ne leur semble pas adapté... En particulier si il s'agit d'une fragile et jeune fille... mais sans arrières pensées, nonobstant.


~ Ekko ~

Probablement la plus mystérieuse des trois. Mais comment pourrait-on se faire connaître des autres, lorsque l'on ne se connait pas soi-même ? A prendre au sens littéral... Ekko est à peu près semblable à une coquille vide, sa conscience de soi parait plutôt limitée et elle est incapable d'agir par elle-même, sauf sur base d'instructions. La solitude ne semble pas avoir d'effet particulier sur son mental, tout comme la compagnie, juste qu'une marionnette sans marionnettiste n'est assurément pas très active... Pourtant, un éclat de pensée subsiste malgré tout, pour qui est assez lucide pour le percevoir. Elle semble très attachée au grimoire qu'elle possède et ne s'en sépare jamais. La petite Discordian n'est pas très bavarde et rares sont les mots qui sortent de sa bouche, sorts exclus. Pourtant, certaines de ses paroles semblent visiblement faire état de son papa, qu'elle avoue parfois entendre dans sa tête. Contre toute attente, une volonté, possiblement étrangère, tend à diriger et limiter l'obéissance de la jeune fille à certaines personnes en particulier. Laharl et Volvix en faisant parties... En retrait, la créature humanoïde apparait comme une observatrice passive, regardant le paysage sans vraiment le regarder, se contentant de suivre les pas de ses guides attitrés. L'électrique guitariste fait d'ailleurs plus figure de tuteur, pour elle... lui montrant et lui expliquant certaines des différentes spécificités des mondes visités, jusqu'à lui faire découvrir des éléments beaucoup plus communs. Quelques fois, la Discordian obtient même le privilège de monter sur son dos... Bien que possédant des semblants d'absence, celle-ci se révèle très attentive aux informations communiquées, comme un ordinateur ouvrant un traitement de texte et sauvegardant le tout, jour après jour, pour ressortir les fichiers, lorsque demandé. Ainsi, des commandes incrustées peuvent s'exercer automatiquement, au début d'un combat, par exemple, ou pour d'autres tâches. C'est toujours Volvix qui s'occupe de lui partager des recommandations, même dans le feu de l'action, Laharl n'y pensant pratiquement jamais. Le développement de cette Discordian n'en est qu'à ses débuts, elle est encore en plein éveil.
~ Laharl ~

Voyant... vous en doutiez, au vu du mental ci-contre ? Il serait en effet fou de parier que le jeune Démon centenaire mise sur la discrétion, d'autant plus que son accoutrement le démentit assez bien par lui-même. Cheveux bleu clair, mi-longs, deux mèches échappent cependant à la règle, étant bien plus longues et ramenées en suspension vers l'arrière. Un autre signe, démontrant que sa future majesté vous fait l'honneur d'une visite, est certainement son écharpe assez unique. D'un rouge flamboyant, rappelant l'élément de prédilection du porteur, celle-ci semble façonnée dans un tissu plutôt peu commun... Avec la douceur du velours et la légèreté de la fumée, il ne serait pas étonnant de faire des envieux, tant ce bijou vestimentaire parait tenir chaud et flotter en toute circonstance. Et heureusement ! Car notre diablotin est torse-nu en permanence. Toutefois, Laharl a beau maitriser le feu et s'aider d'une écharpe chauffante, il est évident que le laisser errer des heures sur une montagne enneigée va bien finir par porter atteinte à sa santé... Les yeux du concerné, outre parvenir à démontrer, une fois de plus, le reflet d'une détermination inconsidérée, révèlent une teinte rougeoyante assez représentative de sa race. Les oreilles pointues participent aussi à cette distinction. Pour ce qui est des vêtements restants, ils sont assez rapidement descriptibles... Des brassards entièrement en Or, signe du trésor familial, sont présent aux poignets du jeune démon. Il porte également un short rouge, entre la taille moyenne et courte, avec des gros bords blancs à la fin. Une ceinture noir vient, de surcroit, compléter ledit bas, tout en apportant avec elle une boucle... en Or, elle aussi. Côté chaussures... Elles sont rouges ! Sans surprise donc... Nous retrouvons d'autres brassards du même genre que les précédents, mais cette fois-ci à hauteur des chevilles, par dessus la partie supérieure des chaussures, dont le bord blanc ressort des anneaux en Or, pour finalement entamer une descente brutale sur ces derniers. La petite touche finale revient aux grosses semelles qui servent probablement à rehausser vainement la prestance naturelle de notre colérique monarque. Côté équipement de combat, il ne possède qu'une épée à deux mains, modestement grosse, grise, avec un trou carré à sa fin.


~ Volvix ~

Il n'y aurait rien d'étonnant à voir un rockeur électrique avec les cheveux en pétard, mais pourtant, celui qui nous intéresse ne suit pas entièrement cette possibilité, même s'il y prête hommage, avec sa chevelure jaunâtre partant en piques, vers l'arrière, mais retombant normalement sur le devant. Deux mèches mauves, en éclairs, sont aussi à signaler, sur le devant du crâne, semblant en prolonger une centrale, de la couleur principale. Une combinaison qui n'est pas sans rappeler l'initiale du concerné. Possédant une teinte d'iris plus proche du mauve que du rouge, nous serions tout de même en droit de nous questionner sur la précédente nature du Simili, notamment à cause de ses oreilles pointues... Mais son apparente absence de contrôle sur le feu et sa faible défense laissent perplexe. Quoi qu'il en soit, il porte à son cou une sorte de pendentif, dont l'obtention lui semble trouble, mais que dire de sa veste, blanche à l'extérieur et mauve à l'intérieur, comportant un haut col, digne de cette appellation, ainsi qu'une paire de chaines, fixées à la fin de chaque manche. Un bien bel habit que Volvix ne ferme pas sur le devant, laissant son torse exposé, mais qui se prolonge jusqu'à ses pieds. Oserais-je continuer en glissant une petite observation, quant aux extrémités de la veste, qui semblent suffisamment distincts pour que l'ensemble nous fasse remarquer une similitude avec la lettre de prédilection de la race implicitement précitée ?... Terminons cette visite corporel avec la constatation d'un pantalon, somme toute assez classique, de couleur... mauve, vous suivez. Une ceinture blanche vient le soutenir, alors que les semelles intérieures des chaussures grises du guitariste soutiennent, elles, la plante de ses pieds. Et enfin, rajoutons rapidement son instrument préféré, une guitare électrique servant aussi bien pour la musique que le combat, arborant des teintes que je ne vais plus citer, tant elles paraissent évidentes, mais possédant une multitude de bordures pointues.


~ Ekko ~

Cette innocente petite fille aux cheveux blanchâtres, vêtue d'un simple débardeur blanc, d'un pantalon brun aux allures de baggy, une ceinture beige le maintenant... Sur la tête, des lunettes d'aviateur, un cadeau de son premier tuteur. Des bottes-sandales protègent ses pieds délicats, et enveloppés de brunâtres chaussettes, des divers gravas, trainant ci et là. Alors qu'un fin ruban verdâtre s'occupe de maintenir et de surélever, en une queue de cheval orientée sur le côté, son atypique et longue chevelure, se prolongeant habituellement jusqu'au basin. A l'opposé, une mèche parvient néanmoins à imposer sa présence, démontrant sa longueur jusqu'à cette frêle épaule... Celle-ci même, qui se voit contrainte de devoir soutenir la masse d'un sac de couleur brune, juste assez grand pour accueillir quelques provisions, ainsi que le précieux grimoire... Ce dernier, aux teintes oxydées, se voit orné, perpendiculairement et de façon centrée, d'un croisement comprenant deux lamelles de cuir, dont une demi-sphère vient en sceller l'union. Cette orbe changeant de couleur, en fonction de la puissance du sort énoncé... Ce livre cher, elle en feuillette méticuleusement les pages, de ses doigts fins et exposés, en visionne le contenu, d'un regard aux reflets d'olives, mais à l'opacité fumeuse... Et pourtant... cette créature, fragile d'apparence, constitue l'un des plus grands dangers planant sur l'équilibre des mondes. En effet, Ekko est une Discordian... La marque, parcourant son dos, le démontre sans aucun doute possible. Toutefois, celle-ci ne permet pas de dévoiler la catégorie à laquelle la jeune fille appartient naturellement. Dans ce cas ci, les termes Majeur et Mineur n'ont pas lieux d'être. Il est question de la première anomalie apparaissant dans un monde, celle qui va entamer le processus de contamination, un émissaire des déréglages... le Précurseur. Il ne serait pas exagéré de dire qu'ils représentent, en quelque sorte, les premiers enfants d'Abnegatio. Un précurseur peut être de forte ou de faible constitution, posséder un grand ou un petit potentiel de destruction. En général, cela n'a pas grande importance, ils représentent simplement l'origine, après leur créateur, de la plupart des dysfonctionnements à venir dans un monde. Mais il s'agit, dans le cas présent, du noeud problématique... Ekko possède un potentiel de déréglages hors du commun. Pour le visualiser, il faut penser sous arborescence. La capacité et la vitesse de reproduction ne seront pas équivalentes sur base de 3 enfants ou sur base de 12, en exemple. Ainsi, quelques jours suffisent pour que la petite Discordian condamne un monde à s'affaisser, sous l'ampleur des paradoxes spatio-temporels engendrés par sa présence. Un effet papillon dévastateur. Et ce n'est encore qu'un enfant... Malgré tout, ces rares précurseurs, au potentiel terrifiant, finissent communément par disparaitre, sous le poids de leur propre influence... Souvent dû à leur inactivité et la présence d'un prédateur, ou tout simplement... meurent avec le monde qu'ils ont fait tomber. Le principal danger venant donc de la présence de voyageurs, suffisamment charmés par leur aspect pour les prendre sous leurs ailes.

Style de combat
Laharl utilise la ravageuse puissance des flammes, pour combattre, en général. Que ce soit à travers des braises explosives, des boules de feu, des colonnes enflammées, parfois, ou bien même des filets ardents.

Le jeune Démon est également capable d'enflammer son épée, pour accroitre les dégâts de l'arme. Mais il ne possède pas de compétences particulières, avec sa lame.

Le Prince fait office de Tank, sur le champ de bataille. Son esquive n'est pas des plus pointues, mais heureusement, sa résistance naturelle le sauve généralement des coups puissants, qu'il est souvent amené à se prendre.


Volvix, quant à lui, joue la distance... pouvant, malgré tout, frapper l'ennemi avec sa guitare invocable, si nécessité s'en fait sentir. Son pouvoir électrique lui sert à attaquer son opposant, avec de multiples éclairs, à trajectoire horizontale, ou encore à commander l'avènement de la foudre, en exemple, un aspect donc plus verticale.

Mais ce n'est pas tout, le simili peut également créer des arcs électriques, que ce soit au sol ou dans les airs, afin de se déplacer plus rapidement d'un point A, à un point B, voire même être en mesure d'esquiver plus facilement les assauts... n'étant cependant pas mauvais, de base, dans ce domaine, au vu de ses bonnes anticipations.

Pour finir, il peut aussi condenser son pouvoir, pour former de modestes barrières, censées repousser les attaques adverses. Et heureusement, car il n'est pas particulièrement résistant. Mais l'efficacité reste critiquable, selon la puissance devant être contrée.


Ekko ne possède que deux atouts véritables, en combat. Ses arcanes, parfois fortes, bien que les meilleures soient toujours scellées... Et ses enchantements divers.

En effet. Très faible dans la constitution, peu rapide physiquement et presque sans volonté propre, la magie reste sa seule option.

Que ce soit de la puissance pure, à la transmutation, en passant par l'invocation, la petite Discordian maîtrise surprenament bien la magie arcanique, devant malgré tout ouvrir son livre à la bonne page, pour lancer le sort.

Ses enchantements peuvent temporairement décupler la vitesse d'un allié, augmenter la taille de son arme, sa force en elle-même, ou bien la défense, en exemple. La demoiselle peut agir sur le groupe en entier, aussi, mais les effets dureront proportionnellement moins longtemps.

Le hic ? Elle a besoin d'un soutien défensif, pour préparer ses sorts, car, en fonction de la difficulté, l'attente est d'autant plus longue. sans compter qu'elle doit proportionnellement se reposer un peu, entre chaque offensive. Cette difficulté est perceptible par l'illumination de la demi-sphère, au centre de son grimoire. La teinte verdâtre représente une complexité modeste, nécessitant peu de préparation. La jaune-orangée demande, en revanche, un temps plus handicapant. Quant à la rouge, son apparition reste extrêmement rare. La durée d'un combat ne suffisant généralement pas à justifier la conception d'un tel sort, d'autant plus qu'ils sont assez durs à maîtriser et que le faire est souvent synonyme d'évanouissement à venir.

Enfin, son influence naturelle de Discordian, sur l'espace-temps, peut également avoir une influence sur le combat, mais elle n'est pas en mesure de contrôler son terrifiant potentiel.


L'objectif de vos personnages
Laharl : Son objectif est simple... Devenir le suprême suzerain des mondes. En partie pour prouver, à son père, sa supériorité, mais aussi par ambition générale de devenir le meilleur Roi qui soit , ainsi que le plus puissant et important.

Volvix : Retrouver sa mémoire perdue représente l'un de ses objectifs principaux. Tout comme celui de se souvenir et de voir à nouveau la mystérieuse fille de ses troubles visions. Finalement... aider son maître à devenir ce qu'il désire être, lui paraitrait également comme un franc succès. Surtout que ce dernier doit encore acquérir le mental adéquat, afin de diriger au mieux son futur empire...

Ekko : ...


Histoire

Chapitre 0 Prologue : Le royaume des Démons.



L'univers est parsemé de mondes divers et variés, possédant chacun ses spécificités, ses créatures, ses dangers... Aujourd'hui, laissez-moi vous guider vers l'un d'eux... un monde partagé entre deux races bien inégales... Nous allons nous intéresser à la moins commune, celle des Démons.

Dans le passé, deux peuples s'affrontèrent pour occuper le plus de territoires possibles... D'un côté, nous avions des humanoïdes, dont la technologie semblait être le point fort, mais malheureusement, leurs êtres en eux-mêmes souffraient d'une accablante faiblesse corporelle. Ils n'étaient ni résistants, ni puissants, encore moins doués d'une généreuse espérance de vie... Du moins, face à leurs adversaires. Les Démons, bien que semblables d'apparence, pouvaient en effet vivre plusieurs siècles et avaient une prédisposition au contrôle de l'élément flamboyant, sans oublier leur remarquable défense corporelle qui, même si elle avait ses limites, constituait un atout de plus dans la triste balance de la confrontation.

Epuisés, impuissants, les perdants devinés durent se résoudre à un pacte, selon lequel ils cédaient l'entière appartenance de leurs terres, à la condition de pouvoir y résider malgré tout, sous la tutelle du Roi Démon. Le papier fut signé et scellé, provoquant la cohabitation des deux races. C'est ainsi que se fit total le règne des Démons.

Depuis ce jour, les choses ont bien changées... Le Roi Démon trouva l'amour de sa vie, une femme dont la tendresse n'avait d'égal que sa beauté, intérieure comme extérieure, et avec laquelle il donna naissance à deux enfants. Mais hélas, la dernière naissance représenta également la chute de la sublime créature... plongeant le Roi dans un chagrin, dont il ne se remit jamais entièrement...

Les Démons n'étaient pas si différents des représentations humaines habituelles. Ils étaient équivalents, mentalement parlant. Même si leur développement cérébral était généralement proportionnel à leur espérance de vie. Et, malgré les majoritaires habitations rustiques, l'on pouvait observer les signes d'une vie des plus paisibles et des plus civilisées... Les poissonniers tentaient de vendre leurs marchandises, tout comme les conducteurs de carrosses se montraient à l'affut de la clientèle. Le royaume se montrait prospère et haut en couleurs, aux alentours du remarquable palais de sa majesté...



Chapitre 1 : Une braise qui se brûle.



" Ma sooooooouuuuuupe ! Je veux ma soooouuuuupe ! Ca fait une éternité que je l'attends, pourquoi êtes-vous si looonnng ?! Comment osez-vous faire languir de la sorte votre premier prétendant au trône ?! Je suis Laharl Valhalla, le prochain Roi Démon, bande d'incapables escargots ! " Se faisait entendre une voix, dérangeante d'assurance, depuis une somptueuse chambre.

Ornée de décorations, toutes plus couteuses, les unes que les autres, la grande salle logeait en son sein un garçon bien connu des habitants du château, souvent malgré eux. Cet exubérant personnage, aux deux mèches extravagantes, commençait fortement à s'impatienter, à l'intérieur de la pièce qui avait toujours été sienne... Après quelques minutes d'énervement et d'injures en tout genre, le jeune garçon s'étala sur son lit, pestant encore mentalement, bien que plus songeur à la situation.


" Mais que foutent-ils ?... Ils ne prennent pas autant de temps, en général... Mmmh... Je sais ! Je vais me rendre en cuisine et ils ont intérêt à s'presser à mon entrée, sinon... ça va chauffer ! Haahahahahahah ! " S'exclama l'énergique créature, se redressant prestement avant de croiser les bras.

Et oui, le quotidien de Laharl pouvait souvent se résumer à des imprévus et des instants de grandes colères, suivis de forts rires vantards... Après quoi, la réalisation d'être souvent le seul à s'écouter le ramenait à sa réelle crainte, qu'il essayait de masquer de plus belle, celle d'être ignoré. Alors, marchant d'un pas assuré, il ne pouvait s'empêcher de se parler à voie haute, comme un long monologue sans sens particulier, mais lui donnant inconsciemment l'impression d'une compagnie... L'enfant turbulent traversant les couloirs du château, certains résidents prenaient la précaution de rentrer dans leurs appartements. Passer ne serait-ce qu'un court instant avec lui, était souvent synonyme de problèmes à venir, d'exclamations multiples et rarement agréables à l'écoute.


" Ooh, juste ciel, j'avais complètement oublié maître Laharl. Haa, avec tous ces évènements, je n'ai clairement plus pensé que je devais lui apporter sa soupe, voilà déjà une heure, maintenant... Oh non... il va encore piquer une crise, ça va encore être un moment atrocement long... J'aurais dû écouter ma mère et ouvrir mon restaurant, je déteste ma vie... " Se lamentait un cuisinier, se dépêchant de finir la cuisson du breuvage, avant d'installer la casserole sur un plateau roulant.

Fonçant à travers le couloir, l'homme en tablier avait bon espoir de se faire pardonner du jeune prince, si ce dernier voyait qu'il avait donné du sien, pour palier l'oubli. Mais à trop se presser, l'homme de métier n'avait plus prêté attention à une règle élémentaire des lieux importants...


" ON NE COURT PAS DANS LES COULOIRS ! " Hurla, à la fois furieux et effrayé, le concierge de l'énorme bâtisse, qui venait justement de finir le nettoyage de cette aile.

Surpris, le conducteur de la charrette gustative perdit son contrôle, essayant vainement de se rattraper sur un sol si lisse qu'on y glissait sans appui possible. Dépité, le technicien de surface ne pouvait qu'observer, impuissant, la situation qu'il avait à moitié engendré... constatant les nombreux mètres que le malheureux parcourait à présent, malgré lui, semblant danser avec son plateau, l'air incontestablement paniqué. La catastrophe, c'était la catastrophe en vue, assurément, il ne pourrait en être autrement. Et cela ne manqua pas... devinez qui pointait le bout de son nez, depuis un des nombreux angles du volumineux couloir ? Gagné !


" Aaah noon ! Mon Prince, reculeeEeEeEez ! "

" Moi ?! Je ne recule JAM- "

PATATRA !

" Mon SOL, mon beau SOL ! ASSASSINS ! " Criait à présent, dans le vide, l'homme de ménage, poings fermés, aussi révolté qu'abattu.

Se relevant difficilement, les responsables du désastre ne pouvaient véritablement répliquer... Bien sûr, parce qu'ils étaient coupables, mais également et surtout, parce que l'un des deux était trop occupé à culpabiliser envers l'autre, qui lui, peinait encore à comprendre tout ce qui venait subitement de se passer...


" Ooh, oooh, oh je suis vraiment désolé, désolé, oh tellement confus, ce, je ne l'ai vraiment pas fait exprès, mon Second Prince. Je vous en prie, croyez-en ma sincè- " Commença à s'excuser le cuisinier, particulièrement paniqué de sa gaffe.

Pendant quelques secondes, Laharl resta de marbre, se relevant et croisant les bras... Mais quelque chose avait changé, par rapport à lui... Son écharpe ? Non... Sa coiffure particulière ? Jamais ! Sa taille, ses chaussures, ses brassards en Or ? Rien de tout ça ! Pourtant, le responsable direct de l'embardée le remarqua bien assez tôt, lors de ses tentatives de rattrapages... La casserole. Renversée sur la tête du jeune Démon. Gardant l'équilibre, bien qu'en oblique, celle-ci donnait vraiment une drôle d'allure à son porteur, qui ne voyait d'ailleurs plus rien du tout. De la soupe coulant le long de son torse, l'intrépide guerrier aurait pu provoquer un fou rire, si les circonstances n'en étaient pas si peu enclines...


" ... T'as dix secondes pour m'expliquer pourquoi tu m'as nommé Second, pris autant de temps pour me faire cette soupe, et avoir eu le culot de me la gâcher ! " Rétorqua, furieusement, la récente victime de l'accident.

" Oh, oh... oui, oui bien sûr ! Je, je vais vous expliquer rapidement. Voyez vous, c'est lié... Peu de temps après votre demande, votre père, le Roi Démon, a convié le personnel, afin d'éclaircir plusieurs points, dont un vous concernant... Si je vous ai appelé, Second Prince, c'est parce qu'il a été décidé que désormais, votre frère ainé, Vlad Valhalla... va devenir le premier prétendant au trône. Et pour ce qui est de mon retard, j- "

" QUOI ?! Comment ça, premier prétendant ?! Mais il n'a pas le droit ! J'vais retrouver ces salopards, J'VAIS LES CARBONISEEEEER ! " S'insurgea, de suite, le jeune adolescent, au tempérament de feu.

Il partait... Sans demander son reste, après avoir, une fois de plus, coupé la parole au cuistot. Pendant un bon moment, ce dernier le regarda s'en aller, plutôt choqué d'une telle réponse, même si il avait l'habitude des réactions excessives du cadet de la famille royale. Mais cette fois-ci, et malgré le réceptacle de la chaude mixture, sur la tête, il paraissait plus intimidant qu'à l'accoutumée. La personne attitrée à la restauration, dû cependant recentrer son attention... à cause d'un proche raclement de gorge. Le Démon, chargé du nettoyage, le regarda en plissant des yeux, tout en déposant son seau à proximité, calant, d'un geste franc, la serpillère entre les bras de l'accusé...

Pendant ce temps, toujours entre les gigantesques murs de l'importante bâtisse, un être imposant, par sa stature, discutait posément et sérieusement avec l'un de ses contacts estimés... Le sujet était plutôt vaste mais majoritairement d'ordre administratif et restructuratif. Des proposition de lois, des rapports de sondages, des requêtes à régler, ce genre de choses. Le Roi Démon n'appréciait guère toutes ces formalités à gérer... Et dire qu'auparavant, les choses étaient tellement plus simples à diriger. Vous étiez le plus puissant et rien de plus ne comptait, un ordre et ils obéissaient... Aah, ces vermines humanoïdes... Leur acceptation au sein des rangs démoniaques n'avait causé que tracas et prises de têtes. A cause de leur intellect et de leur capacité d'apprentissage, ils avaient davantage instruit les Démons et leurs avaient fait prendre conscience de la condition royale de leur monarque, par rapport à la leur... Dès lors, il fallait se montrer digne de son poste et trancher justement selon les situations, si l'on voulait continuer à assumer cette fonction et ne pas devoir subir toutes les foudres d'une rébellion, qui ne ferait de bien à personne.

L'envie d'envoyer valdinguer tous ces documents ennuyeux était forte, d'autant plus que ces affaires étaient plus du ressort de la précédente reine... Douleur que de repenser aux instants honorant sa présence, lorsque l'on était forcé de constater son absence actuelle et désormais éternelle... Là le quotidien d'un Roi perturbé et harcelé, de part et d'autres, un masque et une tenue épaisse voilant son épuisement progressif, aussi bien sur le plan mental que physique. Plus d'un millénaire d'existence pour en arriver là... Sa longévité semblait prendre une allure de malédiction...


" Qu'en pensez-vous, père ? Cette règlementation aiderait à contourner le problème. Si je puis me permettre, l'analyse, dont vous me faites l'éloge de posséder, tenterait à m'indiquer que ces mesures offriraient l'éventualité de rendre les nouvelles taxes moins détectables et donc de nous donner une notoriété plus positive, pour moins d'efforts et plus de rendement... Sans vouloir me vanter, je pense détenir l'une des idées clés de demain... " Continuait, inlassablement, la figure masculine, se situant  près du trône.

" Haa... Je sais que ta force mentale n'est plus à démontrer, Vlad... mais j'apprécierais que tu prennes en considération l'attache que je voue à l'honnêteté et à l'entre-aide. J'ai toujours été sincère avec mon peuple, parce qu'il est important qu'un dirigeant reste soudé et loyal envers ses sujets, afin que ceux-ci se sentent en confiance et prêt à écouter, à considérer, et à appliquer les instructions politiques, militaires, et économiques, visant leur confort global... S'il te plait, fais-moi don du soulagement d'une promesse de remise en question, mon fils... De grâce, ne me fais pas regretter la décision avantageuse, à ton égard, qui s'est vue confirmée plus tôt dans la journée... "

Vlad Valhalla, premier prétendant au trône depuis peu, représentait cette image du Prince dont la réflexion symbolisait sa seule force notable, mais cachant également une foule d'émotions et de pensées noirâtres... au damne de son géniteur qui n'en décelait qu'une partie seulement. Alors pourquoi le choisir ? Après tout, ce jeune homme, bien que remarquablement instruit, n'était guère très soucieux de la populace, qu'il considérait tel des pions sur un échiquier, sans compter son décevant potentiel destructeur... Parce que oui, si le Roi Démon avait pris la décision de faire mettre au monde un second héritier, c'était justement pour que ce dernier se montre plus digne du poste, en terme de puissance. Un roi fébrile n'imposait pas le respect. Néanmoins... un attardé n'était également pas en mesure d'encadrer correctement la population, devant le reconnaitre comme un dirigeant stratégique, surtout à l'heure actuelle. Quelle ironie... Il fallait croire que le seigneur de ces contrées, déçu de sa première décision, avait finalement cédé aux approches et tentatives de corruption de son fils ainé. Mais difficile était de nier plus longtemps les conséquences que pourraient engranger le maintien des traditions, en ces conditions... La prestance, la force, c'était camouflable... Mais l'intellect...

" Enfin voyons... Imaginez les opportunités qui s'ouvriraient à nous, plutôt que de rester cloîtrés et enchainés sous l'influence de nos propres barrières empathiques. Nous pourrions tellem- " Recommença l'homme à la longue chevelure bleutée et au veston, ne cachant pas son torse nu, avant de se faire interrompre par la constatation imprévue d'un vacarme subit.


" C'EST QUOI C'BORDEL ?! " Explosa Laharl, provoquant une entrée fracassante, en ouvrant la grande porte de la salle du trône, d'un puissant coup de pied.

Sur le coup, les deux Démons, impliqués dans la discussion, tournèrent automatiquement et rapidement la tête vers la cause de leurs nouveaux tracas. Lorsque le Roi démon distingua enfin son plus jeune fils, il ne put s'empêcher d'enfoncer sa tête dans sa main gauche... anticipant à l'avance la tournure des évènements. Le monde s'acharnait contre son être. Si seulement il avait encore toute sa puissance et sa fougue d'antan, il aurait sans doute déjà étranglé dix fois ce petit imbécile impertinent... Soit... quand il fallait y aller...


" Bon... Au vu de ton entrée peu commune et du ton que tu viens d'employer et que tu vas tout de suite redescendre, d'ailleurs... tu as probablement eu vent de ma nouvelle décision, concernant ma succession. " Commença l'emblématique figure, reprenant sa position initiale.

" Un peu, ouais ! Et j'suis venu ici pour te faire remarquer que t'es un salopard d'avoir pris ta décision dans mon dos ! T'as toujours préféré cette lopette à moi, je l'sais ! Mais j'aurais jamais crû que t'aurais été connard au point de briser les traditions pour l'affirmer davantage ! "

Et ça recommençait... Laharl, du haut de ses trois pommes, de son siècle d'existence et d'une... ridicule casserole sur la tête ?... venait encore de lui désobéir et de lui cracher verbalement au visage... Le grand monarque commençait à en avoir assez de cette attitude inacceptable, des choses allaient devoir changer et plus vite que lentement, quitte à devoir aller au bout des choses...

" Enfin, cher frère, veuille bien modérer tes propos agaçants. Ne vois-tu pas que tes paroles sidèrent, à petit feu, le père que nous parta- "

" Toi, ta gueule ! Va pas me faire croire que t'y es pour rien, dans ce choix ! Tu m'as toujours toisé d'un air supérieur et tu jalousais mon statut de Premier Prince. T'étais le chouchou, t'obtenais à chaque fois tout ce que tu voulais, mais ça, tu ne pouvais pas l'avoir et ça te rendait malade, avoue ! T'étais nul et tu ne savais rien y changer, alors t'as commencé à échafauder un moyen de rentrer dans ses bonnes grâces ! J'suis certain que tu jubiles intérieurement, en ce moment... Profite, ça va pas durer, espèce d'usurpateur ! " Se remit à crier le franc personnage, pointant du doigt une mauvaise direction, avant de se faire corriger oralement la trajectoire, par son interlocuteur.

Dans l'ombre de la dispute, une silhouette d'allure espiègle observait la scène, plutôt amusée des réactions d'une personne en particulier... C'est sans un bruit qu'elle se rapprocha, furtivement. Chacun de ses pas la faisait trépigner d'impatience, l'individu éprouvait cette malice indescriptible, à la vue de celui qu'il adorait embarrasser... Et là, hooo, quel festin... Ce réceptacle en argent sur la tête, ça le rendait encore plus amusant que d'habitude, surtout lors de ses énervements. Un amusant petit diablotin...

Sous l'étonnement général et presque total, deux bras fins semblèrent sortir du dos de Laharl, pour venir l'enlacer par le haut, les mains rejoignant son torse nu. Quelle posture indélicate... Elle le savait, c'était le but du jeu... Le jeune Démon frémit, en percevant le léger souffle chaud, qui parcourait à présent son épaule... Et que dire de cette délicate langue, qui sillonnait visiblement son cou, suivant les traces verdâtres de cette délicieuse soupe, encore bien chaude... si savoureuse...


" Mmmh... ce breuvage si spécial... si... délectable... Tu n'as pas pu contrôler son déversement... Je vais devoir tout lécher pour nettoyer ton corps, n'est-ce pas, maître ?... ♥♪ " Chuchota l'intéressée, au creux de l'oreille de sa victime, d'un ton exagérément sensuel.

" DRAaAagh ! Ah nan, pas toi ?! Fous-moi la paix, Korha, j'ai d'autres chats à fouetter, c'est pas le moment ! Mais, allez... lâche-moooiii ! " Sursauta le Prince colérique, avant de remarquer son agresseuse, tentant vainement de la repousser.

Lors de cette confrontation surprise, le récipient, jusque alors sur la tête de Laharl, entama sa chute sur le sol en marbre du prestigieux lieux, le souillant de quelques goutes et comblant l'espace d'une perturbation sonore supplémentaire. Le bordel... le bordel. Comme à chaque fois. Le Roi Démon était à deux doigts de craquer.


" Haaann ! ♥♪ Alors tu m'avertiras, lorsque ce sera le moment... de me fouetter ? ♥ J'ai été très vilaine, ces derniers temps, mon Prince adoré... Vous devez me corriger, me punir, ou je serai contrainte de développer davantage mon comportement honteux et désinvolte... ♪ " Relança la Démone, au regard malicieux, à sa proie rougissante.

Elle, c'était Korha, la fille d'une fidèle servante, résidant au sein de l'imposante bâtisse que représentait ce château. Maline et taquine, cette première était très attachée au jeune Prince, qui demeurait sa cible préférée, aussi chargée de tenir compagnie au précité, depuis sa plus tendre enfance. Son age était à peu près équivalent à celui de Laharl et il n'était pas exagéré de dire que ce dernier tenait plus à elle qu'il ne voulait l'avouer, par fierté et par gêne.

Cheveux d'un rouge ardent, couettes en épis, collier à anneau d'argent et boucles d'oreilles en têtes de morts, un tableau qui repousse certains à la diction, mais dont les éléments s'intégraient bien à sa tenue... peu conventionnel. Sans pour autant causer un scandale, parmi les Démons, son seul haut, qui se révélait être un soutien-gorge noir à ailes de chauve-souris, aurait pu mettre des formes généreuses en exposition acceptable, si seulement elle en possédait... Oui, plutôt plate l'aguicheuse occasionnelle... Habillée également d'une jupette noire, d'où se fixait une fausse queue se clôturant en as de pique, on pouvait aisément affirmer que la jeune fille aimait entretenir le folklore démoniaque et traditionnel, pour l'autre race partageant à présent ces terres. De longs gants sombres lui cachaient ses avants-bras, tandis que des bas lui camouflaient les avants-jambes... Ajoutez des bottes, à la teinte noirâtre, et vous obteniez un ensemble presque provocant, à la limite de l'impudeur. Bref, quelque chose de parfait pour tenter, encore une fois, de réveiller l'indécence du Second Prince...


" SILENCE ! J'en ai assez de vos gamineries !... Laharl ! Comment oses-tu me manquer de respect de la sorte ?! Contrairement à ton frère ainé, tu ne sembles pas comprendre toutes les contraintes et les responsabilités actuelles qu'implique le titre que tu convoites égoïstement ! Cela représente une montagne de paperasse et de décisions qui devront d'abord convenir à la nation et à son équilibre monétaire, pas à tes désirs d'enfant gâté ! C'est un travail beaucoup plus colossal et qui demande plus de structure qu'un simple exercice de formes à inclure dans des espaces appropriés, ça te parle ?! " Cria le Roi Démon, se levant vivement de son siège, sidéré par la situation.

" J'te ferais remarquer, vieux schnock, que j'ai finalement réussi à rentrer ce cube dans l'espace du cercle, moi ! " Rétorqua la personne visée.

" OoOoh... Et il s'en vante, en plus... Tu veux une médaille, aussi ? Je cherchais justement un  bouffon digne de la porter !... Si seulement j'avais su qu'elle mourrait pour te donner naissance... J'en ai assez, Laharl ! Marre de toi et de tes réactions enfantines !... Tu sais quoi ?! Puisque tu te penses si malin, par rapport à moi, je suppose que tu ne verras pas d'inconvénient à débuter ton règne à partir de rien, comme je l'ai fait à l'époque ! Oui, tu entends bien, fils ingrat, je te déshérite !... Ainsi, peut-être apprendras-tu les dures significations de cette longue route, parsemée de choix cornéliens... Et si tu reviens bredouille et plein de regrets à me formuler, peut-être que j'accepterai de te reprendre sous mon aile. " Termina le monarque, à travers une décision qui choqua la salle toute entière.

Un silence pesant s'en suivit, durant lequel le Roi Démon continua de fixer, furieusement, son deuxième fils, qui, lui, venait de baisser la tête, après son étonnement premier. De son côté, Vlad, peu après sa surprise, commença déjà à tenter d'entrevoir tous les avantages que lui offrait cette possibilité inespérée. Désormais, il était assuré de reprendre le flambeau, sans personne pour venir lui mettre des bâtons dans les roues... Il lui suffirait de feindre reconnaitre progressivement ses abus, en terme de propositions. Ainsi, une fois la barrière paternelle éjectée de la scène, pourrait débuter l'avènement de sa domination absolue, omnipotente et incontestable... une véritable aubaine que cette annonce, simplifiant grandement les plans du premier prétendant.

Pendant ce temps, Korha, qui ne pouvait qu'assister, impuissante, à cette révélation blessante, pour son pauvre chouchou... tenta de faire fit de sa retenue empathique, afin de rassurer quelque peu et à sa manière, le Prince nouvellement déchu.


" ... Je suis profondément désolée pour toi, mon boutchou... Mais, tu sais, même si tu n'es plus de la famille royale, je serai toujours là pour toi... Eternellement, tu resteras mon Laharl adoré. Je te resterai fidèle et, pour que je m'y exécute, tu pourras toujours me faire part de tes envies les plus inavouables... ~ " Craqua la demoiselle, sur la fin de son discours, pourtant pas trop mal parti.

Toutefois, la réaction du mentionné fut plutôt nulle... Au point que la Démone centenaire se rapprocha doucement, pour prochainement tenter de le consoler physiquement, mais sans une quelconque pointe de perversité.

C'est alors que, sans prévenir, le garçon releva brusquement la tête, provoquant, au passage, le sursaut de Korha. Son regard rentra en collision avec celui de son père... Ses yeux étaient brûlants de détermination et de frustration. Ainsi, Laharl croisa les bras et, de son air assuré, il s'exclama une dernière fois, d'un ton ne comprenant pas le moindre soupçon d'hésitation...



" Haaaahahahahahah !... J'me fiche pas mal de tes menaces en carton, vieux fossile ! Je suis... Laharl Valhalla ! Je n'ai besoin de personne et surtout pas de toi ! Je suis déjà le futur et suprême seigneur d'un royaume bien plus grand que le pitoyable qu'il t'est donné de diriger ! Il n'attend plus que ma conquête à venir !... Sache, pauvre fou, que ma fantasmagorique personne ne s'agenouille devant personne ! Tout simplement parce que l'individu capable d'me faire flétrir, n'est pas né et ne naîtra jamais ! Haaahahahahah !... C'est une promesse, compte sur moi pour te faire regretter l'affront que tu viens d'me faire ! Bientôt, c'est toi qui te traineras à mes pieds, pour clamer à quel point ma puissance est grande et à quel point tu avais tord ! Alors, peut-être que je t'accepterai en tant que sujet, au sein de mon gargantuesque empire !... Au revoir, père indigne ! " Déversa le jeune Démon, tentant de se faire plus menaçant, sur la fin de son dernier discours.

A la suite de ces paroles pleines de franchise, L'une des deux gigantesques portes de la salle du trône se fit, encore une fois, défoncée du pied dans un vacarme assourdissant, avant que Larhal ne s'en aille fièrement. Les sujets du Roi Démon prenant, à nouveau, la peine de refermer correctement les deux massifs blocs de marbre, sous les injures inutiles de celui-ci, à l'intention de sa colérique ex-altesse.

La stupéfaction était totale... Il venait de se passer tellement de choses, en un laps de temps si réduit. Vlad et Korha en étaient bouleversés, pour des raisons différentes, certes, mais il fallait reconnaitre que le deuxième Prince avait ce don d'imprévisibilité, qui semblait lui être propre... Se balader en sa présence était représentatif d'enfer, pour la plupart de ses contacts, comme une punition ultime, dont son père s'était déjà servi pour calmer certaines relations récalcitrantes... Triste en un sens, mais compréhensible, au vu du caractère particulièrement atypique de son fils.

Cette même figure était à présent en route pour rassembler ses affaires, parlant tout seul, comme à son habitude... Il savourait une dernière fois les joies égocentriques d'un royal tapis rouge, déroulé sous ses pieds, cette tapisserie coûteuse et du plus mauvais gout... les nombreuses, les trop nombreuses et ridicules banderoles, bercées par les rares courants d'air... le sol en marbre qui, représentait une matière, beaucoup trop exploitée au sein du château... Nan, en fait, la décoration ne plaisait pas du tout à Laharl et il s'en servirait probablement d'exemple à éviter absolument de suivre...


" Nyalaharlinanounet ! Attends-moi, je viens avec toi ! " S'écria une voix lointaine.

" Oh non... Ca il n'en est pas question ! " Répondit automatiquement le mentionné, dans un vide évident.

C'était désormais une course contre la montre... Korha était comparable à une sangsue, lorsqu'il s'agissait du Prince tant convoité. Mais heureusement, dans sa précipitation désespérée, elle venait de gâcher son joker, l'effet de surprise. Une erreur qu'elle ne commettait habituellement jamais... Toutefois, au vu des récentes révélations, la situation paraissait compréhensible. Ainsi et pour cette occasion seulement, le jeune adolescent avait une possibilité de lui échapper, mais il devait faire vite.

Cela faisait déjà quelques temps que le Démon, aux colères dévastatrices, avait entamé la longue marche, en direction de ses appartements. Il n'était donc plus très loin, en comparaison de sa pire crainte. Néanmoins, alors qu'il finit enfin par franchir le pas de sa porte, son altesse déchue crut entendre un ordre au rassemblement... et ce n'était pas du tout pour rassurer notre protagoniste, qui savait très bien ce que cela signifiait... Les Prinnies... Ces saletés de pingouins ailés au regard psychopathe... Ils étaient sous le commandement de cette diablesse, pour d'obscures raisons qu'il valait sans doute mieux ne pas avoir écho. Sérieusement, cette fille, en dehors de son apparence taquine, pouvait occasionnellement se comporter comme un tyran des plus sadiques... Personne ne voulait assister à ça... non, croyez-moi, personne.


" Raaaah, un truc, n'importe quoi, j'ai pas le temps ! Ils vont finir par m'encercler, bordel ! Le, la, la guitare seiche ! Me suis toujours promis de m'y remettre, un jour... Et maintenant, on s'casse ! " S'exclama prestement Laharl, avant de prendre la poudre d'escampette, grandes mèches au vent.

Comme prévu, la fuite ne fut pas des plus aisées... et la pauvre victime de cette véritable traque humanoïde fut dans l'obligation d'user de divers stratagèmes rabaissant, pour pouvoir toucher l'opportunité tant désirée d'échapper à une destinée peu enviable à ses yeux... Devoir prendre la pose derrière des sculptures complexes, ordonner à ses anciens sujets de se laisser traiter comme des marionnettes, en indiquant une fausse direction à suivre, se cacher dans un chariot à rideaux... les joies de l'improvisation forcée, pour tout dire. Nonobstant, ça en valait le coup ! C'était un petit sacrifice pour la dignité, mais d'une grande signification pour sa liberté !



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Dernière édition par Laharl Valhalla le Ven 11 Sep - 23:56, édité 1 fois
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Laharl Valhalla
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MessageSujet: Re: L'avènement du surpuissant Prince (déchu) des Démons ! ._.   Mar 28 Juil - 21:56


Chapitre 2 : Nobody's nobody.



" Surtout, ne le perds pas. Comme ça, lorsque tu seras triste, que tes forces t'abandonneront encore, une par une, tu le regarderas et te souviendras de moi, que même dans les moments difficiles, je suis toujours avec toi !... N'ok ? "

Ces paroles... Elles résonnaient encore en moi... C'est triste, je me souviens toujours de ce que cette personne m'a dit, pour ne pas que je l'oublie, mais je n'ai aucun souvenir d'elle, même en regardant ce mystérieux pendentif... Je m'en voulais un peu. Ce n'était pas très correct d'oublier une demoiselle... Enfin, je ne sais même pas si il s'agissait d'une fille, je... j'en avais juste l'impression. La mémoire joue parfois de sales tours, elle n'agit pas uniquement sur la partie consciente du cerveau. D'ailleurs, en y pensant, je ne sais même pas si ce que je dis est exact... je le sais, mais je n'ai aucune idée de comment je le sais. Quel sentiment terrifiant... Tout me semble si flou, depuis que je suis étrangement sorti d'une zone de noir absolu. Comme si mon existence même, avait été balayée d'un coup de pinceau... Cette fille, je la connaissais depuis longtemps ? Qui était-elle et pourquoi je la fréquentais ? Quel genre de relations partagions-nous ? Je n'en savais strictement rien... comme pour tout le reste. En fait, seules quelques bribes de ma mémoire subsistaient.

J'ai peur, j'ai peur de continuer à oublier... toutes mes actions, mes sentiments, les personnes qui me sont chères... Alors, je note tout, depuis ces instants où je me suis réveillé dans cette ville. Mais... et si j'en viens à oublier le fait que je suis l'auteur de ces écrits ? Je suis Volvix, l'auteur de ces mémoires est bien moi... du moins, si je puis encore l'assurer, au vu de mon identité visiblement craquelée... Ils déambulent tous, si linéairement... Ils ont un point A et un point B dans leur tête, c'est évident, un départ et une arrivée, une origine et un but, mais moi ? Je suis au beau milieu de nulle part... d'une certaine manière, on pourrait dire que je ne suis actuellement personne.

Et pourtant, quelques scènes me reviennent vaguement en tête... Je me souviens... d'une foule, une foule de personnes enthousiastes. Peut-être, à l'idée de me voir ? Cela parait prétentieux, mais ils me suivaient du regard, alors, pourrait-ce être réel ? Tant de personnes tenaient vraiment à moi ? C'est plutôt insensé, à bien y réfléchir... Ils étaient, des centaines, des milliers ? Comment aurais-je pu passer du temps avec chacun d'entre-eux ? Comment auraient-ils pu me connaitre personnellement ?... Je sais juste, que ce jour là, en me tenant devant eux, je n'avais pas la sensation d'être à ma place... Ces regards, ils avaient quelque chose d'oppressant, ils me jugeaient, c'est désagréable d'y repenser. Je souffrais, en ces instants ? Alors pourquoi venir ?... Un miroir... Je pense qu'on l'avait posé là pour que je constate mon propre reflet. Objectivement, je ne me souviens pas d'un portait flatteur... De grandes cernes, cheveux décoiffés, je prenais des douches ?... Ce pantalon semblait bon à jeter à la poubelle... C'était quoi ce tee-shirt troué et pleins de tâches diverses ? Ca faisait peine à voir... et je le voyais à travers leurs yeux. Ils étaient déçus ? de moi ? de ma présence ? Ils avaient l'habitude de me voir autrement ? Tant de questions en suspens... Je me souviens juste de m'être assis, d'avoir saisi quelque chose... quelques choses ?... Je, parlais, je crois, ou je chantais ? Dur à affirmer... ni l'entrain, ni l'énergie ne semblait être au beau fixe. Il me semble, que cela traitait de mon entourage... Notamment, ou entièrement, d'une disparition, disons... inexpliquée ? A moins que ce soit encore ma mémorisation qui me fasse défaut... aucune idée. Volvix, le détective à la conquête de sa mémoire ! Quel évènement en est responsable ? C'est forcément un coup du Colonel Moutarde, avec le chandelier. Ha, mais je raconte quoi, là ? La dérision finira par me perdre... Bah, voilà ! On a trouvé la cause de mon égarement mémorielle ! Humf... quel triste sourire. Aussi pitoyable que ma tentative, c'est pas étonnant... Quand vous êtes au fond, vous finissez par prendre l'habitude de rire de vous, avant d'en laisser le temps aux autres. Ca fait moins mal... Cette phrase me laisse une sensation de déjà-vu, je ne me rappelle possiblement plus de l'avoir employée un jour...

Et si j'oubliais mon nom ? Je ne pourrais plus savoir que je me parle, je l'interprèterais comme des propos étrangers ! Ok ok, c'est effrayant... D'ailleurs, suis-je vraiment si sûr de mon nom ? Je me le suis peut-être inventé sans m'en souvenir, j'ai peut-être perdu ma mémoire juste après ! Une seconde fois ! Et si je l'ai perdu deux fois, alors ce serait un problème mental et périodique ? Je n'ai aucun moyen d'être sûr d'être moi, dans tous les sens du terme ! Et si je m'ordonnais de croire être moi, d'après ce livre... déjà, ce serait possiblement une fausse piste, mais en plus, si une autre personne sujette à ces amnésies le trouvait... Il baserait sa personne et son histoire sur la mienne ! En admettant que j'en sois donc le légitime propriétaire. Tout cela était vraiment trop complexe... mais écrire me rassurait, j'avais paradoxalement l'impression que cette solitude s'éloignait temporairement. Après, je n'écrivais pas continuellement... déjà, parce que je devais retrouver une matière sur laquelle écrire. Du papier, de préférence. Ensuite et plus rarement, l'objet adéquat pour marquer le contenu textuel. Enfin, du temps, tout simplement. Je ne pouvais pas effectuer toutes mes actions en écrivant, donc le délai était souvent étalé. Parfois, je n'en avais tout simplement pas envie, pas la force...

Je donne sans doute l'impression de m'adresser à plusieurs personnes, tant ce style d'écriture ne parait pas toujours donner d'informations utiles pour moi-même. Ce n'est pas un hasard, je veux parler comme à un observateur extérieur, tout d'abord pour me rassurer, je l'ai dit, mais aussi parce que j'en serai un, si je viens à relire ces feuilles, pour une raison également déjà évoquée... Je ne connais pas meilleur moyen d'illustrer, au mieux, ma façon de penser, que de prendre en conséquence mon futur moi pour un parfait inconnu. Alors j'allais continuer, même si ces documents venaient à ne trouver aucune fonction prochaine... Ca valait le coup d'essayer.

Ainsi, je pris également la décision de me lever, en ce beau jour d'été... Je n'ai aucune idée de la saison actuelle, ni même de la région dans laquelle je me trouve, encore moins si celle-ci en possède des semblables à mon précédent emplacement global, dont je ne me souviens même pas... mais ça sonnait bien. Je dois paraitre bien lourd pour le lecteur, en tout cas. Je m'excuserais bien envers moi, ça a l'air amusant. Bah, quoi qu'il en soit, ça ne pourrait pas me faire de mal de me dégourdir un peu les jambes. Ca ou rester croupi dans ces rues peu fréquentées, fesses au sol et dos au mur... Quelque chose me disait que j'avais passé trop de temps de mon existence ainsi, que pour culpabiliser davantage sur l'abandon temporaire et partiel de cette occupation monotone.


" lâche-le ! Il est à moi ! "

" Nan, j'ai vu ce Mr. Watapon avant toi ! Lâche-le toi-même ! "

Des enfants... j'apprécie ces petites boules de nerfs, aussi blessantes peuvent-elles parfois être. Ils représentaient pour moi l'honnêteté, l'innocence, la bonté désintéressée. Mais... quelques fois et selon leur éducation, ils pouvaient rapidement et radicalement briser l'utopie que l'on voudrait constamment pouvoir s'en faire. Ils n'étaient pas à blâmer... Dans ce monde, les gentils, les méchants, ce n'était pas si simple. Il me semblait plus juste de constater que chaque individu était enchainé par son vécu, son passé... Nous prenions parfois des décisions insensées, de prime abord, mais en réalité, sous un ensemble de processus que seul notre inconscient dirigeait, en secret. Néanmoins, je pense être bien placé pour affirmer que perdre la mémoire, surtout lorsque l'on n'avait pas idée du pourcentage oublié et reconstruit, n'était pas un sentiment des plus agréables... Cela allait-il m'aider à mieux me reconstruire ? Je ne savais pas, peut-être aussi que ce serait pire. Je n'avais pas vraiment le choix, à vrai dire.

" Pourquoi le vouloir à tout prix, pour un seul d'entre-vous ? Vous n'avez qu'à le partager, faites en sorte que Mr. Watapon devienne le déclencheur de votre amitié, pas la cause de votre division. Je suis sûr qu'il ne voudrait pas que l'un de vous soit triste par cette dispute. " Dis-je calmement, en me rapprochant d'eux, m'accroupissant également.

" Hein ?... Euh... Ben... Ce serait chouette d'avoir un ami... Désolé... Tu, tu veux bien ? " Réalisa l'une des adorables frimousses, regrettant son acte égoïste.

" Mh ! C'pas grave, j'ai pas été très sympa non plus... Merci, m'sieur le clochard. Tu viens, mon nouvel ami ? C'est quoi ton nom ?... " Approuva, aussi de la tête, l'autre garnement, s'éloignant par la suite avec son camarade.

Han... Monsieur le clochard... Aurait-il pu se montrer plus direct ? Bah, ça ne faisait rien. De sa bouche, ce n'était qu'un terme comme un autre. Dans ses yeux, je ne distinguais que de la gratitude, en ce moment. De surcroit, il n'avait pas vraiment tord... Ma tenue semblait plutôt similaire à l'effroyable de mes souvenirs. Que faisais-je donc, depuis mon arrivée en ces lieux ? A part réfléchir seul, à l'abri des regards, m'étalant presque dans les ruelles, un papier et une plume en main... Je ne savais pas quoi faire, quelle voie prendre, quelle piste explorer... Par quoi devais-je commencer ? J'étais perdu et ce ressenti me paraissait familier. Alors, comment avais-je précédemment réussi à surmonter cette fatigue virale ?... Je sentais quelque chose brûler au fond de moi, en évoquant ces réflexions. Etait-ce possible que mon coeur ait sauvegardé la réponse, défiant mes souvenirs défectueux ? Une brûlure de souffrance, mais aussi de réconfort... n'y serais-tu étrangère ?


" Hoo, c'est vous... Du papier, j'imagine ? Un jour, vous ne parviendrez plus à le stoker, hehe... Vous savez... je ne voudrais pas vous brusquer, sans une once de délicatesse. Mais... si vous ne faites pas quelque chose pour votre tenue, je vais finir par ne plus oser prendre le risque de vous laisser entrer. Vous savez... comment sont parfois les gens... j'ai, j'ai besoin d'être un minimum en cohésion avec leur jugement... sinon, ils finiront par aller voir ailleurs. De coutume, ma clientèle est plutôt bavarde, je ne pourrai pas esquiver le sujet bien longtemps. J'aime autant vous le dire tout de suite... vous n'êtes pas très bien perçu par mes clients, ni même par le quartier en général... J'ai toujours un peu de réserve, pour ce qui est du papier, alors, pour cette fois encore ça ira, mais... " M'adressa la première personne à m'avoir trouvé, en cette atypique ville.

J'acquiesçai tristement ses propos. Je ne voulais pas que ma présence lui cause du tord, malgré mon actuelle impuissance. Il essayait déjà de m'aider à sa façon... C'était une solution à court terme, mais au moins m'octroyait-il l'opportunité de résister quelques jours de plus. Nous savions tous deux que cela ne représentait pas l'aide idéale et, pour tout dire, je ne plaçais pas beaucoup d'espoir en sa trouvaille, je n'avais moi-même aucune piste... Ca revenait sans doute à attendre patiemment la concrétisation d'un fantasme inconnu, à la réalisation imaginaire. Mais devais-je, pour autant, me résoudre à faire cavalier seul, en l'espoir de parvenir à triompher de cette épreuve ? Les choix sont tellement plus délicats, en l'absence d'éléments décisifs à la formation d'une vision éclairée de la situation à venir...



" Hé, toi ! Oui, toi par terre !... Quel est ton nom, pour oser barrer ma royale traversée ?! "

" Euh, je... Vo, Volvix, je crois. Et, et vous ?... "

Plutôt pris au dépourvu, les mots me manquaient... amusant de le constater, lorsque l'on prenait conscience que cela résultait justement de ma concentration à l'écriture. Qui était-il ? En général, personne ne venait me parler... Déjà, parce que je n'étais pas très exposé, ensuite parce que mon look n'inspirait visiblement pas la confiance. N'était-ce véritablement que par simple gêne de la traversée ? C'est que j'étais dans un cul de sac, tout de même, c'était visible de loin... Cherchait-il les problèmes, ou utilisait-il un prétexte pour un but tout autre ?...

" Qui je suis ?! Non mais enfin, quel culot ! Tu n'reconnais même pas l'admirable silhouette de ton altesse ?!... Je suis le grand Laharl Valhalla ! Prestigieux Prince (déchu) des Démons et bientôt suprême monarque d'un immense royaume ! Haaahahahahah ! " S'exclama-t-il, dans un discours enflammé de fierté.

" Déchu ? "

" Hé ! T'étais pas censé relever ce point !... Humm, bref ! Dis-moi, jeune citoyen, que fais-tu dans cette ruelle, allongé tel un cadavre dans un cercueil ? " Me rétorqua-t-il crûment, de sa voix aigüe et pleine d'assurance.

S'agissait-il réellement d'un Prince ? Je n'en avais guère la certitude, même si ses vêtements semblaient encore convenir à cette hypothèse. Quoi qu'il en soit... Ce qu'il était énergique ! C'était comme une bouffée d'air frais ! Ca me... revigorait, en quelque sorte. Je ne pus retenir un petit rictus amusé, mon premier depuis longtemps, c'était mon impression. Quel personnage égocentrique, je n'aurais jamais pensé croiser le chemin d'un être aussi divertissant...


" Je ne sais pas vraiment... Pour tout vous avouer, Prince Laharl, il me semble avoir perdu la mémoire. Un jour, je me suis réveillé dans cette ville, je ne sais même pas si j'en avais un quelconque lien. Mais le concept de, Démons, ne me semble pas familier du tout... J'ai peur de perdre à nouveau mes souvenirs, alors je passe mon temps à écrire mon vécu, sur ces feuilles. Ca me rassure un peu. " Lui avouais-je, dissipant peu à peu ma remontée joyeuse.

Mon interlocuteur parut réfléchir à mes propos, quelques instants, croisant les bras, avant de me fixer, d'un air satisfait.


" Humm, perdu, hein ?... Bien ! Si tu n'as aucun sentiment de l'existence des Démons, c'est sans doute que tu viens de très loin, car tout le monde sur cette planète nous connait, puisqu'on la domine ! C'est parfait ! Voilà qui pourrait accroitre l'envergure de mon empire !... Tu m'plais bien... Volvix, c'est ça ? Que dirais-tu de devenir mon vassal ? Tu serais l'un des premiers à avoir l'immense honneur de m'accompagner, afin d'étendre la portée de mon règne ! Intéressant, hein ?... Tu pourrais même écrire le récit de mon franc succès ! Haaahahahahah ! "

Pourquoi moi ? Je ne comprenais pas... Si il avait été déshérité, personne ne l'avait donc suivi ? Il n'aurait pas dû avoir de difficulté à recruter du monde, si il était si connu. Quoique, à bien y réfléchir... C'était plutôt triste mais, d'une certaine manière, on se ressemblait... D'une façon ou d'une autre, je suppose qu'il avait fini par le remarquer.

" Je serais tenté de répondre positivement, Prince, mais je ne sais pas où se situe ma voie, je n'ai pas d'indices, mon passé est flou... et que ferais-je, si je me trompe ?... " Rajoutais-je, incertain.

" Haaa... Tu vois, c'est ça ton problème. Tu réfléchis trop !... Tu n'parles qu'au passé et tu t'y recroquevilles, sans pourtant qu'il soit possible d'y revenir. Lorsque mon idiot de père m'a banni du château, je n'ai pas regardé en arrière ! Quand tu n'peux plus reculer, il ne te reste qu'à avancer ! Tu n'retrouveras pas la mémoire en restant chaque jour au même endroit, en observant toujours les mêmes choses en boucle. Ta réflexion sera un grand atout, lors de notre épopée, mais tache de n'pas la perdre dans un cycle sans fin ! Fait-moi confiance, on finira bien par trouver des indices et peut-être même que tu découvriras des choses inédites, que t'aurais jamais eu la possibilité d'observer durant toute une vie monotone !... Pour commencer, prends cette guitare, t'en as probablement jamais vue, mais c'est un instrument qui fait de la musique. Apprends à t'en servir, qui sait, ça pourrait être un bon départ. Moi je n'ai jamais réussi à en jouer, de toute façon... " Déclara le jeune Démon, plein d'entrain, finissant par me tendre l'étrange objet.

Il n'avait pas tord, je le savais, mais le doute et l'absence de repères embrouillaient totalement ma vision et ma prise de décision... Je lui souris malgré tout, m'apprêtant à prendre en main ce qui m'était tendu. Bizarrement, cette relique en bois, parsemée de fines cordes, me laissait une drôle d'impression à sa vision... Indescriptible, mais la sensation s'intensifiait, à mesure que la paume de ma main se rapprochait du manche... Et soudain, en le touchant, l'illumination ! Un Souvenir ?! Non, deux. Trois, quatre ? C'était incroyable ! Un simple objet qui me... Non, ce n'était pas ça. La guitare... La guitare avait été un élément central et capital de ma précédente vie ! J'étais guitariste ? De grande renommée ? Prodige de la musique ? Wow ! C'était ça ma véritable tenue ?! Le jour et la nuit ! Mais c'était, c'était... C'était classe ! Comment avais-je pu m'y prendre pour m'écrouler ainsi ? Forcément un épouvantable imprévu ! J'étais au top de la gloire ? Ah mais, mais leurs yeux... Je vois... Le public, il était d'autant plus oppressant... Ca avait sans doute dû peser dans la balance. Toutefois... toujours aucune trace de cette fille et de la raison de mon amnésie... Mes souvenirs demeuraient encore fragmentés, mais une énergie neuve s'emparait de moi, l'espoir ! Un espoir auquel je croyais sincèrement, alimenté par une nouvelle amitié ! Prince Laharl, je sais que vous souffrez vous aussi, je le vois dans vos yeux, mais je ne vous laisserai pas tomber. Vous êtes mon sauveur et pour vous, je donnerai le meilleur de moi-même !


" Alors ?... Quelle est ta ré- "

" Je sais en jouer. Pardonnez mon impolitesse, seigneur Laharl, mais je m'en souviens. Grâce à vous, je... je sais que je peux le faire, c'est, c'est... Laissez moi vous dédier cette chanson ! J'ai passé ma vie à en jouer, si, si vous n'aviez pas été là... " Ne pus-je m'empêcher de dire, d'une excitation insoupçonnable.

" Ha ! Ca fait plaisir à voir ! Ca c'est de la détermination ! Montre-moi ce que tu vaux, fidèle vassal ! "

Oui, j'allais lui faire une démonstration. Quelque chose de calme mais de poignant. Cela servirait à la fois de remise en condition et d'ode à la gratitude... Mais cette ruelle me paraissait bien trop petite, à présent. J'invitai donc Laharl à me suivre, en direction de la sortie.

Une fois installé sur la petite place, à l'orée du précédant lieux, je dédia quelques minutes à accorder l'instrument... C'est qu'il était plutôt mal entretenu... le constater n'était pas bien difficile. Mais j'allais y arriver, visiblement pas la première fois que je m'évertuais à ce genre de tâche.

Lorsque j'eus enfin terminé, le soleil entama son doux baiser avec l'horizon percevable. Quelques personnes passaient dans les environs, plusieurs me jetant, au passage, un oeil méfiant que mon maître remarquait et accusait, du regard... D'autres toisaient simplement et curieusement. L'endroit était calme, en cette fin de journée... l'instant, propice. Je pouvais déjà humer la saveur de l'air nocturne approchant, de commencer il était temps. Les premières cordes se mirent à vibrer, avant que j'entame le chant, sur la mélodie imposée...



" Perdu... J'étais perdu, dans les limbes de mes souvenirs...

Un désespoir sans issue, désirant me faire souffrir.

L'éclair de la raison, l'étincelle de la passion...

S'échappaient de mon corps meurtri... faute à mes, pensées, flétries.

Ces... aigres... regards...

Tellement, pègres ces dards...

m'oppressant, tels la menace d'une vague.

Tenace que cette dague...

Qu'une disparition renforça, la, pro-gre-ssion...

Mais, vous êtes arrivé... D'une façon assurée...

Vous, m'a-vez, toi-sé...

Et d'une vive parole, une promesse est née...

Celle de l'a-mi-tié...

... ... ...

Et d'une vive parole, une promesse est née...

I-dole... Celle de l'a-mi-tié... "


Lors de ma composition improvisée, ne n'avais pas remarqué l'affluence naissante, parmi les passants... Pourtant, force était de reconnaître qu'il m'aurait été difficile de le nier, levant finalement la tête. Ils s'étaient installés silencieusement, ne voulant probablement pas me perturber... Je distinguais la quiétude, la compassion, l'émotion, l'exigence semblait nulle, je me sentais en confiance et je souris légèrement, face au tableau qu'avait engendré mon oeuvre...

Mon attention se porta alors sur le Prince, ma performance lui avait-elle suffisamment plu ? Je n'allais pas tarder à le découvrir... il commençait, en effet, à se mettre debout, croisant les bras et relevant les paupières, l'air étonné.


" Waw... Mais t'es vachement bon, en fait ! C'était vraiment touchant !... Enfin, pour les autres, j'entends ! Moi j'suis un Prince Démoniaque, je ne peux pas pleurer !... Bref ! Ca te rend d'autant plus indispensable !... C'est vrai, que serait un monarque sans un fidèle barde, contant mélodiquement ses exploits ?... C'est parfait ! Haaahahahahahah ! " S'extasiait mon ami, feignant presque adroitement ses débuts de larmes.

Je l'avais touché, à un endroit où trop peu de personne osaient s'aventurer, avec de bonnes intentions... Je ne faisais que renvoyer amicalement la balle. Maître Laharl appréciait d'être mis en avant, je l'avais tout de suite compris... Cela résultait souvent d'inattention passée et/ou présente, envers ce genre de personnes. Mais à partir d'aujourd'hui, je faisais le serment de l'accompagner, dans sa longue quête, devenue nôtre. Nos ambitions fusionnaient, en un tourbillon ravageur, nous étions complémentaires... Ce garçon avait bon coeur, je le voyais. En cette qualité, il était digne d'un Roi. Mais son côté intrépide risquait fortement de le mettre en danger et de lui jouer des tours... Le conseiller serait une constante mission à assumer, même si la responsabilité de la décision finale lui reviendrait, tout naturellement.

Me tendant la main, son altesse attendait clairement de moi la même chose, afin de sceller notre union d'une poignée ferme et représentative de ce lien, nous réunissant maintenant... En outre, il me permettrait également de retrouver une position verticale.

Mais soudain, et alors je venais à peine de saisir l'opportunité m'étant offerte, une intense lumière se dégagea de la guitare seiche ! Cette éblouissante lueur m'enveloppa, m'encerclant de ce que je pensais être un halo blanchâtre !... Que se passait-il ? L'évènement, effrayant, parvenait pourtant à m'apaiser, de sa puissante magie. Les observateurs ne devaient probablement pas le remarquer, mais moi, je distinguai la transformation progressive de mon équipement... Juste ça ? Non ! Intérieurement, je sentais une énergie électrisante, elle s'intensifiait à chaque seconde ! Comme une puissance insoupçonnable, qui dormait jusqu'alors, au fond de moi. Je perdis mon tee-shirt et gagna une superbe veste blanche, avec des chaines, un splendide pantalon mauve, des chaussures grisâtres mais aux reflets étincelants ! Sans compter ma coupe de cheveux, comme dans mes visions ! J'avais retrouvé mon look de scène ?! Incroyable ! Même l'instrument se modifiait, sous mes yeux ébahis ! Wow, ça c'était de la guitare, électrique en plus ! J'étais agréablement surpris !... Mais par quelle magie ?... Totalement subjugué par les circonstances, j'en oubliais presque l'isolement s'étant imposé... Mais celui-ci se tarit bien vite, disparaissant progressivement avec la sphère éclatante.


" Waaaah ! T'es décidément pas commun, toi ! C'était quoi, ça ? Comment t'as fait pour te changer si vite ?!... Et te recoiffer, aussi, d'ailleurs... C'est vraiment pas courant, en tout cas. J'aime ça ! Ah, eh, mais, la guitare ?... " Questionna le jeune Démon, littéralement époustouflé.

" Haa, je, j'en sais rien, Seigneur Laharl... Je, j'ai juste l'impression de péter la forme ! Et la guitare, elle, s'est comme transformée ! " Répondis-je prestement.

Quelle sensation phénoménale... J'éprouvais un regain sensationnel de vivacité et de motivation. Avec une telle vigueur, j'avais l'impression que rien ne m'était impossible ! Et cela tombait bien, car nous allions en avoir besoin, pour nos objectifs en commun. Dire que sans l'intervention de Laharl, je n'aurais peut-être jamais eu l'occasion de révéler ainsi mon potentiel, à son paroxysme ! Je me sentais fier et heureux d'acquérir cette certitude de pouvoir me rendre utile. D'autant plus que ma réflexion ne semblait pas en pâtir... c'était vraiment une bonne chose.

Cependant, cette nouvelle apparence, concernant l'objet à cordes, m'intriguait quelque peu... Effectivement. Je sais que j'étais une Star du Rock, avant... Mais, je branchais habituellement ma guitare sur un empli, là... je n'avais que la moitié du matériel. M'enfin, qui sait ? Tout ça était bien apparu comme par magie, en y réfléchissant. Ca ne coutait rien d'essayer. Allez, il était temps de gratter quelques cordes pour v-



" Au secours ! A l'aide ! Le centre-ville se fait envahir, par des monstres ! "

Ah, bah non, visiblement pas cette fois... Boh, tant pis, j'aurais bien le temps de vérifier plus tard.

Comme deviné, mon compagnon et moi-même partîmes constater l'ampleur du problème rapporté, au sein de l'endroit indiqué... mais ce n'était pas tout près. Honnêtement, je pense que nous y allions plus par curiosité qu'autre chose, mais si je pouvais me rendre utile... Toutefois, avant d'arriver sur place, je préférais poser une ou deux questions à Laharl. Des monstres, ça ne me disait rien de bon, mais probablement qu'il serait capable de m'en dire plus, il avait vécu ici, après tout...


" Haa, haa... Dites, mon Prince, ça arrive souvent, ce genre d'imprévus ?... Haa... Ils sont grands comment, d'habitude ?... " Lui dis-je donc, élancé, tout comme lui, dans cette course subite.

" Huu... Hein ? Huu, huu... Ah oui... C'est vrai, je t'embarque, mais tu connais pas trop les environs... huu... Ca peut varier, entre la taille d'un humain et d'une maison... On n'est pas toujours tranquille, dans le coin... Huu... Mais ça, en général, ça dépend surtout du ratio Sieste/Surveillance de ces incapables de gardes !... " M'avoua-t-il, assez révolté.

Une fois sur les lieux, nous constatâmes, dépités, la nature de cette alerte... Des... petites bestioles noires... griffues, avec des yeux jaunes et... deux petites antennes... C'était, pour le moins, déconcertant. Comment dire, ça ressemblait à une...


" C'est une blague ?! Vous sonnez l'alarme pour... CA ?! Mais qui m'a fichu des lopettes pareilles ?! On est des Démons, merde ! Servez-vous d'vos braises, les nuls !... " Hurla le futur suzerain, aux civiles s'enfuyant, tout en soulevant l'une des créatures, par la patte.

Oh oui, c'était plutôt triste à voir. Du moins, selon les spécificités propres aux individus de son espèce, telles que Laharl me les avait décrites... durant notre trajet de sauvetage. Je pense qu'on s'attendait tous les deux à débouler dans une bataille, parsemée d'arcs enflammés... Mais non... J'aurais, en quelque sorte, voulu croire que la puissance de ces petites ombres était plus grande qu'initialement perçue, pourtant... Un élément trompeur les aurait possiblement effrayés, j'imagine, mais ce n'est qu'une hypothèse.

Quoi qu'il en soit, l'étrange animal ne mit pas longtemps à se débattre, manquant de griffer la main du Prince déchu. Tenace, l'animal ! Au point que mon compagnon dû se résoudre à le lâcher. D'ailleurs, sitôt jeté, la mystériosité sauta en sa direction, retentant la blessure ! Etonné de cette vive réaction, l'altesse esquiva de peu l'offensive, entamant une véritable lutte à main nue, contre la ténébreuse, mais chétive, bête...


" Graaah ! Mais tu vas m'laisser tranquille, oui ?! Arr-ête, d'essay-er, de me, griffer ! Saleté !... Reste, à terre... enfoi-ré !... " Parvint-il à énoncer, entre les incessantes tentatives d'attaques.

" Ha... Il faut reconnaître que sa vitesse et son acharnement sont tout à fait remarquables, mon Seigneur... Vous avez besoin d'aide ? Oh, pardon... Je reformule... Vous voulez de l'aide ? " Me repris-je, un peu ironiquement.

" Naaah, ça va, hein ! Tu vas, voir... J'vais lui montrer qui c'est le boss, ici ! Tiiiens ! Bouffe ma suplex ! Bouges, pas ! Bouge pas, j'te dis ! Cou-ché ! Couché, sale bête !... " S'emporta-t-il, de plus belle.

Ah la scène avait quelque chose de divertissant, je ne vais pas vous mentir. Voir mon bon Roi se rouler par terre, pris dans une bagarre acharnée, avec pour adversaire un bidule tout noir qui faisait moitié poids et moitié taille... J'en décrochais un sourire, dont j'avais un peu honte. Mais il en rajoutait des tonnes, aussi ! Je ne veux pas que ça paraisse pour de la moquerie, mais, parfois, on dirait qu'il fait tout pour la provoquer ! Ah ah ah, je ne sais pas comment vous feriez pour diriger un monde, mon maître, mais vous seriez, sans conteste, le responsable absolu de sa légendaire animation !


" Ahaaah ! Bloquée !... Je t'ai enfin sous ma botte, raclure !... Haaahahahahah ! Mais c'est normal, tu n'avais pas la moindre chance... face au grand, au surpuissant, à l'impitoyable LahaAaAa- ! " Se vanta le jeune Démon, pied sur la tête de son agresseur et bras croisés, avant de complètement perdre l'équilibre.

Le pauvre... il était si fier d'avoir pris le dessus, mais l'ombre lui avait réservé un sale coup... Absolument. C'est assez difficile à croire, mais la chose avait réussi à s'aplatir de telle façon, qu'elle méritait à présent pleinement sa récente et sombre appellation... s'échappant de l'emprise du pied, pour contre-balancer en soulevant l'autre, lors de sa réapparition. Et bien évidemment, ce fut l'embardée...

Je m'apprêtais à m'en mêler, par sécurité... lorsque Laharl se redressa, secouant un peu la tête, afin de dissiper la modeste douleur du choc avec le sol. Mais, soudain, la créature arrêta net tout signe d'hostilité... Craignant qu'elle ne reprenne sa folle altercation, je restai sur mes gardes, prêt à bondir si la nécessité s'en ferait sentir. Mais cela n'arriva pas... Aussi étonnant que cela me semblait être, la ténébreuse bestiole n'attaquait pas, mais semblait jauger mon intrépide ami. Pourquoi ? Et bien, je ne pouvais l'affirmer avec certitude... mais à l'instant, au moment où ce dernier s'était secoué la chevelure, ses deux grandes mèches avaient, elles aussi, étés sollicitées dans le mouvement. Se montrant plus vacillantes, leur stabilisation fut plus longue que le reste... attirant donc l'attention de l'entité noirâtre. Quel rapport ? Ben, celle-ci paraissait avoir fonction de ses antennes... Elle était si nerveuse que l'on distinguait des spasmes, tout son corps tremblait par à-coups. Intimidant... mais ce n'était pas le propos !

En fait, j'ai pour impression que la bestiole a dû prendre les mèches rebelles de mon suzerain pour des antennes, peut-être même que dans leur mouvement, il a pu saisir un message... Bizarre, parce que, habituellement, ça ne sert que de complément aux repères géographiques plus usuels. Mais qui sait, cette espèce les utilise possiblement aussi pour communiquer entre eux, ou au moins se reconnaître... Toujours est-il qu'elle demeura subitement plus passive. Observant le Prince des Démons comme l'on toiserait un supérieur, en attente de ses ordres...


" Aagh, ma tête... Hum ? Tu ne m'attaques plus ?... Mmmh, oh, je vois... Mh mh, mh mh mh ! Haaahahahah ! Tu reconnais enfin la grandeur de ton maître, pathétique sujet ?! Ha !... J'accepte tes excuses, pour cette fois. Désormais, tu t'appelleras... Lombre ! Et il va sans dire que tu seras sous mon commandement, jour et nuit. Sans paye, bien entendu. Mais vu ta carrure... j'pense que tu feras principalement office de mascotte et de familier... "

Han... Si cruel... M'enfin, l'animal ne semblait pas contester. Je pense que c'était déjà dans sa nature de se soumettre aux plus forts. Bah, comme le disait Laharl, cela ferait déjà un compagnon de plus... Puis, il pourrait peut-être se révéler plus utile que l'on serait premièrement en droit de penser.

Je m'apprêtais à féliciter mon jeune ami, quand je remarquai soudainement, au loin, l'apparition d'un autre organisme, de même nature que celui combattu... Il battait en retraite, sous les coups de canne d'un vieillard, ma foi... plutôt énergétique pour son apparence... D'ailleurs, il ne se privait pas d'insulter copieusement son opposant... Ca parlait, de vases, aussi, je crois. Mais mon partenaire et moi-même, étions trop éloignés pour saisir parfaitement le sens des phrases énoncés. Notre attention restait malgré tout fixé sur la scène. A vrai dire... c'était assez ironique de voir l'acharnement du vieil homme, comparé aux fuyards de tout à l'heure... Mais ça nous confortait dans l'idée que ces bestioles noires n'étaient pas véritablement dangereuses, aussi vives pouvaient-elles être.

Ce qui fut, en revanche, beaucoup plus étonnant... C'est l'espèce de sombre portail, qui apparut de nulle part, et dans lequel cette chose s'engouffra, avant de complétement disparaître. Impressionnant... Alors elles étaient capables d'une telle prouesse ? Voilà qui relevait un peu l'estime que l'on pouvait s'en faire...


" Et bien... Que de surprises, Prince Laharl... Que faisons-nous, maintenant que vous êtes parvenu à imposer votre royale puissance ? Nous allons aider les présumées victimes restantes ?... " Demandais-je, consciencieusement.

" Tu veux rire ?!... S'ils ne sont même pas capables de s'débrouiller contre ça, alors que je n'ai même pas fait preuve de mes exceptionnelles compétences, inutile de dire que tout le royaume se ferait balayer, lors d'une prochaine et quelconque attaque de monstres !... Puis, ces lâches se sont surement réfugiés dans le château d'mon père, à l'heure qu'il est. Qu'il se démerde avec sa plèbe hypocrite, s'il avait besoin d'moi, il n'avait qu'à pas m'expulser de chez lui... " Déclara l'intéressé, avant de fermer les yeux, l'air satisfait.

" Non... J'ai une meilleure idée. Le portail de tout à l'heure doit bien mener quelque part, j'voudrais vérifier ça... En plus, je n'ai jamais vu ces créatures dans le coin. Peu importe le raccourci utilisé, elles doivent venir de loin... Et ça, c'est très bien pour mon empire !... Haaahahahahah ! " S'emporta-t-il, à nouveau, recroissant les bras en riant bruyamment.

" Mmh... Je suppose que vous devez avoir raison, il n'y a sans doute pas lieu de s'inquiéter, outre mesure... Ceci dit, nous n'avons aucune preuve qu'elles soient les seules à pouvoir ouvrir de tels vortex, mais ça vaut également pour nous... "

C'est vrai, qui sait quelles abominations auraient pu découvrir ce moyen de transport ? Ce n'était possiblement que les plus faibles d'entre-elles. Toutefois, il ne s'agissait là que de suspicions. D'autant plus que rien ne tentait indiquer la pertinence de mes propos... Au final, ce n'était pas à moi que revenait le mérite et la responsabilité d'une décision à venir, concernant le sujet en question. Je ne pouvais que constater et conseiller, aussi pauvres fussent les éléments en ma possession.

" Exactement, Volvix. Ce qui signifie donc qu'il y a des chances que l'on puisse en invoquer, également. Ce serait drôlement pratique pour nos déplacements... Alors ne perdons pas une seconde ! Hem, hem... J'ordonne l'ouverture d'un passage dimensionnel ! " Me répondit le flamboyant Démon, motivé à faire preuve d'un talent inattendu.

C'est alors que, sous un ébahissement des plus totaux, l'apparent tunnel se manifesta devant nous... aussi facilement qu'un claquement de doigts. D'ailleurs, Laharl exposait déjà son ambition de le faire surgir ainsi, la prochaine fois. Il vouait une certaine adoration, envers ce geste de main, pour tout dire. Pourquoi pas... ça me paraissait classe, personnellement. Par contre, je ne parvenais pas à écarter la probabilité d'une autre hypothèse, concernant l'apparition de ce trou obscur... Oui, Laharl aurait supposément été en mesure de le créer, mais nous avons à présent un coupable très plausible, dans le groupe... L'ordre donné était suffisamment vague pour que l'éventualité de son intervention puisse être, sans peine, retenue... Nonobstant, je n'avais pas envie de me risquer à affirmer une telle pensée. Sans oublier que le futur suzerain montrait ouvertement une certaine fierté de sa supposée prouesse... Je ne voulais pas de le décevoir gratuitement.

Toujours est-il que nous n'hésitâmes pas une seule seconde à pénétrer dans l'antre, d'allure ténébreuse... Ces mystérieuses bêtes ne semblaient en garder des séquelles, alors pourquoi nous ? Après, je dis ça, mais les spasmes... Mmmh... non. Etre aussi réactif et précis, avec une altération aussi peu espacée de l'arrivée, ça devait surement être de naissance. Peu importe... De nouvelles voies s'ouvraient à nous et nous plongions en plein coeur de l'inconnu, bien que accompagné d'un initié en la matière... Lombre, qui venait de se poser sur l'épaule de son nouveau tuteur. Quelles aventures s'étendraient à nous ? Ce n'était plus qu'une question de temps, avant de le découvrir...

Et tandis que le crépuscule perdait peu à peu de son influence, je songeais une dernière fois aux avantages que cette découverte pourrait avoir, concernant mes questionnements mémoriels... notamment sur l'éclaircissement d'une identité féminine bien spécifique...



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MessageSujet: Re: L'avènement du surpuissant Prince (déchu) des Démons ! ._.   Mar 28 Juil - 21:58


Chapitre 3 : Rapport.




Jour 0 :

C'est aujourd'hui, en revenant d'une consultation tardive, que je l'ai aperçue, seule et allongée, au sommet de la grande dune...

C'était pourtant une journée qui démarrait normalement. Comme toujours, je m'étais levé tôt, ce matin, afin de me rendre au marché... J'avais besoin, d'aliments, bien sûr, mais également de quelques ingrédients pour mes concoctions alchimistes. Mes préparations étaient essentiellement tournées vers la médecine. Je suis le docteur du village, en quelque sorte. Pourtant, cela ne m'empêchait pas de céder, de temps en temps, à quelques expériences plus diverses... rien de bien dangereux, cependant. Je connaissais les risques du métier et il était hors de question que je me livre à des pratiques interdites.

Je me suis donc mis au travail, début d'après-midi, juste après avoir dégusté le petit plat que je m'étais concocté. Je planchais sur un nouveau breuvage, à base d'herbes et d'éléments liquéfiés, pour réduire plus efficacement les maux de dos. Une solution très populaire, dans la demande, en ce moment. Je devais faire vite... Non pas que cela venait à un jour, mais je voulais avancer suffisamment que pour être en mesure de laisser la mixture reposer, pendant que j'irais chez Mr. Durand, pour une vérification semestrielle de son état de santé. Là encore, mon désir était de ne pas m'éterniser à la tâche. Depuis ma tendre jeunesse, je m'entendais très bien avec lui, c'était un homme au grand coeur, m'ayant même pardonné la vitre que je lui avais un jour cassée, en jouant au ballon. Naturellement, je suis, plus tard, parvenu à la réparer, grâce à une invention dont je gardais le secret... Donc, mon empressement ne venait pas de l'affection que je lui portais ou non, mais surtout d'un caprice. Alchimiste, médecin, inventeur, inutile de dire que j'avais toujours fait la fierté de mes pairs. Vous êtes souvent plus important pour les autres, lorsqu'ils ont besoin de vous, mais c'est un autre débat.

En vérité, c'est juste que j'avais envie de me détendre, pour un soir. Puis, l'occasion était parfaite pour un petit test de ma nouvelle machine volante. Alors bon, il fallait avouer que, jusqu'ici, mes essais se montraient relativement peu concluants... Mais planer durant ces seize secondes m'avait donné une petite idée de modification à effectuer. Il me fallait revêtir une combinaison et des lunettes appropriées, par sécurité. Cela dit, je m'amusais énormément et je pouvais enfin jouir d'un moment de détente bien mérité...

Ainsi, la fin de mon rendez-vous m'amena logiquement à me diriger vers cette légère colline, qui se situait presque à mi-chemin entre ma maison et celle visitée plus tôt... L'idéal, c'était de faire une petite reconnaissance, avant de risquer d'amener tout le matériel pour rien. Si il y avait trop de vent ou que les nuages se faisaient menaçants, il valait mieux éviter l'expérience. Habituellement, l'endroit était désert... Un bon point, pour moi. J'avais choisi ce lieu spécialement pour cette raison, en plus du fait que la pente était préférable pour une tentative de vol. Je commençais donc à entamer la montée, analysant déjà, mentalement, les conditions du jour... qui paraissaient, d'emblée, prometteuses...



Du moins, jusqu'à la révélation d'une petite fille, couchée sur le ventre... Craignant pour sa vie, car il n'était pas courant de voir quelqu'un dormir, face contre terre, sur le sommet d'une parabole herbue, en pleine fin de soirée, qui plus est... je me suis précipité vers elle, déposant mon sac de médecine en m'agenouillant. Je constatai, par la suite, qu'elle était nue et ça ne me rassurait pas le moins du monde... Les viols étaient rares en ville, mais nous ne pouvions pas forcément être au courant de tous ceux survenant possiblement dans les alentours.

J'allais tâter son poux, lorsqu'elle se redressa !... me laissant admirer son visage si innocent... De longs cheveux blanchâtres recouvraient son crâne et son dos, mais comment était-elle arrivée là ?... Aucune hypothèse ne me venait à l'esprit et ses yeux, d'un vert olive, ne parvenaient qu'à accroitre mes questionnements, tant leur profondeur paraissait inexistante... l'impression d'un nuage opaque de fumée...

Immédiatement, je lui demandai comment elle se sentait, si elle n'avait pas été agressée, si elle avait besoin de quelque chose... En l'attente de sa réponse, je la recouvrai de ma longue veste, fermant les boutons. Il aurait été dommage qu'elle attrape froid, d'autant plus que ce n'était pas très pudique de se balader sans vêtements... Je n'eus droit qu'à un simple mot, en guise de réponse à mes précédentes interrogations...


" Non... "

J'étais stupéfait... d'observer le calme exemplaire dont elle faisait preuve, en ces circonstances, pour le moins, peu communes... sans compter son cruel manque d'animosité, dans ses paroles. Elle me toisait, sans aucune émotion perceptible sur sa frimousse d'enfant... Tellement mystérieuse que cela en devenait effrayant... Mais en tant que chercheur, la volonté de comprendre prenait le pas sur la conclusion hâtive. En effet, au vu des éléments, nombre de résidents auraient déjà conclu à la sorcellerie. C'était l'explication à la mode, ces temps-ci... mais je ne croyais pas en ces foutaises. Prétendre que la magie existait, tout comme le hasard, n'était pas rationnel. C'est ce que j'aimais dans l'alchimie, tout était démontrable. Nous fusionnions et chauffions des matières pour transformer leur constitution, tout n'était que procédés chimiques... C'était le fonctionnement même de l'univers, du cause à effet. J'en étais persuadé.

" Sais-tu comment tu t'es retrouvée ici ? Comment s'appellent ton Papa et ta Maman ?... " Demandais-je, posément, à ma jeune interlocutrice.

" Non... Maman ?... Papa, c'est Papa... "

Comment faire... Amnésique, la demoiselle ? C'était bien possible... Peu importe les questions posées, ses réponses demeuraient courtes et sans explications. Je finis tout de même par remarquer la présence d'un bouquin, au sol. Voilà qui aurait peut-être pu me renseigner sur elle... si seulement elle ne s'était pas vivement jetée dessus, à mon approche... Son léger recul, ainsi que la ténacité avec laquelle cette fillette agrippait le livre, contre sa poitrine, démontraient sans difficulté son attachement envers ce dernier... J'avais été surpris de ce geste subit, un contraste bluffant, entre la vivacité de son acte et son aspect premièrement mollasson...

" Tu veux venir te reposer chez moi ? Nous pourrions partir à la recherche de tes parents, le lendemain. " Lui proposais-je, ma détente n'ayant plus aucune importance à mes yeux.

" ... "

De plus en plus bizarre... Elle me regardait maintenant sans rien dire, l'air perdu... La prise de décision n'était visiblement pas son fort. Alors, il ne me restait plus qu'à me montrer plus entreprenant...

" Viens, je vais prendre soin de toi pour un moment, tu pourras rester chez moi pendant autant de temps qu'il le faudra. Je ne vais tout de même pas te laisser dormir seule et nue, à la belle étoile... " Repris-je alors, tentant de faire un peu preuve d'humour, à la fin de mes paroles.

" D'accord... " Finit-elle par me répondre, aussi platement qu'à l'accoutumée et sans la moindre hésitation perceptible.

Elle donnait plus l'allure de m'obéir que de donner son avis... Ca me gênait un peu, à vrai dire. Bien sûr, c'était pratique pour moi, mais cela pouvait aussi refléter une certaine lacune de personnalité. Cette fille était une véritable énigme et j'avais le sentiment que ce n'était que la surface émergée de l'iceberg... Nous nous levâmes alors, pendant que je désherbais rapidement ses jambes lisses, et nous apprêtâmes à partir, en direction de ma modeste maisonnée.

Mais soudain, pendant que je repris mon sac et posai la sangle sur mon épaule, une lueur peu commune vint nous envelopper... nous, ainsi que l'herbe alentour... Cette douce lumière était rouge et provenait du ciel. Machinalement, je tournai mon attention vers la cause de cette étrangeté. Il faisait nuit, depuis peu, et les nuages avaient recouverts une partie du ciel... Néanmoins, ils se déplaçaient et ne masquaient à présent pratiquement plus la Lune... Je resta immobile pendant un bref instant. La Lune était rouge ? Improbable... Il subsistait bien quelques moments de l'année où elle pouvait arborer une teinte s'en approchant, grâce aux rayons solaires pénétrant dans les couches atmosphériques de la planète, avant de rebondir sur elle et jusqu'à nous... Mais, pas cette nuit, ce n'était pas possible, sa position astrale actuelle n'aurait pas permis un tel phénomène. Et cette tendance rougeâtre... elle était beaucoup trop prononcée, qu'était-il en train de se passer ?... Je n'y comprenais rien...

Je jetai un dernier regard circonspect au phénomène, avant prendre la route... Je n'étais pas très rassuré par cette vision, mais je ne pouvais rien y faire et je ne voulais pas faire attendre ce charmant et silencieux bambin... Par chance, nous ne croisâmes personne, ce qui était plutôt normal, au vu de la période nocturne, mais nous n'étions jamais à l'abri des mauvaises surprises, preuve en était l'évènement précité... Oh, j'appréciais les villageois, mais je doutais fortement que l'on écoute mes justifications, en rapport à l'accompagnement d'une gamine nue jusqu'à mes appartements... Et je dois dire que cela aurait été compréhensible. Pourtant, je n'avais pas d'idées éhontées derrière la tête.

Une fois arrivés, je réalisai, en saisissant la poignée de porte, que j'avais oublié d'effectuer une chose cruciale... Je manquais à mes manières et j'en étais quelque peu gêné... Bien que la fille ne semblait pas y avoir prêté attention, il s'agissait là d'une étape assez importante à mes yeux, que je ne voulais pas bâcler plus longtemps.


" Excuse-moi, mais je ne me souviens pas t'avoir demandé comment tu t'appelais... Nous aurions sans doute dû commencer par là. Alors, avant de te faire rentrer, je vais te demander de répondre à ma requête, même si je ne veux pas que tu te sentes obligée de me répondre... En ce qui me concerne, je suis Nicolas Cooper... enchanté de te rencontrer, malgré les circonstances. "

Suite à ma déclaration, l'enfant parut éprouver un temps d'absence. Réfléchissait-il ? Probablement. Haa... D'apparence si fragile, aussi adorable qu'étrange. Je n'étais pas non plus un modèle, dans mon genre, à vivre ainsi, à l'écart des citoyens... J'aimais juste la tranquillité, elle rimait avec sérénité. Je m'étais moi-même montré particulièrement silencieux, durant mon enfance, et je m'en portais très bien. Alors blâmer quelqu'un d'autre que moi, à ce sujet, aurait été assez hypocrite, envers ce que je suis et étais. Nonobstant, le comportement de cette délicate fleur restait assurément plus discret que ce qu'il m'avait été donné d'observer jusqu'alors...

" ... Ekko... " Me répondit-elle, presque en un soupir.

C'était... court, pour un prénom. Enfin, d'après ce que nous avions l'habitude d'entendre, en nos contrées... Viendrait-elle d'ailleurs ? Difficilement imaginable et ce pour plusieurs facteurs évidents... Ekko... Comme le mot ? Pourquoi l'appeler ainsi ?... Etait-ce une référence au fait qu'elle serait une répercussion de quelque chose ou d'un concept, ou bien l'origine même de l'action mentionné ? Je me creusais sans doute la tête pour rien, ça sonnait bien, en plus...


" Je vois. Ekko, hein ?... Parfait. Histoire de rester dans une tendance à quatre lettres, tu pourras m'appeler Nico. Sur ce... je t'invite à franchir le pas de la porte. Il se fait tard, alors je vais te donner un pyjama de mes jeunes années, que j'ai précieusement gardé. "

Et c'est ainsi que se termina le premier contact. Elle approuva ma proposition, encore une fois, tel un ordre reçu. Je commençais à m'y faire, mais je me devais de pas profiter, en excès, de ce trait lui étant propre. Je lui montrai, par la suite, la chambre d'ami que je possédais et l'invitai à s'y reposer prestement... ce qu'elle fit sagement, pendant que je débutai l'écriture d'un rapport lui étant consacré. Je n'aimais pas trop faire ça, mais cela pourrait peut-être servir. J'avais cette sensation de devoir noter certains détails que je jugeais troublants, même ceux étant visiblement extérieurs à son degré d'influence. Ainsi, je pourrais ressasser fidèlement tout ça, plus tard... et en tirer de nouvelles conclusions plus pertinentes. Du moins, je l'espérais. J'avais beaucoup de questions en suspens... et l'inquiétant rayon lunaire n'attisait que davantage ma vigilance.


Jour 1 :

Réveil un peu particulier... Je me suis endormi, la veille, dans ma salle d'expérimentation. En fait, j'ai passé une grande partie de la nuit à rédiger le début de rapport...

Lorsque je me suis retourné, avec l'intention de vérifier la position du soleil, grâce à mon cadran... surprise, je l'ai vue. Ekko était debout, me fixait, inlassablement, passive, comme à son habitude. C'est vrai... je devais aller en ville avec elle, aujourd'hui, afin de retrouver ses parents. Est-ce pour cela que la jeune fille s'était glissée dans mon atelier de travail ? Probablement, je dirais. La certitude ne pouvait être de mise.


" Bon, bon... Je ne vais pas te faire attendre plus longtemps. Tu dois être impatiente de retrouver tes parents... Enfin, ton père, plutôt ? " Lui dis-je, en me relevant, main sur son épaule.

" Uuh ?... "

Quelle adorable gamine... Même si sa discrétion était à tout épreuve, son silence et ses rares exclamations ne parvenaient qu'à renforcer son charme. Mais je l'avais un peu brusquée là, je crois, avec ma main déposée sur elle. Quoi qu'il en soit, la journée traçait son chemin et il nous fallait faire vite... Ainsi, je prêtai d'anciens habits à mon invitée, histoire de ne pas se balader en pyjama, une fois au village. Rien de bien extravagant et c'était le but... Les citoyens croyaient dur comme fer aux superstitions, il était donc plus judicieux de faire passer Ekko pour un garçon, le temps de retrouver ses géniteurs. Un pantalon baggy, un tee-shirt à longues manches... et, un chapeau ! J'avais des bottes-scandales, également. Plutôt pas mal avec des chaussettes brunes... Bon, c'était une tenue provisoire, mais là au moins, pas de risque pour les cheveux, le genre, ou bien même la nudité. seuls points demeurant encore gênants... son regard et son calme... Nous pourrions certainement faire en sorte que cela ne se remarque pas trop. J'avais pour intention de la faire passer pour mon neveu, venant me rendre visite pour quelques jours... Voilà qui se profilait comme un plan convenable, d'après moi, toutefois.

Je fermais à double tours ma porte, la jeune fille ayant fini de se changer, et nous partîmes comme prévu. J'avais constaté, avant le départ, que l'enfant n'allait pas vouloir laisser son livre à la maison. Malheureusement, l'avoir ainsi dans les bras allait nous attirer des regards... De plus, nous n'avions pas la possibilité de manger posément à l'intérieur. Un éclair de génie parvint donc à moi... Je possédais, en effet, un sac, d'une taille correct, dont le soutien s'effectuait avec une sangle, en oblique, car sur l'épaule opposée de la charge... Non seulement nous allions pouvoir manger, durant le trajet, mais en plus, la petite inconnue serait en mesure de transporter son réceptacle à feuilles, lui tenant tant à coeur.


" Dr. Cooper, que nous vaut votre visite, en cette douce et fraiche matinée ? Oh, mais vous avez de la compagnie ? C'est tellement rare, en grand solitaire que vous êtes. " M'adressa la crémière, toujours aussi franche, à notre arrivée.

" Vous tombez bien, Géraldine... Figurez-vous que l'on m'a confié mon neveu pour quelques jours, j'en profite d'ailleurs pour lui apprendre certaines bases de mon métier... Seulement voilà, je recherche une personne que j'ai croisé, il y a peu et avec laquelle j'avais sympathisé. Mais je n'ai aucune idée de son emplacement dans notre village... Le nom, Ekko, Vous parle-t-il ? " Tentais-je alors de feindre, habillement.

Un peu attristée, sans doute par la réalisation de ne pouvoir me rendre la pareille, pour mes aides courantes, la pipelette du village ne put m'offrir qu'une réponse négative, de la tête... Je ne m'attendais pas à ce que ce soit facile, je savais que j'allais probablement devoir interroger nombres de personnes... Mais au moins, la plus bavarde des demoiselles était mise au courant, ce qui étendrait ma recherche sur plusieurs jours, sans que j'aie besoin de me déplacer à chaque fois. Enfin, pour l'heure, j'espérais retrouver les responsables de la mystérieuse figure, aujourd'hui, idéalement... Cela dit, une assurance n'avait rien de négatif.

Ainsi, je passais mon chemin et commençais à interpeler chaque individu qu'il m'était donné de croiser. Malgré mes tentatives, l'origine de cette fille paraissait totalement inconnue. M'aurait-elle donné un faux nom ?... Non, pour quelle raison ? Puis elle était trop innocente pour ça. J'en vins à soupirer, une fois l'aide du dernier résident sollicité... Pas le moindre indice, même en essayant d'en révéler un peu plus... Que fallait-il faire, maintenant ? Ha, il n'y avait plus qu'à attendre les effets d'un bouche à oreilles...

Ekko et moi entamions nos deux derniers morceaux de pain, sur le porche d'une simple maisonnée... Toute la journée, ça m'avait pris toute la journée... C'est comme si elle était tombée du ciel, en pleine nuit... M'enfin, peut-être faisait-elle partie d'un village voisin et qu'une personne d'ici aurait de la famille là-bas, pouvant elle aussi entamer une rapide recherche, pour venir gracieusement en aide. Et que ferais-je, sinon ?... Je n'allais tout de même pas la jeter dehors... Ses parents sont possiblement morts, en y réfléchissant... Elle serait un peu jeune pour le comprendre toute seule... Une hypothèse des plus probables, certains espoirs perdant de leur éclat. Dans ce cas... pourrais-je réellement en faire mon apprentie ? Elle s'était montrée si sage, depuis notre rencontre, si obéissante... Mais cela demandait de la prise de décision, quoique je pourrais simplement l'entrainer à reproduire certains schémas. Quelque chose me disait que ce ne serait ni la mémoire, ni l'acuité qui lui feraient défaut.


" Rouge, je te dis ! Presque comme une tomate !... Moi je ne l'avais jamais vue comme ça. Franchement, tu l'aurais vue, elle t'aurait, tout comme moi, terrifiée ! " Soutenait une voix masculine, provenant d'une ruelle adjacente.

" Haaa... Mais oui, c'est ça... T'es sûr que t'as déjà regardé la Lune, une fois dans ta vie ? T'as dû rêver... " Rationalisait son comparse, vraisemblablement lassé de ses dires appuyés.

" Mais enfin ! Arrêtes de me prendre pour une pomme, je sais ce que j'ai vu !... Les fenêtres de ma chambre donnent toujours une vue dessus. T'auras qu'à vérifier cette nuit, avec un peu de chance, elle n'aura pas changée... En tout cas, ce n'est pas la seule observation étrange dont j'ai pu être témoin, récemment. Figure-toi que, ce matin, j'ai vu Jean-Christophe entrer et sortir, à reculons, douze fois d'affilés, de la boulangerie. J'ai dû le stopper pour que ça en finisse... Et il ne se souvenait de rien ! "

A l'annonce de cette déclaration, son interlocuteur explosa de rire, s'en était trop pour lui. Toutefois, moi, à l'écoute de ces dires, je n'étais vraiment pas rassuré... L'astre lunaire était-il responsable de cet évènement troublant ? Impossible, les légendes basées sur son influence, concernant la psyché humaine, ne représentaient déjà qu'un fantasme rural et collectif...

Je n'eus pas le temps de pousser davantage la réflexion, car les deux compagnons se rapprochaient significativement de nous... En temps normal, cela ne m'aurait fait ni chaud ni froid, mais avec la fâcheuse manie de l'un d'eux à s'attarder sur la moindre occasion troublante, rester dans les environs s'avérait plutôt risqué... et ses prochaines paroles suffirent à me donner raison, dans ma fuite, Ekko tirée par la main. Par malheur, l'une de ses longues mèches était retombée contre son dos, lors de notre démarche... D'un hasard fougueux, il l'avait également remarqué, malgré mon empressement, pratiquement instantané, pour la remettre en place, sous le chapeaux... Quelle plaie ! Il détenait la preuve mentale d'un camouflage de genre, ainsi que de la manifestation d'une couleur inhabituelle, dans la colorisation des cheveux, du moins, pour une gosse.

Tout ceci ne jouait pas en ma faveur, mais, par chance, les gens donnaient assez peu de crédit aux histoires que la représentative entité avait pour manie de formuler, à tout va... Il n'empêchait que désormais, j'allais devoir me montrer beaucoup plus prudent, lors de mes déplacements. La santé de ma nouvelle protégée en dépendait... Pour tout dire, il commençait à se passer des choses étranges et j'eus, moi-même, une sensation extrêmement troublante, pendant le retour à la maison... Celle d'un trajet objectivement plus allongé, le sentier principal paraissait ne jamais en finir...

C'est tout pour le moment. Je ne sais ce qu'il se trame, mais je refuse de laisser accessible l'opportunité qu'une innocente petite fille risque d'être accusée à tord, par malentendu sur la cause, elle ne peut pas avoir un quelconque rapport avec ces évènements, c'est illogique. Je ferai en sorte que mon apprentie reste en dehors de tout ça, son état est déjà assez préoccupant que pour devoir supporter d'autres soucis. Ne t'en fais pas, Ekko, je saurai respecter l'engagement de prendre soin de toi, tel un père...



Jour 2 :

Encore une fois... La Lune est rouge. Elle l'était hier et l'est encore, au moment où j'écris ces lignes, à la différence près que celle-ci parait plus grande, ce soir... Cela semble correspondre à sa période de super Lune. L'anxiété et la paranoïa m'auraient-elles gagné ?... Quoi qu'il en soit, je ne suis pas sorti de chez moi, aujourd'hui. J'avais de toute façon établi quelques réserves.

La journée ne s'est pas révélée particulièrement riche... Fin de matinée, je me suis rendu dans la chambre d'Ekko, je voulais voir si elle dormait toujours. Mais une fois la porte ouverte, je constatai qu'elle demeurait debout, de face, par rapport à la fenêtre... de profil, par rapport à moi... Son regard vide était porté sur le mien. Je l'invitai à descendre, afin de commencer à lui enseigner les bases de mon métier, en accord avec l'alchimie. L'apprentissage serait rigoureux, on ne plaisante pas avec l'alchimie... Soit c'est réussi, soit ça ne l'est pas. Les échecs peuvent représenter le ciment d'une réussite maîtrisée... pourtant, rien n'oblige d'en commettre pour parvenir à nos fins. Pour comprendre plus profondément l'occupation concernée, en revanche...

Avant toute chose, je me devais d'assigner une tenue plus convenable à mon élève. Le pantalon d'hier restait un choix assez correct... les bottes aussi... Le chapeau, à contrario, n'était plus très utile, à l'intérieur. Toutefois, ces longs cheveux menaçaient d'embrasser les expériences futures et ça ne devait pas être très pratique, même pour la jeune fille. Cependant, je ne pouvais pas l'emmener chez un coiffeur et je ne savais pas tailler correctement une chevelure. D'autant plus qu'il m'était nécessaire de porter attention à la possibilité qu'elle puise encore retrouver de la famille... Ainsi, prendre une décision, concernant son physique, s'interpréterait probablement mal. Non... Une solution subsistait, les attacher. En ça, un ruban ferait probablement l'affaire, il permettrait d'alléger le gros du travail... Mais ce n'était pas suffisant. La mèche, mi-longue, restante, ne représentait pas une gêne particulière... par contre, certaines expansions capillaires recouvraient le minois de ma protégée. Quel charmant affront... J'avais toujours une paire de rechange, à propos de mes lunettes d'aviation. Ce qui stopperait, une fois installées sur le front, la globale progression de ces filaments blanchâtres... De plus, leur sangle parviendrait à fixer l'arrière, étiré, du cuir chevelu.

Personnellement, j'étais plutôt convaincu du résultat. Le tout lui donnait une allure de garçon manqué, mais j'aurais du mal à justifier des achats pour le sexe opposé... Alors, je comptais sur le débardeur blanc que j'avais retrouvé, en fouillant dans mon bric-à-brac. Comment pourrais-je avoir un tel vêtement en ma possession ?... C'était, un secret... une douloureuse histoire que je préférais oublier... Ces notes se doivent de concerner principalement la personnalité visée... et je n'ai plus rien d'intéressant à en dire, dans l'instant.



Jour 4 :


Préférant sauter la veille, dans un soucis d'inactivité, je reprend mes écrits, une nuit plus tard... L'étau se resserre et nos contrées semblent devenir l'injuste victime d'une étrangeté sans visage. Les découvertes s'enchainent et je ne peux qu'espérer l'inexistence d'un effet papillon, dont nous ne pourrions déjà plus reprendre le contrôle...

Moi, Nicolas Cooper, alchimiste dans le domaine de la médecine, inventeur et chercheur, à mes heures... ne suis pas en mesure d'avancer une hypothèse censée, en rapport aux évènements survenus, ces derniers temps. Mais je crois en la rationalité, toute chose possède son explication. La magie ne représente qu'une illusion nominative, elle symbolise l'imprécision actuelle d'une science à en décrire ses phénomènes pourtant censés... Il s'agit là d'une opinion dont je ne démordrai pas et que je ne cesserai de défendre, tant sa convenance logique s'impose habituellement comme avérée.

Lui faisant confiance, je laissai donc l'enfant silencieux dans mon habitation, avec plusieurs tâches à effectuer. J'avais décidé de me rendre au marché. Malgré que je ne pourrais arriver à son ouverture, j'éprouvais la volonté et la certitude d'être dans les temps. C'est alors qu'une première anomalie journalière survint... Ce ne fut qu'une fois sur les lieux que je m'en rendis compte... La grand place était vide. Pourquoi ? Avais-je été si long ? Non !... Le trajet m'avait semblé, normal. J'étais parti, début d'après-midi, j'étais encore large, avant la fermeture... Cependant, tournant machinalement la tête vers une source dérangeante de lumière, je compris partiellement le problème. Le crépuscule. C'était... complètement... insensé... Je n'avais pas marché autant de temps, impossible. Pour y parvenir, j'aurais dû me déplacer à la vitesse d'un escargot...


" Dr. Cooper !... Vous n'êtes pas des plus matinaux, aujourd'hui ! Vous devriez pourtant savoir que les boutiques sont déjà fermées, depuis un bon moment... vous avez trainé en chemin ? " M'enfonça, d'une voix familière, une silhouette, située dans la pénombre d'une porte ouverte, en opposition aux derniers rayons solaires.

" Géraldine... Géraldine ! Peu importe ! Je, je reviendrai demain. Auriez-vous réussi à trouver une piste, concernant ma récente demande ?! " M'exclamais-je alors, déconcerté et paniqué.

" Oh, mon brave, vous me semblez si surmené... Vous êtes certain que tout va bien ?... Vous êtes certain que tout va bien ?... Vous êtes certain que tout va bien ?... Vous êtes certain que tout va bien ?... Vous êtes certain que tout va bien ?... Vous êtes certain que tout va bien ?... "

La crémière répétant inlassablement sa dernière interrogation, mes yeux s'écarquillèrent progressivement... Non... étais-je la proie d'une farce de mauvais goût ? Pire, assurément pire, je le savais. J'étais terrifié, totalement désemparé... au point de m'enfuir en hurlant. Je cédais à cette folie salvatrice, bien que trop souvent repoussée... Toute cette pression accumulée... Je devais, absolument me ressaisir... l'importance était capitale.

" J-j-je, je, je suis rentré... E, Ekko ?... Ekko, s'il, s'il te plait... sers-moi du, du thé. Oui, un thé, voilà. Sans sucre, cette fois. M-m-merci... " Bégayais-je, avec peine, une fois le pas de la porte franchi.

Je me laissai tomber sur l'un de mes fauteuils, toujours abasourdi de mes expériences inédites et incontrôlées. Il me fallait faire le point, je devais me calmer, me détendre... Comment faire, en ces conditions ?! J'avais même entendu d'autres personnes crier en ville, pour des causes similaires... dont une femme, mais en raison de bestioles dans sa maison. Sans doute des rats...


" Le thé... Nico... "

La mystérieuse fillette... Toujours aussi peu loquace, bien qu'elle paraissait moins timide, au fil du temps. Je me faisais peut-être des idées. Je m'étais possiblement habitué à sa personnalité taiseuse... Même si nous ne savons rien du passé de l'autre, elle est toujours là pour moi, d'une obéissance presque dérangeante, tout comme j'éprouve le désir de la protéger à tout prix...

La boisson se fit déposer sur la table basse du salon, après instructions. Je tremblais encore trop que pour m'autoriser à prendre en main la tasse... Mon regard effrayé croisa le neutre de la jeune fille. Une sensation me fit frissonner, comme un sursaut mental, la peur... Oui, je la ressentais clairement, depuis peu. Mais là, c'était subit, une impression terrifiante, devant ces yeux impassibles, ne semblant afficher aucune émotion à mon égard... C'était surprenant, effectivement, pourtant, un éclair de lucidité me ramena à la raison. Cette petite s'était toujours comportée de la sorte, ce n'était pas comme si elle décidait consciemment de me fixer ainsi... Avait-elle subi un traumatisme, pour paraître si détachée de la réalité ? Je ne pus me retenir de l'enlacer, une envie, un besoin, j'espérais ne pas enfreindre le respect de son espace vital... malgré son absence de protestations, je ne pouvais en être certain.


" Merci... Ekko... Heureusement que tu es là... Je ne sais pas si je serais capable de tenir, sans toi... Peux-tu continuer tes activités ? J'aimerais me reposer quelque temps, après avoir consommé le breuvage que tu m'as concocté, bien évidemment... J'ai, j'ai besoin de me détendre. Tu sais quoi ?... Ce soir, je pense que je te laverai le dos, pour te remercier de ce que tu fais pour moi. Comme ça, tu seras toute propre, puis c'est agréable, tu verras. " Osais-je formuler, d'un léger sourire.

Elle acquiesça, de la tête, et le soleil suivit sa course astrale... Enfin, non. La Terre continua sa rotation, plutôt. Je risque ma peau à affirmer cette hypothèse, pourtant plus que probable. Je suis en effet adepte de l'Héliocentrisme, du moins, dans le cadre de notre système solaire. Les orbites paraissaient tellement plus harmonieuses, de cette manière... Sans compter les nombreuses irrationalités résolues, en acceptant de considérer ce nouveau modèle. Mais le Clergé refusait encore de l'admettre. Pour eux, la Terre était le centre de l'Univers, parce qu'un être tout puissant l'aurait décidé... du moins, c'était ce qu'un livre racontait... Placer notre boule lumineuse au centre, revenait à renier ces écrits. D'autant plus que les points lumineux, dans le ciel, pourraient représenter d'autres sphères éblouissantes, comprenant également des planètes, dans leur sillage. Donc d'autres formes de vies ?

Parfois, lorsque tout semblait incompréhensible, il pouvait suffire d'opter pour un raisonnement différent... Ainsi, était-ce qu'il me fallait faire ? Sans doute. Je n'avais pas encore suffisamment d'éléments, que pour entamer une réflexion censée... Visiblement, la plupart des étrangetés avaient lieux dans le village et ses alentours proches. Alors, malgré le risque, je me devais d'y retourner prestement.

Lors de mon sommeil, je parvins à effectuer un rêve... ou disons, un cauchemar... Si tout débutait sereinement, l'agréable brise, la douce lueur du matin, la rosée sur l'herbe et des rires apaisants, la donne changea rapidement... Une lumière rougeâtre plongea vivement le paysage dans sa teinte. La chaleur se faisait pesante, mais ne provenait pas de la source habituelle... Bien vite, les exclamations joyeuses se transformèrent en cris d'effrois, les habitations et l'herbe prenaient soudainement feu et personne se paraissait réussir à rétablir la situation. Tout s'empirait et se répercutait. D'une simple étincelle, à la localisation inconnue, avait émergé, peu à peu, un gigantesque brasier destructeur... Où se trouvait l'épicentre ?... Au milieu de la cohue, se tenait une silhouette inflexible. Debout, telle une sinistre statue, cheveux légèrement au vent, un enfant nu observait posément les évènements. Dans ses yeux embrumés se reflétait la fureur des flammes... La Lune était immense et... je me réveillai, en sueur.



Jour 5 :

" Nico... Nico... Mon dos... Tu n'es pas venu, le laver... " M'adressa une voix effacée.

Pendant combien de temps m'étais-je assoupi ? A constater l'éclairage alentour, il faisait jour. Je me sentais mal... mal de ne pas avoir respecté ma promesse, envers Ekko. Elle n'avait pas l'air fâchée, ni déçue... Mais je l'aurais comprise, si cela avait été le cas.


" Désolé. Je me rattraperai ce soir... je te le promet. Tu fais du très bon travail, que ce soit en ma présence ou non. Le simple fait que tu sois près de moi, me procure la sensation d'un soutien moral... Je ne sais pas ce que le futur nous réserve, mais je te protégerai, Ekko. " Lui répondis-je, franchement.

A la suite de ma déclaration, j'ouvris la fenêtre et passai ma tête à travers l'ouverture. Le temps était plus que convenable et notre boule de feu était approximativement à son apogée. Cette fois-ci, il n'était pas question de rater le marché. Si je venais encore à être la victime involontaire d'une anomalie, il me faudrait prendre sur moi et tenter, coûte que coûte, d'en jauger l'ampleur, ainsi que d'en déterminer l'origine...

Encore une fois, je sortais de chez moi. J'avais toujours un peu honte de laisser ma maison, aux mains de ma petite assistante. Ce n'était pas à elle de s'occuper de mes tâches ménagères... jamais elle ne s'en était plainte. Mais il me fallait garder à l'esprit que c'était donnant-donnant. Elle était mon apprentie et ma protégée, je me devais de lui rendre la pareille, de lui assurer un avenir stable et serein... A mon sens, elle le méritait. Et à présent, je devais ramener de quoi nourrir cette petite fleur, pour son bon développement. Pour mon bon fonctionnement aussi, d'ailleurs.


" Avec cela, vous me mettrez 5 ou 6 tomates, oh, et cette laitue, également. Il vous reste des carottes, à ce propos ? " Demandais-je à la marchande, excité d'être arrivé au village, sans embûches, contrairement à la veille.

" Pour la dernière fois, Dr. Cooper, les carottes c'est AU MATIN ! Je vous ai déjà dis que j'en cultivais peu et qu'elles étaient très demandées, premier arrivé, premier servi. Voilà votre laitue. C'est 5, ou 6 tomates ?! "

Cette femme, caractérielle, de prime abord, c'était Viviane, la vendeuse de légumes. Nous nous connaissons depuis l'enfance, malgré ses formalités. Déjà très jeune, elle vendait sa petite cargaison d'aliments, fraichement déterrés de son potager expérimental, à la sortie de l'école. Tout le monde en raffolait et sa voie s'est naturellement imposée, au fil du temps. Mais malgré son occupation rigoureuse et sa passion presque douteuse pour les légumes, elle était plutôt bon élève. Moi, en comparaison, je me montrais assez cancre, trop passionné par mes recherches et mes découvertes extérieures. On ne se parlait pas beaucoup et elle ne m'a jamais vraiment porté dans son coeur... Néanmoins, c'est bien moi qui lui ai, un jour, fabriqué un super engrais, qui augmenta remarquablement sa capacité de production. Depuis lors, elle me fait moitié prix sur tous mes achats. Et même si je dois probablement l'excéder souvent, cet accord demeure toujours intacte, tout comme la gratitude camouflée qu'elle me porte...

" Haha, c'est vrai, j'oublie tout le temps. Oh, ben, 5 ou 6... c'est du pareil au même. Faites comme bon vous semble... "

" Dr. Cooper ! Vous n'êtes qu'un incorrigible indécis ! Je vous en mets 6, mais veuillez cessez, à l'avenir, de réitérer sans cesse votre insupportable manie !... Hmm... Désolée, je m'emporte sans doute un peu trop facilement, ces derniers temps... Justement, vous avez eu vent des bizarreries récentes ? Au début, j'étais septique, surtout que Gontran n'est réputé que dans le fait d'établir de vulgaires racontars... Mais j'ai fini, moi aussi, par voir cette inquiétante Lune rouge ! Et tenez-vous bien... Croyez-moi ou non, mais, pas plus tard que hier, alors que je lavais mon linge à la rivière... Père Benoit a, semble-il, glissé sur quelque chose, dans l'herbe alentour, et s'est retrouvé tête la première dans le cours d'eau. Oui mais, le soucis, c'est qu'il s'est envolé, par la suite, pour reprendre sa position initiale ! Le pire... il n'a aucun souvenir d'être tombé ! De la sorcellerie... moi je ne vois que ça... " Me rétorqua mon ancienne camarade de classe, avant de bifurquer sur un sujet sensible.

Inlassablement le même slogan... Toutefois, difficile de contester son affirmation. Si tout s'était déroulé ainsi, les issues semblaient pour le moins restreintes... Nonobstant, je me devais de considérer toutes les possibilités et en priorité les crédibles. Actuellement, j'allais garder ces informations dans un coin de ma mémoire et gentiment feindre un devoir pressant, afin d'écourter la conversation. Je n'avais nulle envie de m'expliquer sur la quantité de nourriture achetée, ni, par extension, envie de devoir discuter de mon élève. Moins les résidents du village auraient l'occasion de la voir, moins je lui faisais prendre de risques.

Mais soudain, alors que je venais de reprendre la route, depuis quelques temps déjà, une personne m'interpella de loin. Celle-ci était vraisemblablement pressée de s'entretenir avec moi... Malheureusement pour elle, ce n'était pas du tout mon cas, puisque je reconnu le gêneur en question... Gontran... Oh non, il n'était pas question que je lui parle, à tous les coups il voudrait me faire avouer la vérité sur mon apprentie. Je n'étais évidemment pas en mesure de prouver l'inverse de ce qu'il tenterait de m'affirmer. Et dans ces conditions, trop de monde sera tenté de le croire et de m'exiger également des preuves que je ne possède donc pas ! Je ne pouvais que fuir, pour l'instant. J'étais encore suffisamment loin de lui... Il ne remarquerait sans doute pas que j'essaye de le semer, si je venais à tourner à gauche, entrant dans les multiples ruelles.

Ce que je fis. Détalant comme un lapin, maintenant hors de son champ de vision. J'entendais des pas et des appels lointains, il n'en démordait pas, le sagouin ! Je ne devais surtout pas trahir le véritable genre de ma protégée. Il s'agissait, en effet, de sa meilleure défense. Dans l'imaginaire collectif, la sorcellerie n'était, en effet, que réservée à certaines femmes. Tant que je pourrais faire passer Ekko pour un garçon, elle ne risquerait rien. Mais une fois son identité révélée, ce serait le bûcher assuré. Elle représentait un parfait bouc émissaire, si atypique... Il me fallait faire profil bas, le temps que sa rumeur se tasse. Il ne pouvait encore rien affirmer, avec certitude, par rapport à cela, d'autant plus que cette constatation serait surement et prochainement submergée par d'autres observations, bien plus consternantes... Avec un peu de chance, tous ces problèmes s'en iraient suffisamment vite.

Juste quand je pensais enfin m'en être tiré, un autre problème se présenta à moi... Je ne trouvais plus la sortie de cette suite de chemins... Pire, je ne reconnaissais plus les directions. Toutes les ruelles se ressemblaient et certaines s'enchevêtraient... Si étrange... En m'enfonçant d'avantage, je découvris des intersections sans queue ni tête. Ca recommençait... Je me sentais piégé et j'éprouvais la désagréable sensation d'être observé. Je me remis à courir, prenant un virage à gauche, puis à gauche, puis encore à gauche et finalement... je remarquai que j'étais effectivement bloqué dans une boucle, comme une forme en carré, les virages se repliant sur eux-mêmes. Mais que se passait-il ?! C'était illogique, je venais d'une issue, un circuit ouvert, mais je n'en percevais plus qu'un fermé ! Je me retourna alors... un mur. Je le tâtai frénétiquement, c'était de dernière que je venais, pourtant.

Puisque, mystérieusement, je ne pouvais rebrousser chemin, je décidai de continuer la route, mais... surprise, un autre mur ! J'étais, enfermé, entre quatre murs ?! Je me souviens de mon désespoir, j'en tombais à genoux, pendant que certains bruits suspicieux s'éveillaient autour de moi, tels des ricanements moqueurs, ou du moins, c'est ainsi que je les percevais... Mon regard au sol, j'étais à deux doigts d'abandonner. Mais une chose, une seule, me perturba. Un détail d'une importance capitale, les ombres. Je repositionna alors mon attention sur le ciel... Le Soleil ne pouvait pas donner lieu à de telles répartitions... Le mur de droite aurait dû se projeter sur le sol, mais il n'en était rien.

Empli d'un élan inconsidéré, je fermai alors les yeux et m'élançai vers ce dernier... Je n'y croyais qu'à moitié. Pourtant, ce fut bien le paysage rurale, qui s'offrit étonnement à moi... me voilà maintenant arrêté et paupières grandes ouvertes, pour le constater. J'avançai de quelques pas, puis me retournai... je reconnaissais ce passage. Le même que j'avais précédemment voulu prendre. Confus, c'était le terme. Et tandis que je reportais attention sur la suite de ma route, devant longer une partie du village... des exclamations sonores, identiques à celles perçues dans les ruelles, retentirent à nouveau... Cependant, je fus en mesure d'en distinguer la provenance. Des, créatures étranges, furtives, que je n'avais jamais vues auparavant... Une sorte de motif, semblait parcourir leur corps. Non loin d'eux, une personne, sombrement vêtue, les toisait, apparemment sans crainte. Je dis ça, mais le doute plane... je ne m'étais pas arrêté pour vérifier plus intensément. Et ils n'étaient pas immobiles. Peut-être que mon agitation déformait mon jugement.


" Ooh... Nom de Dieu... Mais comment, est-ce possible ?... " Emis-je, stupéfait, devant le nouvel élément perturbateur.

Cela s'enchaînait, encore plus effrayamment que la veille... A certains endroits, le ciel paraissait remplacer la terre et inversement. Une part de la ville semblait se replier sur elle-même. Les dunes herbues, alentours, devenaient crevasses... Viviane... ou Vivi, comme je l'appelais, lors de nos jeunes années, avait retrouvé son corps d'antan ?! Tout ceci, n'était-ce que des illusions, ou les signes annonciateurs d'un désastre imminent ?...

Tout se dérègle, d'heure en heure... Et à l'instant où j'écris ces lignes, les changements n'ont toujours pas cessés, ils se propagent et je distingue, depuis mes fenêtres, d'inquiétantes fissures se créer dans les airs et s'amplifier... Le chaos règne toujours un peu plus, à mesure que le temps passe. Et cette maudite Lune... En l'espace de quelques jours, sa taille s'est considérablement accrue ! Je pense que depuis l'aube de l'humanité, nous n'avons jamais eu affaire à une Super Lune de cette ampleur... C'est une Hyper Lune, plutôt ! Au moins 20 fois sa taille initiale ! Bien entendu, sa brillance est d'autant plus conséquente.

Inconcevable... et pourtant indiscutable. C'est comme si... elle allait nous tomber dessus ! Mais ce n'était pas possible, un tel astre ne pouvait changer ainsi sa course. De plus, nous en ressentirions déjà les effets... Tremblements de terres, activités volcaniques, raz de marées, perturbations des écosystèmes, rien de tout cela ne s'était montré. J'avais l'impression de la voir à travers une loupe géante...


" Ekko ?... Je suis rentré, tout s'est bien passé ? " Demandais-je à la mentionnée, m'étant fatalement pressé de revenir à la maison.

" Oui... " Me rétorqua-t-elle, simplement, en sortant du laboratoire.

Tant mieux, je craignais que des problèmes puissent également survenir ici. Mais par chance, les environs de ma demeure semblaient immunisés... pour le moment, en tout cas. Pour des raisons évidentes, je préférais ne pas parler de tout ça à l'enfant. Néanmoins, il devenait probant que nous devrions bientôt quitter les lieux, les anomalies continuant donc à se multiplier... Cela me faisait de la peine, j'étais né ici, après tout. Mais je devais penser à ma sécurité et à celle de ma protégée. Aussi attristé pouvais-je être, envers les malheureuses victimes du village, je me devais de garder à l'esprit qu'ils pourraient vite se transformer en véritables bourreaux, à notre encontre, à la moindre bêtise. Il devenait urgent d'établir un plan de secours. Mais pour l'instant, il me fallait respecter une promesse, faite à mon apprentie. Je remettrais ça à demain.

La soirée ne mit pas longtemps à se profiler et je ne tardai donc pas à me rendre dans la salle de bain, afin de laver Ekko. Comme à l'accoutumée, j'avais fait chauffer de l'eau, avant de la transvaser dans plusieurs bassines... Elles serviraient à remplir l'intégralité de mon prototype de baignoire en bois. Absolument. Contrairement au classique tonneau d'eau chaude, ce tout nouveau réceptacle, allongé horizontalement et non plus verticalement, ne permettait certes plus de nous couvrir des pieds au cou... mais c'était justement là que résidait l'astuce. Franchement, patauger dans l'eau, ça ne nettoyait pas très efficacement... Avec mon invention, vous pouviez tout de même le faire en vous allongeant, mais aussi vous nettoyer verticalement, en drainant de l'eau avec une éponge de ma conception, couplé au pouvoir décrassant de mon savon, qui en plus faisait sentir bon votre peau. J'étais assez content de moi, pour le coup. Je voulais encore l'améliorer, mais j'étais convaincu que cette méthode finirait par s'imposer naturellement, au cours des années à venir...


" Voilà, assieds-toi là-dedans... C'est possiblement encore un peu chaud, mais tu t'y habitueras vite, fais-moi confiance. " Lui dis-je, après avoir conventionnellement retiré ses vêtements.

" Mmh... Mmmmh... " Répondit-elle, probablement légèrement anxieuse, avant de s'exercer à la détente.

Je commençais donc à la laver délicatement, voulant faire preuve du plus de soin possible... Elle paraissait apprécier cet instant de calme et de béatitude. Parfait, si cette attention pouvait lui procurer du plaisir, c'était encore mieux. Je m'occupai bientôt de sa blanchâtre chevelure... ce qu'elle était resplendissante, sous l'action de l'eau... Un petit peu sur son minois... Nous passions, à présent, à ses petits pieds.


" Mmh, mmh !... "

Chatouilleuse ? C'était touchant. Mais je n'étais pas assez sadique que pour en profiter. Nonobstant, un bruit de verre brisé retint mon attention, à cet instant précis... C'était tout proche et cela provenait précisément, de derrière moi ! Une fissure, dans le mur ? Avec la perspective, je ne pouvais en être certain. En réalité, je me rendrais compte, plus tard, qu'il s'agissait de la première brisure en suspension qu'il me fut donné d'observer, avant qu'elle ne soit suivie d'autres phénomènes similaires et extérieurs à ma propriété...

Me reconcentrant sur mon amusante mission, J'en vins tout logiquement à m'occuper de la raison principale de ma présence... le dos de ma protégée. J'écartai donc ses longs cheveux, les faisant passer par delà le torse, et repris un peu d'eau, grâce à l'éponge, afin d'accomplir ma promesse.

Soudain, et après être passé derrière elle, je me retrouvai paralysé de stupéfaction ! C'était quoi ça, encore ?! Le destin allait-il un jour arrêter de me causer de telles frayeurs ?... Un, symbole ?... Quelle en était la signification ?... En plusieurs parties, visiblement... Ca ressemblait un peu à une caricature de coeur, ou à un sablier. Etait-ce, une sorte de rite d'appartenance à une famille huppée, une marque d'esclavage ?... Cela imprimé au fer ?... Je n'en avais fichtrement aucune idée. Mais en ces temps, c'était loin de pouvoir jouer en notre faveur... Quoi qu'il en soit, ça ne partait pas. Même avec un peu d'acharnement et quelques passages de mon savon... C'était encré dans sa peau, vraisemblablement.


" Et voilà, c'est fini. Tu es propre, comme un sou neuf ! C'était agréable ? " Demandais-je, même si je connaissais déjà la réponse.

" Oui... "

Ainsi soit-il. Cette cinquième journée se terminait assez bien. Un soulagement, au vu des récentes perturbations... Je reconduisis Ekko vers sa chambre, où elle pu revêtir son pyjama, avant d'aller se coucher.


Comment aurait-on pu l'affubler d'être une sorcière ?... Elle qui se montrait si obéissante, passive et timide... On aurait plutôt dit un Ange, venu du ciel pour nous rappeler la tendresse, dont nous étions capable de faire preuve, à l'égard d'un enfant innocent... Allongée sur le matelas, son précieux livre entre les mains, je l'observai encore un peu, me souvenant partiellement de nos interactions, depuis notre rencontre sur la grande dune... Non, aucune chance qu'elle puise rationnellement faire office de rapport avec ces évènements incroyablement néfastes ! Je refusais de considérer cette éventualité grotesque. Cette fois-ci, j'étais prêt à donner ma vie, pour empêcher qu'une telle barbarie ne découle à nouveau de ces croyances stupides...


Jour 6 :

J'ai décidé de rompre l'habitude que je m'étais faite, concernant mes rapports. J'écris, en effet, celui-ci de jour. La raison en est toute simple... Nous devons absolument partir d'ici et au plus vite !  Nous sommes déjà en train de préparer le matériel essentiel à notre survie et à notre reconstruction. J'écris brièvement, entre les actions... navré à celui ou celle qui se sera donné pour objectif de me relire. Pourquoi un tel empressement ? Une catastrophe, une véritable catastrophe est survenue !...

Tout ça à cause de ce fouineur de Gontran ! Hier, pendant que je me dirigeais vers le village, cette canaille en a surement profité pour s'introduire dans ma propriété. Comment ? Il a simplement toqué et Ekko est venue lui ouvrir, dans sa tenue habituelle. En général, on demande si je suis là. Mais le but de Gontran, ce n'était évidemment pas de me voir, bien au contraire, il voulait certainement vérifier sa théorie, alors il a trouvé un moyen de détourner la conversation pour que ma protégée lui ouvre... Voilà pourquoi il était si tenace, en me coursant, la veille !

Comment je sais tout ça ? La déduction, basée sur des faits établis, principalement. Lorsque j'avais demandé à Ekko si tout s'était bien passé, je n'ai pas été assez précis. J'aurais dû lui demander, tout comme ce matin, si elle avait relevé un évènement spécial, au cours de sa journée ! Ce n'est plus qu'une question de temps, à présent, avant que tout le village ne soit ameuté. Et au vu de mes expériences non désirées et anormales, il m'est tout à fait impossible de prédire notre marge de sécurité, tant l'espace et le temps semblent se détraquer !

Dehors, c'est l'horreur, nous ne sommes en sécurité nulle part, avec toutes ces perturbations, mais nous n'avons pas le choix, nous devons fuir ! L__/

Oh, non, non non non non non ! Ils toquent à la porte ?! Déjà ?! Ils sont nombreux, et en colère, je les entends ! Nous sommes encerclés et ne pouvons que nous cacher. Les armoires, dissimulées derrière l'escalier de la cave, c'est notre seule chance ! Ils ne nous ont pas encore repérés. Avec un peu de veine, ils vont sans doute penser que nous sommes déjà partis !

Ils fouillent, en haut, à l'étage aussi... L'accès à la cave n'est pas très voyant et j'ai rapidement tenté de le camoufler avec un tapis. Ooh, les pas se rapprochent, ils sont lents, trop lents que pour me donner confiance en la réussite de notre plan... Il a trouvé la trappe ! Pas de panique, la pièce est très tamisée, car les vitres et cavités sont peu présentes, aux alentours... Nous sommes de plus couverts par l'ombre de l'escal, il descend !

Faites qu'il ne nous trouve pas, par pitié, je ne crois pas en vous, mais je vous en conjure... sauvez_/\______




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Laharl Valhalla
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MessageSujet: Re: L'avènement du surpuissant Prince (déchu) des Démons ! ._.   Mar 28 Juil - 22:02


Chapitre 4 Epilogue : A la conquête de la conquête.


" C'est stupéfiant, mon Prince. Penser que je serais en mesure de maîtriser l'électricité, grâce à ma guitare, mais aussi de la faire apparaître comme disparaître... "

" Ha. C'est pas si exceptionnel, j'fais pareil avec mon épée et je maîtrise les flammes... Tu savais sans doute déjà faire tout ça, avant ton amnésie. La magie, c'est courant. "

Traversant un portail des ténèbres, Volvix et Laharl se retrouvaient à présent sur une verdâtre colline, surplombant les environs. C'est donc en continuant de marcher que ces premiers s'échangeaient moult paroles. Du moins, avant de remarquer un monde ravagé par un mal inconnu et visiblement puissant... Tout à fait, le monarque, en devenir, n'avait jamais constaté une magie aussi imposante. Certaines créatures semblaient se déplacer, puis revenir à leur point de départ, inlassablement... d'autres rajeunissaient ou dépérissaient à vue d'oeil. Des crevasses et des montagnes se formaient, un village en feu se recourbait sur lui-même, sans compter les multiples craquelures, parfois très grandes et parsemant la région... Percutés d'une étrange lumière, les deux compagnons se retournèrent et purent d'ailleurs observer l'avènement cyclique d'une gigantesque Lune rouge.

" Waaaaw ! C'est bien la première fois que j'vois ça ! On dirait qu'elle va nous percuter !... Mmh... Ca m'inspire une idée d'attaque... Faut absolument qu'on retrouve le responsable de tout c'bazar ! Je le veux à ma solde ! Il doit surement être terrifiant... C'est parfait ! " S'exclama soudain le Prince déchu, s'enflammant d'une motivation nouvelle.

" Haha. Pourquoi pas, Seigneur Laharl. Mais encore faudrait-il qu'il accepte de vous rej- Oh !... Regardez ! Une foule en colère ?... Ne serait-ce pas votre devoir que d'aller enquêter sur l'insatisfaction de votre futur peuple ?... " Commença à lui rétorquer son fidèle vassal, coupé d'une perturbation imprévue.

Une émeute paraissait effectivement avoir lieu, en une prairie vraisemblablement encore libre des altérations environnantes. Brandissant des torches et des fourches, la population locale se rassemblait autour d'un bucher... Sur place, une seule et simple personne faisait son possible pour les retenir d'y mettre le feu, une jeune fille en malheureuse et potentielle victime. Le jeune Démon, bras croisés et l'écharpe au vent, était en mesure de voir la triste scène... tout comme son ami. Encore trop éloignés que pour être capables de distinguer des visages ou percevoir oralement des discours, il fallait prendre une décision urgemment.


" Hmm... "


" Brûlons-là vive ! " Commençait l'un.

" C'est une sorcière, qu'elle retourne en enfer ! " Renchérissait un autre.

" Noon ! Arrêtez, je vous en supplie !... Vous n'avez aucune preuve contre elle, c'est ridicule ! Rendez-vous compte de l'absurdité de la situation ! " S'évertuait, en paroles, un chercheur bien connu du village.

Mais cela ne suffisait pas, ils se rapprochaient dangereusement, à la fois intimidés par la source de leurs tourments et animés d'un esprit vengeresse... Dans l'air flottaient des particules incandescentes, accompagnées d'une fumée dissipée. L'anarchie régnait entièrement sur la région et ce n'était plus qu'une question d'heures, avant que ce monde ne succombe, sous le poids de ses paradoxes. Sans le savoir ou sans vouloir l'accepter, le docteur défendait la mauvaise personne, une coupable malgré elle. Cette dernière siégeait sur une pile de bouts de bois, attachée à un poteau. Le regard vide, mentalement absente des évènements, Ekko ne protestait pas, restant plongée dans son habituel silence, alors que son tuteur se démenait pour la sortir de cette passe peu enviable.


" Elle vous manipule, Dr. Cooper ! Sous son apparence innocente se cache sa nature diabolique ! Ne vous faites pas encore avoir, nous vous avions déjà sauvé, dans le passé !... " Relança un homme d'une soixantaine d'années, ayant visiblement un ancien lien avec son interlocuteur.

" ... Ludivine... Ce n'était pas une sorcière... C'était, c'était mon amie la plus proche ! Comment osez-vous me tenir ces propos ?! Vous l'avez tuée, devant mes yeux ! Alors que je n'étais encore qu'un enfant... Elle pleurait toutes les larmes de son corps en me tendant sa main... et vous... vous me reteniez, feignant que tout allait bien se passer, qu'elle allait recevoir votre jugement pour avoir été prétendument née sous une influence néfaste ! Je préfère mourir que de laisser ces croyances ridicules engendrer à nouveau un meur- ! " Hurlait maintenant l'alchimiste, larmes aux yeux avant de se faire brutalement interrompre.

Une fourche venait de pénétrer le ventre du médecin, qui la toisait, terrifié... Il ne comprenait pas. Pourquoi, pourquoi en arriver là ? Pourquoi tant de violence, sur base de superstitions ? Devenaient-ils tous fous, lui inclus ?... Des larmes de haine, de douleur, de tristesse... il tombait à genoux, paupières écarquillées, devant un agresseur qui, lui aussi, souffrait amplement de son geste fatal. L'opposant tenait toujours, fermement, l'arme du crime, son visage néanmoins déformé par la colère et la terreur, que lui infligeait cette situation d'incompréhension... ne pouvant sensiblement plus la tasser davantage. Il pleurait de son geste, lui, Guillaume, ancienne connaissance de l'inventeur... Tremblant comme une feuille, il resta sur place, durant quelques secondes, avant de lâcher l'objet allongé et de reculer, grâce à quelques pas saccadés.


" C'est... c, c'est de ta faute, N, Nicolas... On, on a toujours été là pour toi... P, pourquoi tu nous trahis ?... Pourquoi tu nous fais ça ?!... Huuuuu, on croyait en toi... Tu étais notre fierté... Pourquoi nous as-tu caché cette sorcière ?... Pourquoi l'as-tu laissée détruire notre ville ?!... " Cria-t-il, en baissant les yeux, soutenant, par la suite, le regard de sa victime.

" Mais ne t'en fais pas... Nous allons brûler, jusqu'au dernier lambeau de peau, cette nymphe satanique... nous te vengerons pour le maléfice qu'elle t'a fait subir... Et son livre scellé ira la rejoindre dans les flammes de son tourment obscur... " Repris l'homme, d'un sourire désespéré, lançant finalement le bouquin mentionné sur le monticule de branches séchées.

La panique, l'angoisse, la paranoïa, déformaient les perceptions, pouvant transformer une personne que l'on pensait respectable, en une ordure innommable... Mais pouvait-on vraiment blâmer ces habituellement braves humains ? Au fond, enchaînés par leur éducation boiteuse, par leur réflexion naturellement étriquée, par une croyance inculquée depuis l'enfance... quelle chance pouvaient-ils posséder d'entreprendre une action plus censée ?... Ironiquement, mais partiellement, ils avaient raison. La présence d'Ekko déstructurait leur monde, avait donné et donnait naissance, directement et indirectement, à une foule d'anomalies spatio-temporelles, de paradoxes, des Discordians de toutes sortes... des Majeurs aux Mineurs. Elle-même possédait son empreinte, annonciatrice de la discorde. Un potentiel terrifiant, capable d'annihiler une zone planétaire, en moins de 6 jours. Son existence était récente, mais la pousse était vouée à grandir rapidement, telle une machine infernale qui entamait une expansion destructrice, à l'amplitude inconnue mais aux répercussions bien menaçantes... Ce n'était qu'une question de temps, avant que la ronce ne troque son laps de jours contre des heures, puis des minutes !...

Dans un mouvement de rotation, un bout de bois enflammé entama une trajectoire aérienne et calculée, s'engouffrant, sans mal, à travers les multiples passages qu'avaient laissés ses comparses regroupés... Déjà, une chaleur significative débuta sa manifestation, à mesure que des braises contaminaient les alentours de la précédente chute... comme un écho répercuté. Une fin appropriée, renvoyant à un humour noir... Le Dr. Cooper hurla alors de désarrois, devant cette tragédie répétée... suppliant une aide quelconque, maintenant couché de côté, bras tendu, pendant que son apprentie gémissait faiblement, à l'approche de son bourreau ardent...


" Oui, oui, c'est bon, j'arrive !... Bon, explique-moi le pro- " S'éleva une voix aigüe, à l'approche de son royal propriétaire.

" Oooh, pitié... Vous n'êtes pas de ces contrées, n'est-ce pas ? Sauvez-là et emmenez-la loin d'ici ! Je vous en supplie... Ils l'accusent, de tout ce grabuge, je ne peux plus rien faire pour l'aider, j'ai échoué... " Le coupa Nicolas Cooper, puisant dans ses dernières forces, comme animé d'un espoir fugace.

La scène était intense, les villageois brandissaient leurs instruments, à la vue du feu nouvellement créé... De lugubres encouragements, qui n'avaient pas de quoi ravir les arrivants... La folie s'emparait allègrement de la foule, comme hantée par un spectre de la haine. Ils avaient perdu leur vie paisible et bientôt, le monde tout entier... La spirale de la violence était devenue incontrôlable, tant la finitude des évènements était bien établie et à présent si distinguable... C'était terminé. Laharl fermait les yeux et croisait les bras, paraissant songeur, alors que Volvix restait subjugué, devant les significations d'une aussi intimidante révolte...

Soudain, ré-adoptant la vue et visiblement perturbé par un élément frappant, qu'il avait probablement dû omettre, la colérique altesse se retourna, en direction de la pauvre enfant, toujours en proie à l'impétuosité de son destin vraisemblable.


" Attends. C'est TOI la cause de tout ça ?! Mais, mais c'est... Mais c'est nul ! Moi je m'attendais à quelque chose d'immense, d'horrifiant ! Pas à une fillette !... C'est quoi cette arnaque ?! Merde, c'est pas comme ça qu'on va réussir à intimider nos opposants !... J'avais même pensé à des appellations po-... Non, c'est pas si mal, en fait... C'est même intéressant... Certes, pas d'intimidation, mais pour la surpr- " Continua le futur suzerain, néanmoins contraint, une fois de plus, de céder la parole.

" Maître ! L'instant est plutôt peu convenant, pour ces réflexions, il faut faire quelque chose ! On ne peut pas la laisser ainsi... " S'exclama le fidèle guitariste, pointant du doigt le fléau ravageur.

" Ah, oui... C'est vrai... Soit. On l'embarque quand même. Je m'occupe de mon élément... toi, va la détacher et prend son bordel, t'en seras responsable. "

Sitôt énoncé, sitôt entamé, sa majesté s'évertua donc à la tâche... claquant des doigts, avant de commander une redirection à la fournaise. Celle-ci parut alors se concentrer en un point, puis débuter une ascension particulière, tel un ruban flottant dans l'air. Le simili, détachant la jeune demoiselle, et le feu, tournoyant maintenant autour de son manipulateur, la population locale s'insurgea de plus belle ! Rancuniers, mais emplis d'effrois, de part la sorcellerie qu'une telle maîtrise démontrait... l'une des personnalités présentes osa, cependant, s'avancer et formuler une question des plus risquées, envers l'avéré utilisateur de magie...

" Mais, comment ?!... Qui êtes-vous donc réellement, pour commettre une telle infamie ?! "

" Qui je suis ?!... " Reprit le concerné, faussement consterné.

" Non, mon seigneur, surtout n- "

" Je suis le grand Laharl Valhalla !... Le prince des Démons ! Et bientôt le grand monarque, qui règnera sur tous les mondes !... Soyez prêts pour mon règne prochain et absolu ! Haaahahahahahah ! "

" ... "

" ... "

" ... "

" ... "

" ... "

" Mmh... "

" DAAAAAH ! MAIS ILS SONT COMPLÉTEMENT TARÉS, DANS C'BLED PAUMÉÉÉ ! " S'écriait présentement Laharl, courant pour sa vie.

" Haa, haa... Si seulement vous m'aviez laissé, vous prévenir... Haa, mon bon prince... " Lui rétorqua, difficilement, Volvix, devant suivre la cadence avec la petite recrue sur le dos.

Derrière eux, la cohue les poursuivait énergiquement... Il fallait avouer qu'une telle présentation était extrêmement risqué, sachant que le christianisme représentait la religion phare de la région... Si les circonstances n'avaient pas arboré un côté dramatique, sans doute amusant aurait-il été d'imaginer une traque à la Benny Hills. Mais, en l'occurrence, une fourche venant de se planter à quelques centimètres des pieds du jeune souverain, l'heure n'était vraiment pas à la plaisanterie...


" Satan, on aura ta peau ! "

Le manège dura encore de longues minutes, pendant lesquelles 2 des 3 compagnons s'épuisèrent jusqu'à la moelle, cheveux et vêtements constamment au gré du vent... semant progressivement leurs agresseurs.

Fatigués de tout ce chemin parcouru, ils se tinrent finalement les genoux, se sachant, momentanément, en sureté. Tous deux savaient qu'il s'agissait du moment idéal pour préparer le portail, afin d'explorer de nouveaux horizons... Le rockeur du groupe décida alors de déposer délicatement sa charge humanoïde, qui se remit donc debout, scrutant ses sauveurs, sans aucune émotion perceptible.


" Mais allez, apparait ! Saleté de passage ! "

Après quelques essais infructueux, Laharl dû se résoudre, sous les regards insistants, à ravaler sa fierté injustifiée... appelant enfin, à la rescousse, son sans-coeur domestique. Le Prince boudait d'avoir dû quémander, ou disons ordonner, l'aide d'un être aussi faible... bien que celle-ci se révèlerait bientôt salvatrice. Ainsi le vortex ténébreux se modelait, peu à peu, laissant croire à la promesse d'une sérénité à venir...

" Tu viens ?... Ah, au fait, pardonne nos manières... Pouvons-nous te demander ton nom ? Je suis Volvix. Et lui, c'est Laharl. Nous prendrons soin de toi, sois-en rassurée. " Interrogea la chevelure blonde, d'un sourire sincère, à l'égard de sa récente équipière.


La mentionnée avait ses yeux rivés sur les désagréments qu'elle avait causés, à cet endroit... multipliant les erreurs critiques, jusqu'à la proche et regrettable fatalité, qui le ferait s'effondrer sur lui-même... L'immense Lune rouge dans son dos, l'innocente petite fille ramena un peu sa tête vers sa nuque, regardant maintenant son interlocuteur, situé à sa droite, crâne en diagonale. Les apparences étaient parfois trompeuses... comme la surface d'un iceberg pouvait ne représenter qu'une goutte de sa terrifiante immensité immergée.

La déconcertante histoire du Prince déchu... La triste expérience de son plus fidèle vassal... La dramatique aventure de la Discordian... Tout se rejoignait ici, en une ultime épopée, préparant les bases d'un futur incertain, concernant le destin de la céleste structure.


" ... Ludivine... étais-tu vraiment, une sorcière ?... Dis-moi... ne suis-je donc, qu'une mauvaise graine ? Ais-je arrosé, la mauvaise herbe ?... Serait-il possible, qu'elle soit responsable... d'avoir engendré un "

" ... Ekko... "


Test-Rp
Nooon, pitié ! x'D Je suis mort. J'en peux plus, laissez-moi dormir... xD

Plus sérieusement. Etant donné que la totalité de mon histoire représente un gigantesque RP, suis-je vraiment encore obligé de faire un test ? x')

Ou, est-ce possible de mettre le chapitre 4 à cette place ? Il ne s'agit certes pas du meilleur, mais je le pense satisfaisant pour cette fonction. =o

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Sarken Cekatres
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MessageSujet: Re: L'avènement du surpuissant Prince (déchu) des Démons ! ._.   Dim 9 Aoû - 15:39

Bonjour. Alors tout d'abord, excuse moi du retard pour venir commenter ta fiche.

Ensuite, outre sa longueur quasi effroyable et la couleur de narration un peu perturbante, elle est plutôt sympathique.
m'attendant à un copié coller de l'histoire de Disgaea, j'ai été plutôt surpris dans le bon sens de voir que tu faisais que t'en inspirer en partie, sans plus.

Bref, je n'ai pratiquement aucune objection à la fiche, si ce n'est qu'au final je vois mal rentrer tes perso chez les Justes.

Laharl est peut-être un prince déchu mais c'est un peu 100% sa faute, on est loin d'une fatalité.
Pour Volvix, une simple amnésie n'a pas vraiment de lien non plus direct sur une "vie de malchance". Et même si l'amnésie est quelque chose de malheureux, qui ne peut pas toujours se guérir, ça n'a jamais empêché personne de vivre heureux x').
Peut-être Ekko à la limite, et encore, c'est dur à dire si elle pourrait être Juste.

Bref, je te proposerai donc plutôt d'être dans le simple groupe Voyageurs.
Si ça ne te dérange pas, tu es donc validé!

Bref, bienvenue sur le forum!

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Laharl Valhalla
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MessageSujet: Re: L'avènement du surpuissant Prince (déchu) des Démons ! ._.   Lun 10 Aoû - 13:36

Merci pour la validation ! =)

En fait, j'avais premièrement défini les couleurs, sur base du fond mauve du forum. Ce qui explique la petite difficulté, pour la teinte de la narration et de Volvix... x')

Pour l'histoire, j'avais justement peur de trop m'inspirer de Disgaea, si je venais à y jouer, avant la concrétisation du premier chapitre. J'ai donc commencé le jeu à mi-chemin et, déjà, je remarque une foule de différences. Ca me rassure aussi, à vrai dire. xD

Pour finir, je vais revenir sur le pourquoi de mon essai, en tant que Justes. Pour commencer, je comprend le refus et, même avec les arguments que je vais énoncer, je comprendrais tout à fait le campement sur la décision, mais je voulais quand même tenter, au cas où ce serait suffisant. x)

En fait, pour Laharl, je ne partais pas uniquement sur le fait qu'il soit déshérité et ignoré, voire même évité par pratiquement tout le monde, presque depuis sa naissance. ( certes, on peut comprendre, bien que toute son insolence n'est pas injustifiée. ) Mais aussi sur celui que son monde commençait à se faire envahir par les sans-coeurs. Et on sait tous que ça commence par des ombres... Mais c'est implicite et incertain, je l'accorde. Surtout que ça ne le touche pas vraiment personnellement.

En ce qui concerne Volvix... c'est évident qu'il n'a pas eu une vie pourrie, tout du long, même si la disparition d'un proche, couplé à son statut oppressé, l'a plongé en dépression, avant de perdre la mémoire. Après, le fait qu'il soit un Simili explique son absence partielle de souvenirs. Et si il est devenu ainsi, c'est probablement que les sans-coeurs ont également envahis son monde et l'ont fauché, par la même occasion. ( la disparition de son proche est peut-être liée, qui sait )

Enfin, pour Ekko, C'est effectivement délicat, puisque qu'elle a une relation avec Abnegatio et lui obéirait certainement, mais n'est peut-être pas assez consciente pour décider, d'elle-même, de l'aider. Malgré cela, ça me semblerait logique que ce chef des Discordians considère ses subalternes comme devant, si possible et de base, être sauvés et intégrés dans son monde, une fois leur rôle accompli. De même que Laharl et Volvix aident également à la propagation des Discordians, en permettant à la jeune fille de changer de monde avec eux. C'est sûr qu'ils ne le font pas exprès, mais sans eux, Abnegatio aurait pu perdre un atout significatif, pour son combat. En plus, ils la protègent des dangers, une chance. On pourrait comprendre qu'il leur soit reconnaissant.

Quoi qu'il en soit, je trouvais amusant de faire voyager un antagoniste avec des protagonistes, sans que ces derniers puissent avoir conscience qu'ils sèment le chaos, sur les mondes qu'ils ont pourtant pour ambition future de diriger. ( mais c'est peut-être aussi ce qui bloque, pour me faire passer en juste. Voyageur me conviendra donc très bien, si la première possibilité gêne toujours. J'éditerai en conséquence de la décision finale. x) )

Voilà, c'est tout ce que je voulais dire. Désolé pour la rallonge. =3

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MessageSujet: Re: L'avènement du surpuissant Prince (déchu) des Démons ! ._.   Ven 11 Sep - 23:17

Hey ^^
Alors, je vais aller dans le sens de Sarken, a  première vu il n'y a pas vraiment de raison qu'Abnegatio ait  posé les yeux et  ait décidé de protégé les trois comparses, à part peut-être la petite dernière. Mais cela ne représente qu'un personnage sur trois, et un PNJ  pour le coup.

On va commencer par te donner un statut de voyageur, mais il n'est pas exclut qu'Abnegatio vous fasse passer dans le camp des Justes si tu le rencontres et arrive a être convainquant en rp.

Bon jeu Smile
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MessageSujet: Re: L'avènement du surpuissant Prince (déchu) des Démons ! ._.   Aujourd'hui à 21:04

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L'avènement du surpuissant Prince (déchu) des Démons ! ._.
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