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 L'âme meurtrie (Libre)

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Eren Illyrio



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MessageSujet: L'âme meurtrie (Libre)   Sam 29 Aoû - 2:06

Eren suivait le chemin de lumière depuis quelques secondes à peine lorsqu'il sentit une présence se concentrer dans son dos. Il se retourna précipitamment et découvrit la même créature faîte d'ombre que dans son rêve, sans doute celle que Valerya avait nommée sans-coeur. Toutefois, à l'inverse de Kurokami qui semblait conscient, celui-ci se mouvait de façon étrange et désordonnée. Tandis qu'Eren le scrutait, la créature prit de l'élan et sauta dans sa direction, toutes griffes dehors. Le prince eut tout juste le temps de se jeter sur le côté pour éviter un coup trop violent mais les griffes l'atteignirent dans son épaule, le déséquilibrant avant de le faire chuter sur ce chemin de lumière. Une partie de son habit fut arraché sur le coup et du sang s'écoula le long de son bras jusqu'à sa main. L'entaille était assez profonde mais pas assez pour l'empêcher de se battre.

Il dégaina son épée, ne quittant pas sa cible de vue, analysant chaque mouvement qu'elle faisait afin d'en assimiler les moindres signes d'une attaque à venir. L'obscurité ambiante ne rendait pas la chose facile mais Eren parvenait tout de même à se concentrer, prêt à se venger dès qu'il en aurait l'opportunité. Le sans-coeur retenta une nouvelle attaque sauté mais cette fois le prince l'attendait et il put l'accueillir d'un coup d'épée tout en vrillant dans un saut. L'ennemi disparu instantanément dans un nuage obscur.

Eren ne rangea pourtant pas sa lame, comprenant que le chemin ne serai pas aussi sûr qu'il avait put l'espérer. Son sang maculait sa main et son épée, de son autre main il fit alors pression tout en avançant. Il devait rejoindre la sortie coûte que coûte mais il se sentait déjà poursuivit. Il se risqua à un coup d'oeil en arrière, ce qui lui sauva la vie car il vit de justesse la griffe qui allait l'atteindre à la tête. Il s'agenouilla et planta son épée vers le haut, dans son attaquant qui passait au-dessus de lui. Il accompagna le corps jusqu'au sol où il disparu. Il sentait la fatigue des derniers combats s'accumuler petit à petit.

Deux nouveaux sans-coeurs apparurent quelques mètres seulement plus loin, face à lui. Le premier s'approcha et tenta un coup de griffe relativement prévisible qu'Eren repoussa de sa lame sans réel souci hormis sa plaie à l'épaule commençant à se faire sentir sérieusement. Le deuxième en profita pour imiter le premier, s'approchant avant de projeter une main griffu vers le prince. Celui-ci la bloqua avant de la repousser vers la droite, releva la lame pour couper la main du sans-coeur avant de faire un arc de cercle pour emporter les deux têtes à la fois, les faisant disparaître dans un nuage noir. Il se risqua à nouveau à regarder en arrière et vit des dizaines de yeux jaune luisant dans l'obscurité et s'approchant rapidement. La fatigue du prince se voyait, il haletait et sentait ses forces le lâcher peu à peu. Continuer à combattre allait le conduire à la mort, il décida alors de puiser dans ses dernières forces pour courir sur ce chemin.

Se tenant le bras il courut le plus rapidement qu'il put, fixant son objectif des yeux tandis qu'il se rapprochait. Dans son dos il entendait ses poursuivants le prendre en chasse. Certains mêmes apparaissaient devant Eren, l'obligeant à les contourner et, plus rarement, à les éviter. Au loin il crut commencer à discerner une porte. Ses jambes menaçaient de lâcher pourtant l'énergie du désespoir le fit tenir encore et encore. Son épée pendait au bout de son bras meurtri, serrait le plus possible dans une main que la fatigue rendait beaucoup moins assurée. Enfin il découvrit que la porte ressemblait plutôt à une portail ouvert d'où s'échappait de la lumière. Une énorme masse noire en bloqua alors l'entrée, prête à cueillir Eren lorsqu'il s'approcherait. Il ne ralentit pourtant pas, fixant ce qui semblait ressemblait à un humain géant. L'adversaire leva une énorme main avant de l'abattre là où devait se trouver le prince pourtant celui-ci avait eu la présence d'esprit de plonger, traversant ainsi le portail et évitant le coup. Il atterri lourdement au sol, roulant sur quelques mètres avant de regarder en arrière. Il vit alors le portail se refermer sur l'obscurité, le laissant dans ce nouvel endroit qu'il ne connaissait pas.

Son épaule déchiquetée et son corps meurtri le faisait souffrir. Il se mit sur le dos et ce laissa aller au repos tout en observant le ciel. C'était la nuit, une nuit constellée d'étoile et éclairé par une lune descendante. Dans d'autres circonstances, Eren aurait beaucoup aimé observer ce ciel en pensant à son ancienne vie et surtout à Milly mais en ce moment ses yeux étaient simplement dans le vague. Il peinait à retrouver son souffle dans cette position, il se tira donc contre le mur le plus proche afin de s'y adosser. C'était tout ce qu'il pouvait faire avec le peu de force qui lui restait, il ne pouvait plus bouger un muscle. De fatigue son corps était agité de tremblement, ou bien était-il en état de choc, il n'aurait pas sut le dire. Il regarda autour de lui et découvrit qu'il se trouvait dans une petite ruelle formant une impasse juste à côté de lui. Au loin il entendait vaguement des sons laissant supposer qu'il y avait une ville ou au moins des personnes vivantes. Méfiant, mais surtout épuisé, il laissa tomber sans lame à côté de lui à cause du manque de force dans sa poigne. Il jaugea la trace de sang qu'il laissait au sol, plutôt conséquente, mais ne put rien en dire car il s'évanouie dans l'instant. A quand remontait sa dernière nuit de sommeil... Il en avait plus aucune idée...
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Oz Bezarius



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MessageSujet: Re: L'âme meurtrie (Libre)   Dim 30 Aoû - 16:59

Oz, son Alice, ainsi qu'un minuscule fragment du Pays des Merveilles, plongèrent dans l'Abysse. L'artefact, juché sur son petit lopin de terre rescapée, se mit immédiatement à vibrer, vrombir, et dégager une lueur dorée, sans qu'aucun effet visible ne vienne accompagner cet état. Proche du livre, se tenait Alysse, une main posée sur l'objet, et l'autre sur son propre cœur. Les yeux clos, elle semblait plongée dans une profonde méditation, et irradiait, elle-aussi, la même lueur dorée que l'artefact, quoi que de plus faible intensité.

Quelques secondes s'écoulèrent avant que la volonté d'Abysse ne rouvre les yeux, lâchant le livre par la même occasion. Puis, regardant Alice et Oz, la dame des tréfonds prit la parole:

"Je ne puis rien faire de plus. Ce confetti de terre est tout ce qu'il reste du Pays des Merveilles, qui, j'en suis intimement convaincue, est directement relié à notre monde, par je ne sais quel procédé. Vous-même avez-vous pu remarquer les nombreuses similitudes et parallèles entre ces deux mondes, mais il y a de surcroît un nouvel élément dont vous devez être informés... Quoi qu'il soit arrivé au Pays des Merveilles, notre monde l'a suivi. Seule subsiste l'Abysse et ses dimensions, mais le monde réel à, lui, totalement disparu, et je pense que si ce dernier petit bout du Pays des Merveilles venait à disparaître, alors l'Abysse, elle aussi, cesserait d'exister."

Oz blêmit. Ada, Gil'... disparus ? Leverru, les maisons ducales... disparues ?
Sous le choc, le jeune homme défaillit, et chu séant, sous les yeux effarés des jumelles, qui prirent peine à son égard, de le transporter jusqu'aux appartements d'Alysse afin d'y aliter le jeune homme, drapé de son inconscience. Puis, devant l'insistance de sa sœur, la compagne du jeune homme se résigna à prendre quelque repos aussi, afin de laver la fatigue des derniers évènements.

Il n'y avait ni nuit ni jour en Abysse, et Oz, lorsqu'il revînt à lui, ne su évaluer le temps qui s'était écoulé depuis sa perte de conscience. Près de lui, dans le lit au sein duquel il avait été conduit, se reposait Alice, sa douce. Son visage se parait d'une expression de douceur qu'il ne lui connaissait que durant son sommeil, et qu'il ne se lassait pas d'observer. Pourtant, même ce spectacle, qui lui était d'accoutumée si agréable, ne lui apportait guère réconfort. Ada, et tous ceux qu'il connaissait, amis comme ennemis... disparus, tous.

Un mouvement après l'autre, la jeune fille commençait à sortir de son sommeil. Ouvrant timidement une paupière, elle darda immédiatement un regard curieux sur le seul objet de son attention; Oz. Voyant alors que celui-ci était éveillé, et semblait aller à peu près bien, la demoiselle se fendit d'un petit sourire, avant de se redresser pour déposer un tendre baiser matinal sur la joue de son amant. Ce n'est qu'à cet instant qu'Alice remarqua sa sœur, assise sur une chaise non loin du lit, affairée à veiller sur eux. Avait-elle veillé tout leur sommeil durant ?

La volonté d'Abysse prit la parole alors que les deux tourtereaux s'extrayaient de leur couche:

"Oz, Ada et les tiens ne sont pas morts. D'après ce que je sais, ce n'est pas la première fois qu'un monde s'effondre de la sorte. Toujours d'après ce que j'ai appris, dans les cas précédents, la majorité des habitants du monde disparu, ont fini par échouer dans un monde étrange, composé d'une seule et unique ville, nommé Ville de Traverse."

Le visage d'Oz s'illumina sur le chant, lorsque retentit à ses oreille l'écho de cette déclaration. Le visage empreint d'une résolution dont l'inébranlabilité resplendissait, le jeune homme se redressa, et, se tournant vers Alice, déclara:

"Je pars immédiatement pour cette ville. Il n'est pas utile que tu t'embêtes à effectuer ce trajet avec moi, repose-toi, je reviendrai vite."

Mais la rétorque de l'adolescente ne se fit pas attendre.

"Ma sœur dit que les gens expulsés d'un monde à sa destruction, se retrouvent dans cette ville. Le monde où nous nous trouvions a été détruit. Où crois-tu qu'ont fini les différents participants de la scène finale ? On peut déjà parler des deux colosses enragés, et de l'autre catin autres ses minauderies. Voici trois bonnes raisons pour que je t'accompagne. On y va tous les deux, ou je t'assomme et te ligote, et on reste là tous les deux. Alors ?"

Oz restait sans voix devant la rodomontade de sa bien-aimée, ce qui permit à Alysse de s'emparer du tour de parole:

"De plus, si le livre que nous avons récupéré est essentiel à la survie du Pays des Merveilles, l'autre fille, Alice Liddle, semble en être le cœur. Si nous voulons sauver notre monde, nous devons sauver le Pays des Merveilles. Et ceci ne se fera pas sans cette Alice, qui, je le pense, à très certainement dû finir, elle-aussi, dans cette fameuse Ville de Traverse. Vous irez donc tous les deux là-bas, et chercherez toute cette joyeuse bande !"

Alors qu'elle prononçait ces derniers mots, la Dame des Tréfonds fit un geste qui vit s'ouvrir un portail, dont les jeunes gens devinèrent qu'il menait de l'Abysse vers leur destination, la Ville de Traverse. C'est en se tenant la main, et sans un mot, que les deux adolescents prirent congé de la volonté d'Abysse, et s'en allèrent vers l'inconnu.

Ainsi débarquèrent-t-ils au beau milieu d'une place éclairée par moult lampadaires, offrant de quoi s'assoir au passant las, par l'intermédiaire de quelques bancs. Tout autour de ladite place se tenaient nombre de bâtiments, constitués tout autant de maisons, que d'échoppes, et même d'un bistrot. L'architecture générale de l'ensemble n'était pas sans rappeler Leverru, ce qui mit un petit pincement au cœur du jeune Bezarius.

"Oz..."

Tiré de son oisiveté pensive par la voix d'Alice, le jeune homme regarda dans la direction que lui indiquait un doigt tendu par sa bien-aimée. Ci-gisait sur le sol un jeune homme, étalé de tout son long, et on devinait à la lueur de l'éclairage alentour, que l'individu perdait du sang. Oz se précipita en direction du personnage. Une fois sur place, il se rendit compte qu'il avait déjà entre-aperçut ce jeune homme, au sein de la clairière, peu avant la disparition du Pays des Merveilles. La volonté d'Abysse ne s'était donc certainement pas trompé, les victimes des mondes disparus se retrouvaient dont bel et bien en ce lieu, ce qui finit d'otter tout doute de l'esprit du noble, quant à la survie de sa sœur adorée.

Après avoir installé le blessé sur un banc, Oz entreprit d'examiner sa blessure. Ecartant délicatement les lambeaux du vêtement déchiré, le nobliau se rendit vite compte que la blessure, bien qu'ayant abondamment saigné, n'était guère profonde, et ne représentait aucun danger pour son patient improvisé. Toutefois, une telle plaie laisserait sans nul doute une cicatrice, qui n'irait pas sans douleur avant un bon moment. Fort de ces constatations, Oz déduit que l'inconscience du personnage était sans doute due à un excès de fatigue ou de stress, bien plus qu'à sa blessure.

"Alice, peux-tu le surveiller pendant que je vais lui chercher un remontant au café qu'on voit là-bas ?
_J'ai une meilleure idée !", répondit alors la jeune fille en décrochant une grosse claque en plein dans la figure du pauvre homme inconscient...

"Tu vois ? T'as même pas eu besoin d'aller chercher quoi que ce soit, il se réveille déjà !!"

En effet, le jeune homme commençait déjà à ouvrir les yeux...
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Eren Illyrio



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MessageSujet: Re: L'âme meurtrie (Libre)   Lun 31 Aoû - 18:45

Eren ne se senti même pas perdre connaissance. Il glissa tout simplement dans les limbes, incapable de résister. Après ça ce fut le trou noir. Il ne rêva pas, il ne fit pas de cauchemar, c'était simplement le vide. Combien de temps s'écoula entre le moment où il perdit connaissance et le moment où il se réveilla, il ne sut le dire. Ce qui était sûr toutefois c'est que le réveil fut brutal car, sans attendre aucunement à une attaque, il sentit une main heurter son visage avec violence, le rappelant à la dure réalité.

Il papillota trois ou quatre fois, ne distinguant pas s'il s'agissait d'un rêve ou de la réalité puis découvrit le ciel étoilé devant son visage. Toutefois en premier plan, il vit deux jeunes personnes, un garçon et une fille dont les visages lui était totalement inconnu. Il se douta alors que l'un d'entre eux venait de le frapper et décida alors de réagir. D'un geste vif comme l'éclair, il saisit la personne la plus proche de lui, la fillette. Il l'attrapa par le collet de sa main gauche et tenta de sortir son arme. Sa main se referma alors sur du vide, l'étui de l'épée étant désespérément vide. Il ne lui restait plus qu'un arc et un carquois vide. Sa poigne se fit alors plus ferme de sa main gauche, rapprochant la gamine de son visage. Il rugit alors :

-Où est mon épée ?! Et qui est-tu gamine !?

Son regard se tourna alors vers l'autre jeune qui les observait. C'était un petit blondinet au cheveux dans tous les sens. Le prince comprit alors une chose : Ces deux là n'étaient en rien des combattants et encore moins des ennemis au vu de leur apparence. Il observa alors la fillette avant de relâcher sa prise.

Il observa alors l'endroit où il se trouvait, un simple banc en bois sous les lumières de la ville. Au vue de la position de la lune, il jugea que peu de temps s'était écoulé depuis qu'il eut perdu connaissance. Il regarda alors son état et découvrit son épaule, bien que légèrement lacérée, en plutôt bon état. Il aurait mal quelques temps mais ça aurait pu être bien pire. Se remémorant s'être endormi à même le sol, il comprit que les deux jeunes, en plus de ne pas avoir d'attention belliqueuse, avaient voulu le soigner ou l'aider.
Il songea alors à ce qui l'avait conduit ici, dans cette ville qu'il ne connaissait pas. Le monde de la princesse s'était brisé en milles morceaux, il avait été envoyé dans un monde de ténèbres mais surtout avait perdu, dans cet échec, la personne qu'il voulait protéger. Il se demanda ou pouvait bien se trouver Valerya à ce moment. Il ne doutait pas de sa survie au vue de sa force mais aurait voulu la protéger et l'aider dans sa quête.

Il se releva sur ses deux jambes, encore vacillante de fatigue, et commença à étirer ses bras. Il regarda autour de lui et ne mit que peu de temps à retrouver l'endroit où il se trouvait avant de s'évanouir grâce au sang au sol. Il observa l'endroit où s'était trouvait le portail vers le monde des ténèbres et se retourna vers les deux gamins :

-Vous n'auriez pas vu passer une rousse plutôt jolie ou bien une chose toute noir qui parle par hasard ?
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Oz Bezarius



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MessageSujet: Re: L'âme meurtrie (Libre)   Mar 1 Sep - 2:48

Le jeune homme sortit prestement de son inconscience, aidé en cela par les méthodes assez directes d'Alice. Visiblement coutumier des situations d'affrontement, l'homme, toujours allongé, eut pour première réaction de porter la main à sa ceinture. La consternation qui se peignit sur son visage n'échappa nullement au jeune couple, qui eut pour réflexe immédiat de reculer d'un bon pas. Alice, cependant, n'avait pas été assez rapide, et c'est aussi vive qu'un éclair qu'une main la saisit au bras, la ramenant de force vers l'individu blessé, qui s'était, pour le coup, redressé avant que la jeune fille ne puisse esquisser quelque mouvement pour se défaire de l'étreinte.

"Où est mon épée ?! Et qui est-tu gamine !?"

A manière de rustre, attitude de garce, et c'est d'une seconde gifle dans la figure qu'Alice répondit à la question. Lâchant prise, l'individu se mit alors à observer ce qui l'entourait, semblant chercher quelque chose du regard. Oz, lui, fixait l'inconnu sans dire mot, tentant discrètement de se rapprocher d'Alice. Après tout, ils ne connaissaient pas cet homme, et peut-être était-il dangereux... Peut-être pas. Dans le doute, Oz ne pouvait se résigner à abandonner un homme blessé, et probablement perdu. D'un autre côté, il se devait de se tenir prêt à protéger Alice en cas de besoin...

A n'en pas douter, le personnage remarqua la tension d'Oz, puisque son comportement vira radicalement.
Après un petit instant de silence, le mystérieux inconnu se releva tant bien que mal, et, encore quelque peu chancelant, posa une nouvelle question, à l'adresse cette fois-ci, de ses deux interlocuteurs:

"Vous n'auriez pas vu passer une rousse plutôt jolie ou bien une chose toute noir qui parle par hasard ?"

A ces mots, Alice donna un petit coup de coude complice à Oz, et lui dit à voix basse, en faisant une moue taquine:

"Ce type à laissé la moitié de son sang sur le pavé, et à peine réveillé, il pense déjà à ça ?" Puis, en pointant une direction du doigt, elle s'adressa à l'inconnu, alors qu'Oz devenait aussi rouge qu'une pivoine: "Tu devrais pouvoir trouver ça dans une des ruelles sombres qu'on voit là-bas !"

Oz prit pour la première fois la parole, changeant étrangement de sujet, et, plutôt que de répondre à la question posée par l'étranger, choisit de lui en poser une autre:

"Etait-elle dans la clairière ? Si c'est le cas, alors il est fort probable qu'elle ait, elle aussi, échoué dans cette ville. Nous recherchons également certaines personnes qui devraient se trouver dans les murs de cette cité. Peut-être tomberons-nous sur la femme que vous cherchez au détour d'une ruelle !"

Oz finit sa tirade avec un sourire non feint au visage. En effet, tout dans son comportement, depuis son réveil hagard, jusqu'à ses regards allant de droite et de gauche en quête de quelque point de repère, l'excluais, aux yeux d'Oz, de la catégorie des sociopathes, psychopathes et autres dangereux prédateurs, ce qui poussait le jeune noble, sinon à faire équipe, à proposer son aide à cette personne, le temps qu'elle se requinque un peu.

Soudain, la folle femelle décampa, comme avec la mort aux trousses, en direction de la cariole d'un marchant ambulant qui venait de faire son apparition à l'autre bout de la place. Elle était déjà pas mal éloignée lorsque, tournant la tête par-dessus son épaule, elle brailla à l'attention de son précieux blondinet en désignant le vendeur:

"Oz, regarde ! Peut-être qu'il aura des nikuman !!"

Ce à quoi le garçon répondit en lui emboîtant le pas, non sans avoir lancé une dernière invitation à l'égard de son patient d'un jour:

"Allons manger ! Il sera toujours temps de décider que faire après cela !!"
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Eren Illyrio



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MessageSujet: Re: L'âme meurtrie (Libre)   Mar 1 Sep - 11:33

A l'intérieur de l'impasse où Eren avait débarqué gisait des traces de sang. Il était au moins sûr d'une chose : C'était ici qu'il s'était évanouie. Son regard chercha dans les moindres recoins mais rien n'y fit. Dans la lumière du lampadaire, il ne discernait pas la forme de son épée. Il était dans une ville inconnue, sans doute dans un monde inconnu, en compagnie de deux gamins, sans doute non hostile, mais totalement inconnu et pour couronner le tout il était totalement désarmé. Combien, dans son royaume, l'aurait moqué dans son royaume pour ce genre de chose.

Lorsqu'Eren posa la question concernant Valerya et Parasite Kurokami, il ne s'attendait aucunement à pouvoir être aidé par les deux jeunes qui lui servait de compagnie pourtant la fillette se pencha d'abord vers le blondinet puis lui indiqua un endroit où il pourrait trouver ce qu'il cherche. Erin fixa cette direction mais n'entrevit rien qui ressemblait à ses compagnons. Le jeune prit alors la parole, changeant de sujet :

"Etait-elle dans la clairière ? Si c'est le cas, alors il est fort probable qu'elle ait, elle aussi, échoué dans cette ville. Nous recherchons également certaines personnes qui devraient se trouver dans les murs de cette cité. Peut-être tomberons-nous sur la femme que vous cherchez au détour d'une ruelle !"

Le sujet de sa question eut un effet choc dans l'effet d'Eren. Non seulement le garçon semblait au courant pour le monde d'Alice et principalement pour ce qui s'était produit dans la clairière, mais il semblait aussi en connaître assez sur ce monde pour pouvoir l'aider.

"-Vous étiez aussi dans la clairière ? Vous aussi vous vous êtes fait aspirer par les ténèbres ?"

A l'évocation de ces évènements, une nouvelle question apparue dans son esprit. Lorsqu'ils étaient dans la clairière, de nombreux inconnus étaient arrivés dont des partisans de l'homme au masque comme la fille au cheveux noir. Aussitôt Eren commença à se méfier de ces deux jeunes qui pouvaient être des pions d'Abnegatio. Il préféra garder pour lui cette question en suspens, prêt à s'enfuir s'il le fallait.

Le garçon pourtant souriait en regardant Eren. S'il était un psychopathe ou un espion, il cachait drôlement bien son jeu. En réalité il n'avait vraiment rien d'un combattant, la fille légèrement plus que lui et encore. Eren se demanda alors l'intérêt de se méfier d'inconnus qu'il pourrait sans doute maîtriser...

Songeant d'ailleurs au deux jeunes, il remarqua l'absence de la fille. C'était l'heure qu'ils passent à l'attaque, elle venant par derrière ? Le prince chercha du coin de l'oeil où se trouvait la fille, tout en se mettant sur ses appuis.
En réalité celle-ci avait simplement vu la carriole d'un marchant et courait dans cette direction. Lorsqu'Eren s'en rendit compte, il relâcha la pression, soufflant un peu. Peut-être était-il trop méfiant après tout. Ces deux jeunes avaient voulu le soigner.
La jeune fille s'écria alors en direction du garçon qu'il vienne la rejoindre. Visiblement elle semblait enjouée à l'idée de trouver quelque chose, au nom inconnu pour Eren, dans cette carriole. Le blondinet se tourna alors vers le prince et lui proposa de manger pour l'instant avant de reprendre les recherches. Déjà il courait à son tour vers la carriole. Eren tenta de la stopper en s'exclamant :

"-Tu pense vraiment que j'ai l'air de quelqu'un qui a assez de sous pour manger !"

Pourtant, inconsciemment, Eren suivait déjà les deux jeunes. La fille se trouvait déjà auprès du vendeur et regardait déjà ce qu'il proposait. Le blondinet courait vers elle et Eren, lui, suivait en marchant, encore fatigué de tous ces combats. Il regardait, en même temps, de droite à gauche à la recherche d'un forgeron ou d'un marchant capable de lui proposer une arme en échange d'un service. Dans le pire des cas il volerait l'arme en question, ce ne serait pas la première fois qu'il aurait recours à ces méthodes. Pourtant il ne vit rien qui ressemblait de près ou de loin à ce qu'il cherchait.

Il arriva finalement chez le marchand. Il observa ce qu'il vendait mais à moins de vouloir lancer des sortes de boulettes sur ses ennemis, rien ne pouvait être utile à Eren. Il alla rejoindre les deux jeunes et leur posa une nouvelle question :

"-Vous avez l'air de bien connaître la ville, vous connaissez une marchand d'armes par ici ? Quitte à avoir des ennuis je préfèrerais être équipé... "
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Oz Bezarius



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MessageSujet: Re: L'âme meurtrie (Libre)   Mer 2 Sep - 12:02

"Vous étiez aussi dans la clairière ? Vous aussi vous vous êtes fait aspirer par les ténèbres ?"

L'inconnu était visiblement quelque peu décontenancé d'apprendre qu'Oz et Alice arrivaient du même endroit que lui. Malheureusement pour lui, il n'obtint jamais réponse à sa question, Oz s'était déjà précipité à la poursuite d'Alice. Alors que le blondinet courait après sa dulcinée, l'homme blessé dit quelque chose qu'Oz ne put entendre, puis se lança lui-aussi dans cette course à la cariole.

Lorsque Oz arriva à la charrette du marchant, Alice avait déjà deux sachets remplis de victuailles dans les bras, et continuait à commander de la nourriture. En voyant son doux noble approcher, la jeune fille lui adressa la parole, sans même prendre le temps de vider sa bouche, dans laquelle elle avait déjà enfourner un gros morceau de pain fourré.

"Och, 'ega'e cha ! Cha à l'ai' t'op bon ! Et cha ! Et cha ! Monchieur, donnez-m'en trois comme cha. Ah et deux de cheux-là auchi !"

Alice ne changerait jamais, se disait Oz. Chaque fois qu'elle passait devant un étal de nourriture, elle en commandait quantité, et se refusait à comprendre qu'il faudrait ensuite payer... Et n'étant pas dans leur monde, les deux jeunes gens n'avaient le moindre sous en poche.

"Alice, rends donc tout ça à ce monsieur. Je te l'ai déjà dit mille fois, quand on prend des choses à un marchant, il faut les payer. Et nous n'avons pas d'argent."

La gloutonne marqua un petit instant de pause en réaction à la phrase d'Oz, puis, avalant d'une traite qu'elle avait dans la bouche, puis coupa net la parole au vendeur qui commençait à vouloir déclamer quelque protestation:

"Silence, toi. Je ne t'ai pas adressé la parole !
_Alice ! S'il te...
_Ok, ok, j'ai compris !" Puis, s'adressant au vendeur: "Puisque c'est ainsi, il semble que je te doive compensation en échange de ta nourriture. Très bien ! Loue tes ancêtres, et remercie ton destin pour ce jour, car aujourd'hui est le jour où je t'autorise à baiser mes pieds !!"

Alors qu'à ces mots, la demoiselle commence à délier l'un de ses souliers, le marchant, furieux, se lance dans une séries d'invectives, dont le raffut attire bientôt l'attention d'un membre de la maréchaussée passant non loin de là. Prenant les choses en mains, Oz se saisit alors du poignet de sa compagne pour l'entraîner dans une folle cavalcade, en direction d'une des petites ruelles bordant la grand place. Ce faisant, le nobliau adressa une nouvelle phrase à leur inconnu blessé:

"Par ici, vite !"
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Eren Illyrio



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MessageSujet: Re: L'âme meurtrie (Libre)   Jeu 3 Sep - 22:57

Eren était à peine arrivé chez le marchand que les deux jeunes semblaient déjà attirer l'attention sur eux. La fille tenait dans sa bouche un nombre impressionnant de boulettes que vendait le marchand et ressemblait à une sorte de Hamster ou d'écureuil. Vraisemblablement elle venait de goûter à à peu près tout sans toutefois avoir utilisé ses deniers. Le garçon, visiblement le sage de ce duo, tentait vainement de lui expliquer qu'il fallait désormais passer à la caisse.

Le marchand commença alors à montrer des signes d'agitation, voulant visiblement qu'on paye ce qui avait été englouti. La fillette avala alors le contenu de sa bouche avant de délier ses chausses. A ce moment il était clair que toute l'attention du vendeur était attiré par les deux jeunes. Découvrant cela Eren commença à laisser traîner ses mains, glissant quelques unes de ses boulettes qui, selon cette fillette, semblaient très bonnes sous son poncho. Au moins il aurait un petit quelque chose à se mettre sous la dent à défaut d'avoir une bonne nuit de sommeil.

Pendant ce temps la fille continua son cirque, prétendant qu'elle allait payer en laissant à l'homme l'immense honneur de lui baiser les pieds. Même pour Eren, qui pourtant venait d'un monde relativement en retard, cet honneur semblait quelques peu désuet au vue de tout ce qui se trouvait autour d'eux. Malheureusement pour eux, cette fille n'arriva qu'à mettre en rage le vendeur et attirer un "garde" passant dans le coin. Celui-ci accouru alors vers le marchand, souhaitant résoudre le conflit ou, dans le cas présent, coincer les voleurs.

Le gamin attrapa alors le poignet de son amie et l'entraîna vers les ruelles le plus rapidement qu'il puisse tout en lançant au prince :

"-Par ici, vite !"

Eren, pourtant, ne suivi pas immédiatement les deux jeunes. Il resta près du marchand, le temps que le garde se rapproche et, lorsqu'il fut à proximité, poussa une jeune femme qui regardait elle aussi le contenu de la carriole. Elle se retrouva alors sur la course du garde qui voulut l'éviter mais il était trop tard. Ils tombèrent tout deux en avant, pestant, tandis que le jeune prince prenait à son tour la fuite vers la ruelle. Il avait déjà une bonne avance lorsque le garde se releva et se mit en chasse. Toujours en course, Eren enleva son arme de son épaule, saisit l'une des boulettes récemment volée et l'arma sur la corde. Il se retourna alors vivement, tandis la corde, provoquant ainsi une violente douleur dans son épaule meurtrie, et la relâcha. La boulette fut propulsée à grande vitesse et vint s'écraser sur le visage du garde qui tomba en arrière. Eren songea même qu'il avait atteint les yeux, le laissant hors course pour pas mal de temps.

Il put ainsi emprunter la ruelle, cherchant du regard les deux petits jeunes qui venaient de lui fausser compagnie. Il se doutait toutefois que cette absence ne serait que de courte durée, la fille serait sans nulle doute attirée à un moment ou un autre par l'appel des boulettes qu'il transportait.
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Oz Bezarius



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MessageSujet: Re: L'âme meurtrie (Libre)   Dim 6 Sep - 2:01

Cachés sous un sombre porche, Oz et Alice attendaient que leur nouveau compagnon les rejoigne dans la ruelle, en scrutant attentivement que ce dernier ne soit aucunement suivi. Une fois certains que le danger n'était plus, les deux adolescents se manifestèrent alors au troisième larron de leur bande nouvellement formée, et l'ensemble de la troupe se mit en route au travers d'un dédale de ruelles tortueuses. Quelques minutes plus tard, les trois comparses déboulèrent dans une grand rue animée, dans laquelle un banc se prélassait sous un réverbère, en leur proposant son assise nonchalante.

Alice avait été assez vive pour conserver avec elle une poche de papier, remplie de confiseries, qu'elle partagea à contrecœur avec Oz et l'inconnu. Oz profita de cette légère accalmie afin d'engager les présentations, introduisant Alice par la même:

"Je me nomme Oz, Oz Bezarius. Et voici Alice, ma..." Le garçon rougit subitement. "...ma petite amie."

Ce repas frugal fut l'occasion pour le groupe de s'organiser en vue de la suite des évènements. De même, il se faisait tard, et c'est d'un commun accord que la priorité fut donnée à la recherche d'un lieu où passer la nuit à l'œil. Il serait alors temps, le lendemain, de se mettre en quête d'informations quant à la ville, sa structuration, ses lieux intéressants, et ses personnages notoires; tant d'informations qui permettraient, Oz l'espérait, d'avoir un point de départ pour leurs recherches.

La conversation bâtait son plein lorsque se plantèrent, devant les yeux ébahis d'Oz, le garde rencontré un peu plus tôt, avec, derrière lui, deux de ses semblables. Le représentant des forces de l'ordre semblait habité d'une colère qu'il peinait visiblement à contenir, et ses deux congénères n'avaient pas l'air de meilleure humeur.

"Nous vivions dans une grande demeure... Nous avions des servants... Père était négociant, et ses affaires fleurissaient. Mère s'occupait d'entretenir notre rang auprès des autres familles. Nous ne voyions que peu nos parents, mais notre gouvernante, Mathilde, était douce et bonne avec nous."

Oz avait pris la parole, le regard las, et le ton morose. Les trois gardes se regardèrent, curieux de savoir lequel d'entre eux passerait à l'action pour interrompre le monologue du jeune délinquant.
Ne semblant pas les remarquer, le garçon continua son récit, sa voix se teintant d'une touche de tristesse:

"Puis Père est tombé malade... Ce fut foudroyant... Il ne fallut que quelques semaines pour qu'il nous quitte. Sans lui, nous avons perdu notre situation; l'argent ne rentrait plus, et tout le monde nous tournait peu à peu le dos. Les dettes s'accumulant, il devenait impossible de payer les servants, qui nous quittaient les uns après les autres, dépouillant ce qu'il restait de nos bien en guise de paiement."

Les poings du jeune noble se serrèrent, alors que son récit se poursuivait, les gardes restant coi devant cette grandiloquence:

"Un jour, des gens sont venus à la maison. Ils voulaient emmener ma sœur." Il désigna Alice d'un regard. "Mère... Mère l'avait vendue, en échange de l'effacement d'une partie de nos dettes. Ils... Je ne pouvais les laisser l'emmener ! Mathilde s'est interposée, afin de nous protéger, mais... mais ils l'ont roué de coups. J'aurais aimé l'aider. Je voulais vraiment l'aider, mais je devais d'abord m'occuper de ma sœur. Alors je l'ai pris par la main, et nous avons couru. Nous nous sommes enfuis de la maison, puis de la région, où trop de monde nous reconnaissait. Depuis, nous n'avons pas d'argent... Pas de toit... Pas de vie."

Le garçon leva un regard empreint d'émotion en direction des trois gardes, puis conclut:

"Ce marchant... On ne voulait pas lui faire de mal. Mais... Mais... Elle avait tellement faim !"

Parmi les trois membres de la maréchaussée, les deux de la ligne arrière partirent d'un commun accord, laissant leur commanditaire seul face à la situation, alors que ce dernier, contre toute attente, certainement touché par le récit d'Oz, lui tendit une bourse contenant quelques munies -la monnaie locale. Ce faisant, ce défenseur de l'ordre, conseilla au groupe un petit hotel du quartier, où ils étaient censés pouvoir séjourner à moindre frais. Après quoi, il tourna les talons, et repartit en direction de son devoir.

Peu de temps après, les trois jeunes gens laissaient le banc derrière eux, et prenaient la direction du fameux hotel. Pour la première fois depuis le repas, Alice prit la parole:

"Oz... qu'est-ce que c'était que cette histoire ? Tu ne m'avais jamais parlé de ça !"

La question était pour le moins inattendue, et tellement idiote, qu'Oz ne put réprimer un fou-rire des plus joyeux, qui se répercutait sur les murs des maisons alentours, et revenait à ses oreilles à la manière d'un boomerang. Cet écho, bien que de faible volume, n'en finissait pas de se faire entendre, même lorsque le garçon eut fini de rire.

"C'est de la comédie, Alice. De la comédie ! J'ai assisté à bien des représentations dans ma vie, mais jamais je ne me serais douté que cela me devienne un jour si utile !"

Quelques minutes supplémentaires de marche les conduisirent ainsi devant l'entrée un petit hotel, situé au fin fond d'une sombre impasse. Le lieu n'inspirait guère confiance, et, une fois la porte passée, le malaise qu'avaient éprouvé Oz et Alice en voyant la devanture de l'établissement, fut renforcée par la présence, dans la pièce faisant office de hall d'entrée, de deux statues imposantes, représentant des anges à l'aspect des plus austères. La tenancière de l'établissement, une femme à la mine patibulaire, se présenta au bout de quelques instants pour accueillir la troupe, qui demanda rapidement une chambre unique, par souci d'économie.

Peu de temps après, Oz, Alice, et leur nouveau compagnon étaient installés dans une sordide chambre, proposant un unique lit pour deux personnes, et dans laquelle la tenancière avait accepté à contrecœur d'installer un matelas de fortune. Les deux garçons se refusant à laisser la fille prendre la couche de fortune, il fut communément décidé que les deux amants dormiraient ensemble dans le grand lit. Il ne leur fallut guère de temps pour sombrer dans un profond sommeil...
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Eren Illyrio



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MessageSujet: Re: L'âme meurtrie (Libre)   Lun 7 Sep - 1:41

Tout comme Eren s'en doutait, lorsqu'il s'engouffra dans la ruelle, les deux jeunes refirent surface. Ils invitèrent le prince à les suivre dans le dédale de ruelle qui s'offrait à eux. Le conduire dans des ruelles sombres, enfant ou pas Eren avait tous ses sens en alerte. Pourtant il ne se passa rien du tout. Ils continuèrent leur route jusqu'à un banc sous un réverbère. Les deux jeunes allèrent s'y asseoir sous le regard du prince déchu. "Nous revoilà à notre point de départ ou presque..."

Eren les rejoint finalement, fatigué des combats et des courses qu'il avait assuré ces derniers temps. Il s'assit en leur compagnie et sortit le reste des choses à manger qu'il lui restait du vol du marchand. La fille proposa quant à elle des bonbons provenant eux aussi d'un vol chez le même marchand. Sacré perte de revenu. Ils mangèrent au départ dans un silence pesant, Eren regardant autour de lui les lieux pouvant être intéressant mais rien ne parut digne d'intérêt. C'est le garçon qui le tira hors de ses observations, brisant par la même le silence :

"-Je me nomme Oz, Oz Bezarius. Et voici Alice, ma...ma petite amie."

"-Déjà une conquête petit, quel coureur... Mais pourquoi cette hésitation ? Une fille comme elle généralement on en est fier, non ?"

La véritable nature du prince venait de refaire surface sans même qu'il ne s'en rende compte. Il n'avait pas toujours été aussi désagréable mais cette attitude parvenait souvent à éloigner de lui quiconque l'approchait. Il ne s'attachait pas, on ne s'attachait pas à lui, personne n'était blessé physiquement ou moralement. Alors pourquoi avait-il perdu cette attitude face à Valerya, la princesse de coeur...Il avait fallut qu'il croise son regard et, comme par magie il était devenu docile envers elle. Il ne comprenait pas. Toutefois les présentations avec les deux jeunes restant en suspend, il les compléta :

"-Je m'appelle Eren Illyrio, mercenaire, voleur et fine lame sans lame..."

La fin de sa phrase eut un goût amer dans sa bouche. Non pas qu'il aimait particulièrement son épée, elle l'avait tout de même transperçait au centre de la poitrine et lui avait, par ce fait, laissé une belle cicatrice mais elle était un souvenir de son monde.
La suite du repas ne fut pas beaucoup plus joyeuse mais les trois comparses décidèrent qu'il leur fallait trouver un endroit où dormir sans avoir à dépenser de sous. Eren envisageait même le banc sur lequel ils se trouvaient bien qu'il soit un peu dur.
Trois gardes vint alors se planter devant Eren et ses nouveaux compagnons. Celui au centre était le garde qu'Eren avait tiré à coup de boulette, il lui restait même quelques morceaux sur lui. La situation aurait pu être hilarante sans la perspective du cachot qui pouvait les attendre. Il paraissait même que dans certains pays, le voleur avait la main coupé. Ils devaient alors surveiller leurs mots. C'est Oz qui prit la parole, racontant en long, en large et en travers l'histoire de sa triste vie.

Eren l'écoutait, observant les gardes s'attendrissant à vue d'oeil. Toutefois le récit n'en finissait plus, comme un conte qu'on raconte aux enfants pour qu'ils s'endorment. Ce fut presque l'effet qu'il eut sur le prince. Il fallait réellement qu'ils trouvent un hôtel. Les gardes, émus par l'histoire, partirent finalement après avoir donné à Oz une bourse remplie de "Munnies". Le garde central avait également conseillé au groupe un hôtel bon marché non loin. En partant il fusilla Eren du regard qui lui rendit ce coup de feu par le regard.

Quelques minutes seulement après avoir quitté les gardes, le jeune avoua que toute son histoire n'était qu'une fable, un conte pour les endormir. Pour le coup il avait bien réussi sur les gardes et encore mieux sur Eren. Ils riaient de bon coeur sur le chemin les menant jusqu'à l'auberge mais le prince, lui, ne riait pas. Il regardait en arrière, se demandant s'ils pouvaient être suivi par les gardes ou bien par des acolytes d'Abnegatio. Méfiant, oui il l'était, on le serait pour moins après avoir menacé directement le chef ennemi.

Ils arrivèrent enfin à l'hôtel au fond d'une impasse. On aurait plutôt dit une sorte de coupe-gorge mais la compagnie n'avait pas beaucoup de choix. Elle entra et parvint à négocier une chambre à bas-prix. Ils avaient même pu avoir un matelas supplémentaire qui fut, naturellement, donné à Eren. Les deux amoureux dormaient ensemble, l'un contre l'autre. Il ne leur fallut d'ailleurs pas longtemps, une fois plongé dans le noir, pour être emporté dans le pays des songes. Eren eu plus de mal à trouver le sommeil, ne parvenant à se convaincre de leur faire confiance.
Lorsqu'enfin il s'endormit, ses rêves furent agités de cauchemars, du jour où Milly était morte et où il avait reçu cette cicatrice. Lorsque l'acier le transperça, il se réveilla en sursaut, haletant pour reprendre sa respiration. Sachant qu'il ne retrouverait pas le sommeil facilement ou plutôt ne voulant pas le retrouver immédiatement, il se leva dans la nuit.

Son regard tomba sur les deux jeunes endormi l'un contre l'autre, paraissant si serein. Dans un sens Eren les enviait de pouvoir s'aimer et être l'un avec l'autre. La mélancolie commença à l'emplir et c'est le coeur lourd qu'il s'approcha de la fenêtre. Les lumières de la ville étaient toujours allumés comme des petits feux pour repousser les ténèbres. Le prince ouvrit alors la fenêtre, laissant entrer dans la chambre l'air légèrement frais du dehors et pencha sa tête au dehors pour regarder les étoiles. Qui à ne pas faire de rêve, autant qu'il regarde une chose qu'il trouvait beau.

Ainsi ce soir là il ne rêva pas, il pensa à Milly, à son passé qu'il voulait enterrer, mais aussi à Valerya qui se trouvait forcément ici. Si la voix du miroir avait eu raison alors elle courrait un grand danger, elle risquait de mourir. Le prince aux armes faibles, ou sans arme désormais, la protégerait coûte que coûte, il lui en avait fait la promesse en posant genoux à terre et l'épée au sol. On ne rompt pas un serment ainsi, même un parjure comme Eren ne se le permettait pas.
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Oz Bezarius



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MessageSujet: Re: L'âme meurtrie (Libre)   Mar 8 Sep - 10:43

Blottie dans les bras de son blondinet, Alice dormait d'un sommeil peuplé de rêves dérangeants, de pensées obscures. Un spasme de trop la tira de ce monde d'insécurité, sans toutefois éteindre l'incendie d'inquiétudes qui dévastait son âme; Oz avait-il honte d'elle ? Il n'avait pas relevé la remarque lorsque ce Eren avait lancé cette insinuation... Pourquoi ? Et si... Et si il ne la laissait rester avec lui que par pitié ? A part lui, elle n'avait personne, ni amis, ni famille, ni demeure. Mais elle se fichait de tout cela. Manger, boire, dormir, rire, se mettre en colère, courir, marcher, tomber... vivre... sans lui, tout ceci n'aurait pour elle, aucun sens. Mais qu'en était-il de lui ? Pourquoi n'avait-il rien dit lorsque ce type avait sous-entendu qu'il avait honte d'être avec elle ?

Toutes ces fois où elle avait été si odieuse avec lui... Elle l'avait appelé "Serviteur" pendant des lustres, mais ce n'était que pour cacher la vérité. Depuis qu'elle l'avait rencontré, dans les profondeurs de l'abysse, elle n'avait jamais cessé de vouloir être avec lui. Elle s'était rapidement attaché à lui, et avait commencé à l'aimer, sans même connaître la signification de ce mot. Au fil du temps et de leurs aventures, ils s'étaient rapprochés, et elle avait fini par l'aimer. En cela elle n'avait aucun doute; elle l'aimait, elle avait besoin de lui, et plus que tout, elle avait besoin qu'il ait besoin d'elle.

La fraicheur d'une brise matinale, contrastant avec la chaleur des bras d'Oz qui l'enserraient, vint caresser la joue de la jeune fille, la tirant de ses turpitudes. Quelqu'un avait ouvert la fenêtre, et, désormais qu'elle était bien éveillée, elle se souvenait que son chéri avait eu la mauvaise idée d'inviter l'autre pique-assiette à rester avec eux. Sûrement gêné  par sa propre puanteur, ce dernier se tenait dans l'encadrement d'une fenêtre ouverte, contemplant l'extérieur d'un regard pensif.

Oz, quant à lui, dormait toujours, et, à chaque seconde qui passait, Alice ressentait l'envie de le réveiller. Elle languissait sa compagnie, et trépignait d'impatience de le voir ouvrir ses yeux, et lui servir son éternel sourire dont elle ne se lassait pas. Mais pour le moment, elle se contenait, rongeait son frein. Elle devait apprendre à être plus gentille, plus attentionnée. Elle devait apprendre à lui donner envie de rester avec elle. Lentement, sans geste brusque afin de ne pas réveiller l'élu de son cœur, Alice sortit du lit, et se dirigea immédiatement vers la porte. Il lui sembla, lors de sa course, entendre l'importun lui adresser quelque mot. Peu importait à la demoiselle, en fait, ce que ce type pouvait bien avoir à lui dire. Elle n'avait besoin que d'Oz, et ne souhait entendre que lui.

Alice quitta donc la chambre sans apporter la moindre attention à l'intrus, et se dirigea directement vers la réception. La tenancière, une femme replète sans aucune bonhommie à offrir décrocha un regard interrogateur à la jeune fille tandis que celle-ci s'approchait du comptoir de réception. La demoiselle commanda un petit déjeuner copieux, qu'elle avait l'intention de faire porter à son mignonet avant son réveil. Elle dû déchanter lorsque son interlocutrice lui expliqua sans aménité aucune que l'établissement n'offrait pas ce genre de service. Revoyant ses plans, Alice demanda donc où il était possible de faire sa toilette, et obtint finalement la même réponse, accompagnée cette-fois ci d'un petit sourire en coin, dont n'importe qui -hormis Alice- aurait compris qu'il était narquois.

Passant au plan C, la guillerette remonta quatre à quatre les escaliers, ouvrit la porte en faisant le moins de bruit possible, puis alla se planter devant le gêneur.

"Vas nous attendre ailleurs. La suite se passe entre deux jeunes amants."

Elle ne s'en était pas rendu compte en entrant dans la chambre, mais Oz, justement, était réveillé, et, lorsqu'il entendit ce que dit sa copine à leur nouvel ami, son visage passa par nombre de couleurs, allant du livide au rouge pivoine.

"A... A.. Alice !! Qu'est... Qu'est-ce que tu racontes !? Eren, heu... une blague... c'est une blague... Hein, Alice ?"

La jeune fille se retourna vers Oz, furieuse:

"Oz !! Il faut qu'on passe du temps tous les deux ! Alors ce type est en trop, qu'il parte !"

Le jeune noble quitta prestement son lit, et se dirigea vers la fenêtre, où se trouvaient les deux autres protagonistes de la scène. Les regardant tour à tour, il prit la parole après un instant de silence:

"Eren cherche quelqu'un dans cette grande ville. Nous cherchons aussi quelqu'un dans cette grande ville..." Puis, s'adressant plus particulièrement à sa compagne: "Et je te rappelle que parmi les gens que nous recherchons, il y a ma sœur. Je ne vais pas rester là et perdre mon temps à batifoler alors que ma sœur et l'ensemble des mondes sont en danger. Alice, nous avons des responsabilités, nous devons nous y tenir !" Il se tourna vers Eren: "Nous avons au moins un but commun, faisons équipe. De plus, tu es désarmé, et nous ne savons pas quels individus sillonnent les rues de cette cité. On dit que l'union fait la force, pourquoi ne pas vérifier si l'adage se confirme ?"
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Eren Illyrio



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MessageSujet: Re: L'âme meurtrie (Libre)   Mer 9 Sep - 22:59

Eren était totalement perdu dans ses pensées, contemplant la nuit étoilée. Il avait voulu se rendormir pourtant il n'en ressentait pas l'envie. Le sommeil pourtant si présent auparavant ne se montrait plus aussi accablant, malheureusement pour lui. Les minutes passèrent et Eren se remémorait sa journée dans ce monde, sa rencontre avec différentes personnes ; Parasite Kurokami, l'homme du labyrinthe, Le chat de Cheshire, le jeune garçon qui était au procès et qui n'avait plus donné signe de vie, Valerya et désormais Oz et Alice. Pour un mercenaire solitaire, il venait de sacrément retourner sa veste.

Puisant dans ses souvenirs, il tâcha de se souvenir de son monde pourtant tout ce qui lui vint fut cette nuit où Milly avait été sacrifiée. Cette nuit où Eren était devenu à la fois le régicide et le parricide. Il ne se souvenait plus s'il avait tué son frère par la même occasion ou non. Il le voyait encore planter la lame dans son torse, réduisant sa vie au néant tandis qu'il lui expliquait comment il était devenu roi. Après ses images étaient déformés, comme si tous ses sens venaient de s'améliorer et le transformer en bête. Il se revoyait attaquant les soldats un par un à coup de griffes et d'épée encore couverte de son sang. Puis le trou noir... Il s'était réveillé, probablement dans un autre monde qu'il ne connaissait pas, blessé, souffrant mais en vie. Il y avait même une ressemblance avec aujourd'hui.

Les heures passèrent, Eren restait là à méditer sur le passé et l'avenir tantôt debout à la fenêtre, tantôt assis sur le rebord les pieds dans le vide. Il ne remarqua même pas l'aube approchant au loin, couvrant la ville d'un voile rouge orangé. Il fut tiré de ses pensées par un mouvement sur sa droite. Alice venait de se lever et, sans un mot, s'était dirigée vers la porte qu'elle avait franchie sans attendre. Eren n'avait même pas eu le temps de lui adresser la parole mais de toute façon à quoi bon le faire ? Il rentra ses pieds à l'intérieur, sentant que Oz ne tarderait pas à suivre, et commença à remettre sur lui le peu d'équipement qu'il avait enlevé.

Oz se réveilla alors, les cheveux ébouriffés d'une nuit de sommeil. A le voir ainsi, Eren en aurait presque eu envie de rire. Il lui lança simplement :

"-Salut, t'es le dernier à te lever petit..."

Alice ne se fit pas beaucoup attendre et débarqua dans la chambre façon furie. Sans même un regard vers le lit elle s'avança vers le prince à grande vitesse. Eren avait presque l'impression qu'elle allait encore une fois essayer de le gifler. Il se préparait donc à retenir la main droite qui viendrait heurter sa joue. Au lieu de ça, elle le congédia, prétextant une suite qui n'était pas pour lui. Eren eut un sourire en coin et s'apprêter presque à sortir lorsque Oz prit la parole. Celui-ci était visiblement choqué à la couleur rouge qu'il avait prit. S'en suivit une querelle d'amoureux à laquelle le prince aurait préféré ne pas assister. Alice tenta même de le congédier une nouvelle fois mais rien n'y fit, Oz fit ce qu'il put pour la résonner.

"-Nous avons au moins un but commun, faisons équipe. De plus, tu es désarmé, et nous ne savons pas quels individus sillonnent les rues de cette cité. On dit que l'union fait la force, pourquoi ne pas vérifier si l'adage se confirme ?"

Faire équipe avec des personnes qu'Eren ne connaissait pas, qui étaient apparu après la menace proféré contre Abnegatio et avec une qui, de toute évidence, ne l'aimait guère. Des gamins pour couronner le tout.

-Nous avons un but commun Oz, je ne peux le nier, mais je ne vous connaît pas. Désarmé ne veux pas dire que je suis sans défense. Alice ne m'aime pas, tu l'as remarqué non ? Alors à quoi bon suivre un étranger si ça pourri votre relation.

Eren voulait s'arrêter à ce moment mais, emporté par son élan, il décida de jouer cartes sur table. Au moins il saurait dans quel camp sont Oz et Alice. Il s'assit au cas où sur le rebord de la fenêtre, prêt à se laisser tomber en contrebas au moindre signe d'hostilité. Il n'était pas sans défense mais face à des armes il devait privilégier la fuite. Il continua alors :

"-Lorsque nous étions dans la clairière, puisque tu y étais aussi, une femme à clairement dit que le monde allait se détruire et que pour le sauver il nous fallait toucher un bouquin. Elle menaçait de tuer quiconque oserait essayer. J'ai aidé mon... Partenaire, et je n'ai pu aider Alice. Mais de là où j'étais, sur la tête des monstres, j'ai pu observer le monde et ce qui se produisait. Nous avions un but commun à ce moment là aussi Oz, sauver Alice et son monde, alors vous étiez où ? Et pourquoi vous êtes apparus avec l'autre taré au cheveux noirs !"
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Oz Bezarius



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MessageSujet: Re: L'âme meurtrie (Libre)   Ven 11 Sep - 0:05

Oz avait lancé sa déclaration de la même manière que l'on enfile une chemise; un acte anodin, bardé d'impulsivité plus que de raison, mais servi par une argumentation fort cohérente...

La réponse d'Eren, toutefois, fut peu amène, et se termina dans une critique quelque peu acerbe:

"Nous avons un but commun Oz, je ne peux le nier, mais je ne vous connaît pas. Désarmé ne veux pas dire que je suis sans défense. Alice ne m'aime pas, tu l'as remarqué non ? Alors à quoi bon suivre un étranger si ça pourri votre relation." L'homme marqua une courte pose, se mettant à son aise sur le rebord de la fenêtre ouverte, puis continua sa réplique:

"Lorsque nous étions dans la clairière, puisque tu y étais aussi, une femme à clairement dit que le monde allait se détruire et que pour le sauver il nous fallait toucher un bouquin. Elle menaçait de tuer quiconque oserait essayer. J'ai aidé mon... Partenaire, et je n'ai pu aider Alice. Mais de là où j'étais, sur la tête des monstres, j'ai pu observer le monde et ce qui se produisait. Nous avions un but commun à ce moment là aussi Oz, sauver Alice et son monde, alors vous étiez où ? Et pourquoi vous êtes apparus avec l'autre taré au cheveux noirs !"

Ainsi donc, le temps était venu de reparler de ce tragique évènement du Pays des Merveilles ? Oz avait soigneusement évité le sujet autant que faire se pouvait, car, même si son instinct soufflait qu'Eren était quelqu'un en qui il pouvait avoir confiance, la prudence, elle, exigeait de ne pas tout lui dévoiler. Après tout, il aurait très bien pu être l'un des sbires de cet Abnégatio, cherchant justement à retrouver Alice Liddle pour achever le travail de son maître...

Le blondinet pris le temps de regarder Eren droit dans les yeux, puis se mit à rire:

"En fait, Alice est comme ça avec presque tout le monde. Même avec les gens qu'elle apprécie..."

Ce à quoi Alice rétorqua immédiatement:

"Hé ho !! Fais pas comme si j'étais pas là !! Je suis "comme ça" COMMENT ??"

La demoiselle vint se camper devant Oz, s'apprêtant à le gifler sous les yeux d'Eren. Ses bonnes résolutions prises quelques instants auparavant, sur la gentillesse, etc., lui revinrent, et l'enfant radoucit alors son ton:

"Ok, je sais, j'ai pas un caractère facile. Mais c'est parce que j'ai envie d'être avec toi. Plus. Et toi, t'arrêtes pas de ramener du monde, encore et encore. J'ai l'impression que t'en as jamais assez."

A cet instant, Oz pris sa plus belle posture, afficha son plus beau sourire, et planta dans les yeux de sa douce, le plus intense de ses regards, pour déclarer:

"Je suis tellement heureux avec toi, que j'ai assez de bonheur pour le partager avec l'ensemble des mondes. Alors, rencontrons un maximum de personnes. Laissons-les avoir l'immense joie de connaître quelqu'un tel que toi, au moins une fois dans leur vie !!"

Le garçon espérait vraiment, au plus profond de lui-même, que son baratin suffirait à désamorcer la situation, afin qu'il puisse reprendre la sérieuse discussion qu'il avait, la seconde d'avant, avec Eren. La chance lui sourit, car Alice, aux anges, resta l'air béate, à le regarder sans broncher, alors qu'il retournait vers son interlocuteur précédent.

"Pour la fille aux cheveux noirs, nous n'avons découvert son identité réelle que lorsqu'elle a pris la parole au centre de cette maudite clairière. Et pour le sauvetage du Pays des Merveilles... Toucher le livre pour sauver le monde ? Parce que tu penses qu'un monde où les journées se répètent inlassablement, un monde privé d'avenir, vaut mieux qu'un monde anéanti ? Moi, je n'y vois guère de différence. Lorsque j'ai entendu cette déclaration, j'ai immédiatement réfléchit à une troisième solution; celle que l'on ne nous propose jamais, mais qui existe toujours. Je n'ai simplement pas eu assez de temps pour la trouver..."

A mesure qu'il parlait, la lumière s'effaçait du visage d'Oz, laissant place à l'ombre d'un triste visage, s'exprimant d'un air contrit... Une idée lui vint alors en tête, afin, peut-être, de motiver son nouveau compagnon à rester avec eux:

"Je n'ai jamais dit que désarmé, tu étais sans défense. C'est pourquoi nous avons besoin de faire équipe avec toi. Ou laisserais-tu deux enfants seuls errer dans les rues d'une dangereuse ville qu'ils ne connaissent pas, après tout ce que tu as vu comme horreur dernièrement ?"


Dernière édition par Oz Bezarius le Dim 13 Sep - 1:17, édité 1 fois
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Eren Illyrio



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MessageSujet: Re: L'âme meurtrie (Libre)   Sam 12 Sep - 22:35

(HRP : Désolé pour le retard de post, j'étais un peu occupé par la rentrée)

Dans la seconde qui suivit la déclaration d'Eren, il vit l'expression du jeune garçon changer. Visiblement parler de cet événement n'était pas chose facile. Mais le prince voulait des réponses, il lui en fallait.
Pourtant Oz osa tout de même défier les yeux d'Eren, le fixant intensément avant d'éclater de rire. Le prince ne comprenait pas ce qu'il y avait de drôle. Il avait peut-être mis le doigt sur quelque chose. Il rassura sa prise sur la fenêtre et s'apprêter à sauter lorsqu'Oz lui expliqua que l'attitude d'Alice était une attitude banale avec toutes les personnes qu'elle connaissait ou presque.

S'en suivit immédiatement une nouvelle dispute d'amoureux qui s'éternisait sous les yeux d'Eren. Intérieurement, il commençait presque à s'énerver de les voir se prendre la tête continuellement et surtout d'en être le spectateur. Pourtant, en plus de la colère, Eren ressentait aussi un peu de jalousie envers ce petit couple. Il se dit finalement que qui aimait bien châtiait bien. Ces deux là s'étaient bien trouvé.

Oz parvint à apaiser son ami, usant visiblement de l'emprise qu'il avait sur cette fillette. Pour une fois, c'était le garçon qui usait de ses charmes, ce n'était pas banal. Alice fut visiblement comblée des paroles du jeune garçon car elle afficha un grand sourire béat en regardant son petit chérubin blond.

Eren commençait en revanche à s'impatienter car les deux jeunes gens s'éloignaient grandement du sujet auquel le prince voulait des réponses claires et concises. Quelle était l'allégeance de ces deux personnes ?

Comme s'il lisait dans ses pensées, Oz se tourna de nouveau bers son interlocuteur et continua ses explications, clarifiant ainsi la situation.

"-Pour la fille aux cheveux noirs, nous n'avons découvert son identité réelle que lorsqu'elle a pris la parole au centre de cette maudite clairière. Et pour le sauvetage du Pays des Merveilles... Toucher le livre pour sauver le monde ? Parce que tu penses qu'un monde où les journées se répètent inlassablement, un monde privé d'avenir, vaut mieux qu'un monde anéanti ? Moi, je n'y vois guère de différence. Lorsque j'ai entendu cette déclaration, j'ai immédiatement réfléchit à une troisième solution; celle que l'on ne nous propose jamais, mais qui existe toujours. Je n'ai simplement pas eu assez de temps pour la trouver..."

Oz marqua alors une courte pause, visiblement attristé par ses paroles. Eren l'écoutait attentivement, assimilant chaque informations qui pourrait s'avérer ambiguë mais n'en vit aucune en particulier. Oz continua son discours, se fixant de nouveau dans les yeux du prince :

"-Je n'ai jamais dit que désarmé, tu étais sans défense. C'est pourquoi nous avons besoin de faire équipe avec toi. Ou laisserais-tu deux enfants seuls errer dans les rues d'une dangereuse ville qu'ils ne connaissent pas, après tout ce que tu as vu comme horreur dernièrement ?"

Du chantage de la part de ce jeune blondinet ? Eren s'attendait à tout sauf à cela pourtant il trouva l'argumentation plutôt bien trouvée. Le prince se permit un léger sourire et lui répondit alors :

-Avec une fille comme elle à tes côtés même une armée ne ferait pas le poids mais j'accepte de vous accompagner. Toutefois que les choses soient claires je viens pour une raison Oz : Tu as dit avoir cherchée une troisième solution, il fallait y après avoir mis le monde dans une boucle temporelle. Ainsi on aurait pu sauver un minimum de chose. Une vie sauvée vaut toujours mieux que l'anéantissement totale. Je t'accompagne donc pour que tu trouve la solution à cette énigme qui te tracasse. Tu t'occupe d'y réfléchir et je m'occupe des problèmes.

Eren regarda alors tour à tour Oz puis Alice, enfouissant ses yeux au plus profond des leurs, puis ajouta en riant pour le jeune blondinet :

-Ah Une dernière chose Oz, je suis un mercenaire et tu sais ce qu'on fait à un mercenaire lorsqu'on veux qu'il nous protège ? Un léger regard en coin vers Alice et Eren finit enfin sa tirade. Vois ça comme un cadeau de ma part, je t'offre du temps mais lorsqu'il sera écoulé je saurais vous retrouver...

A peine sa phrase terminée, Eren bascula en arrière dans le vide. N'étant pas très haut, la chute fut brève, tout juste assez pour qu'Eren se remette tête à l'endroit et se réceptionne. A l’atterrissage, il plia le genoux gauche et tendit le droit, amortissant le choc et l'atténua encore en plaquant sa main droite au sol. Bien mal lui en prit car une violente douleur irradia son bras soudainement. Eren serra alors les dents et s'en alla sans même un regard pour les deux amoureux à la fenêtre.

Il s'en alla, marchant à travers les ruelles à la recherche du monument le plus haut qu'il pouvait. Il cherchait à prendre de la hauteur et ainsi, peut-être, apercevoir les personnes qu'il recherchait. Il ne vit rien de mieux qu'une grande maison comme point de vue. Il entreprit alors l'escalade par la gouttière, tentant d'ignorer la blessure de son épaule, et arriva finalement sur le toit de l'imposante bâtisse. Il resterait sans doute là à regarder les environs ou à chercher Milly dans le ciel.
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Oz Bezarius



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MessageSujet: Re: L'âme meurtrie (Libre)   Dim 13 Sep - 10:44

Eren bascula volontairement par la fenêtre, laissant les deux enfants livrés à eux-même. Alice jubilait. Oz, lui, mit quelques instants avant de comprendre le geste et les paroles de son nouveau compagnon. Rougissant intensément, le garçon se retourna vers sa dame, qui déjà, était en train d'ôter ses vêtements. Il rougit encore plus...

***

Assis au sommet d'une importante maison, un prince d'une lointaine contrée donnait à son esprit le moment de liberté dont celui-ci avait sans-doute besoin, après des heures bien trop éprouvantes. Les yeux perdus dans le vide devant lui, il fut tiré de ses pensées par deux bras menus l'étreignant tendrement par derrière.

"Enfin je te retrouve, après tout ce temps !"

Cette voix qu'il connaissait, si familière, qui sortait d'un passé qui n'aurait pas dû en être un, fit sursauter le jeune homme.

"Lorsque je me suis réveillée, dans cette mare, cernée de ces chevaliers morts, j'ai immédiatement compris que tu étais venu à mon secours. Je t'ai cherché, mais tu n'étais nulle part. Et puis... Et puis, tout à disparu, et... je me suis de nouveau réveillée, sans le souvenir de m'être endormie. J'étais au milieu de cette ville, seule, perdue, mais surtout sans toi. Mais peu importe, puisque tu es là maintenant."

La jeune fille, aux cheveux d'un noir intense, coiffant un visage fait de traits d'une douceur angélique, pris tendrement l'ancien prince par la main, l'entraînant à sa suite.

"Tout ce temps perdu, tout ce temps à rattraper. Retournons à ton hotel, la nuit est encore jeune !"

***

Le premier quartier de la Ville de Traverse était d'ordinaire un endroit calme, à l'abri des sans-cœur et autres horreurs. Mais la situation n'était pas ordinaire. Un peu partout dans le quartier, des sans-cœur d'un type jamais vu dans ce monde, apparaissaient dans des tourbillons de ténèbres et des volutes de fumée encore plus noires. Des éclairs violet irisé déchiraient ça et là le ciel, alors que l'atmosphère toute entière paraissait chargée d'un incommensurable pouvoir à la menace palpable.

Les chains qui apparaissaient, car de chains venus de l'abysse il s'agissait, n'étaient, fort heureusement, que parmi les plus faibles de leur race. Ils étaient cependant bien trop fort pour que la plupart des habitants puissent luter contre eux, et la suite des évènements ne fut que panique et carnage.

***

Au fond d'une sombre impasse, à l'étage d'un hotel sordide, deux enfants s'endorment, épuisés d'amour. Tous sauf eux viennent de traverser un moment difficile, et une ville entière, avec toutes ses vies, se trouve aux abois, en état de crise. Mais eux s'endorment paisiblement, alors qu'autour, s'apaisent également les troubles. Et s'amenuisent les éclairs. Et cessent d'apparaître les portails. Et cessent de débouler les viles créatures.

Quelqu'un, sûrement, s'occupera, les jours à venir, de nettoyer les rues des démons encore présents, mais nul autre ne viendra. Un épisode s'achève, et un jeune prince perplexe, aura sûrement maintes nouvelles questions auxquelles chercher des réponses. Mais chaque chose vient à point à qui sait attendre, et les lueurs d'un nouveau soleil chassent déjà les ténèbres et leurs dangers. N'en restera bientôt qu'un souvenir... et ses maux.
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Eren Illyrio



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MessageSujet: Re: L'âme meurtrie (Libre)   Lun 14 Sep - 12:09

Cela faisait déjà une bonne trentaine de minutes qu'Eren scrutait l'horizon depuis le toit de cette bâtisse. Il recherchait scrupuleusement dans toutes les directions les traces de la princesse rousse. Pourtant rien n'y faisait, si Valerya se trouvait à cet endroit, elle était rudement bien cachée. Toutefois il finit par découvrir autre chose autrement plus inquiétant.

Au loin de sombres nuages arrivaient en direction du Nord. Ils étaient parsemés d'éclairs d'une grande violence. Pour être resté si souvent en haut des arbres, Eren savait que cette tempête n'avait rien de très naturelle. Il se releva, debout au bord du vide, et fixa ce sombre présage qui arrivait à une vitesse folle.

Prêtant toute son attention à cette bizarrerie atmosphérique, il ne remarqua pas la présence derrière lui. Il ne s'en aperçut que lorsqu'elle se jeta sur lui, ses bras enlaçant son dos. Il sursauta, prêt à en découdre lorsque la voix de cette nouvelle venue se fit entendre, une voix qu'Eren ne connaissait que trop bien :

-Enfin je te retrouve, après tout ce temps !

Le cerveau d'Eren sembla buguer, comme soumis à un paradoxe, mais il n'en était rien. C'était seulement la présence de son amie d'enfance, de cette jeune fille qu'il aimait mais qu'il avait vu mourir sous ses yeux, qui le paralysait.

-Lorsque je me suis réveillée, dans cette mare, cernée de ces chevaliers morts, j'ai immédiatement compris que tu étais venu à mon secours. Je t'ai cherché, mais tu n'étais nulle part. Et puis... Et puis, tout à disparu, et... je me suis de nouveau réveillée, sans le souvenir de m'être endormie. J'étais au milieu de cette ville, seule, perdue, mais surtout sans toi. Mais peu importe, puisque tu es là maintenant.

Le dieu n'avait pas menti, il avait réellement ramené son amie du royaume des morts ? Il n'en croyait pas ses yeux ni ses oreilles. Enfin il retrouvait Milly après tant d'années de recherche, elle savait qu'il l'avait cherché sans relâche. Elle lui attrapa la main et voulut l'entraîner vers l'autre bout du toit.

-Tout ce temps perdu, tout ce temps à rattraper. Retournons à ton hotel, la nuit est encore jeune !

Deux choses se bloquèrent alors dans l'esprit d'Eren. La première fut la formulation de sa phrase, la nuit est encore jeune, ça n'avait aucun sens. D'autant plus que le jour commençait à se lever à l'Est, le prince l'avait vu. La deuxième chose fut celle qui fit en sorte qu'Eren lâche la main de Milly et s'arrête après seulement un pas. Milly n'avait jamais su l'amour que lui portait Eren, il n'était donc pas logique de sa part, de l'emmener à l'hôtel pour rattraper le temps perdu. Tout ceci combiné à la tempête arracha le prince à son doux rêve, cette chose n'était en aucune façon la fille qu'il avait aimait jadis.
La chose se retourna, le regardant curieusement tandis qu'Eren, les yeux au sol et une larme coulant sur sa joue, éclata en colère :

-Milly... Est MORTE ! Morte il y a plusieurs années ! Elle est morte sans savoir mon amour !!!

La créature émis alors un étrange rire et un rictus béant transforma le visage angélique de la bien-aimé du prince. Sans prévenir elle se jeta sur lui tandis que se déchirait ça et là de large pans de peaux. Commença même à en sortir des grandes pattes d'araignées alors que la tête de Milly explosa pour laisser place à celle d'un bébé blond gigantesque. La créature étaient bien plus grande que le prince.
La charge de cette nouvelle créature heurta Eren et les firent basculer tous les deux dans le vide. S'il avait pu survivre à son saut depuis la fenêtre de l'hôtel, il s'était trouvé un toit relativement haut, trop pour survivre en cas de chute. Comprenant que son temps était compté, le prince empoigna une patte et entreprit de monter sur la tête du bébé afin de se retrouver au-dessus. A plusieurs reprises, une patte tenta de le percer ou de l'attaquer mais combattre dans les airs n'était visiblement pas la spécialité du monstre. Il ne remarqua que trop tard la raison de la présence d'Eren au-dessus de lui. La créature s'écrasa sur les pavés, brisant au passage la totalité de ses pattes alors qu'Eren voyait sa chute amortie pour la tête de celui-ci. Le choc le fit alors rouler sur quelques mètres, le laissant sur le carreau pendant quelques secondes.

La douleur dans son bras était revenue, bien évidemment, et s'ajoutait à cela désormais de multiples ecchymoses du à son vol plané. Il voulut prendre le temps de respirer lorsqu'il vit un énorme poing s'élever dans sa direction. Il roula alors, évitant l'impact impressionnant qui fit un trou dans la rue, puis se releva, faisant face à ce nouvel adversaire tout aussi imposant que le premier. Instinctivement, il voulut attraper sa lame mais ne put saisir que du vide. Il jura avant de s'enfuir en courant en direction de la grande place sur laquelle ils s'étaient reposés.

Il arriva tout juste à temps pour voir les trois gardes armés de hallebarde s'attaquer à deux gros hérissons. L'un d'eux se mit en boule et chargea un garde qui n'eut pas la présence d'esprit d'esquiver. Il fut alors transpercé de part en part, répandant un fluide rouge sur les pavés. Ses armes, une épée longue et sa hallebarde, trônaient désormais dans ce sang. Le hérisson continua sa course jusqu'à un mur, promenant un corps sans vie avec lui. Sans réfléchir, Eren se jeta en direction de la sorte de lance tandis que l'autre hérisson se mettait, à son tour, en boule.

La course du prince fut plus rapide car il parvint à empoigner la hallebarde dans son élan et, sans s'arrêter, à la planter dans le sol pour prendre son envol et passer au dessus de la créature qui le chargeait. Il roula alors jusqu'à démolir la carriole où avaient volé les trois comparses.

Eren se tourna alors vers les gardes, tandis que les hérissons se remettaient de leurs charges, et leur hurla de s'enfuir en leur faisant de grands gestes. Ils restèrent d'abord sur place jusqu'à ce qu'Eren leur ordonne d'aller s'occuper des habitants sans défense. Ils prirent alors leur jambes à leur cou après un salut militaire au prince. C'était une des premières fois qu'Eren donnait un ordre.

Un hérisson fonça de nouveau vers Eren, lui laissant tout le temps d'anticiper l'attaque et de rouler sur le côté. Prit en tenaille, la fuite du prince semblait compromise. Il réfléchit alors à une autre stratégie et lui revint en tête la carriole et le mur que s'étaient pris ses adversaires. Leur vision n'était pas leur atout. Il le comprit au moment où les hérissons se remettaient en boule et le chargeait. Il attendit le bon moment puis se servit de la hallebarde de nouveau comme du perche, passant au dessus d'une des créatures.
L'impact des deux créatures furent si terrible qu'elles se transpercèrent l'une et l'autre, se réduisant au silence mutuellement. Voyant le danger immédiat repoussé, Eren porta une main à son bras et remarqua le sang qui s'en écoulait de nouveau. Les blessures du passé s'étaient ouvertes mais celle du présent aussi visiblement.

Ramassant l'épée qui se trouvait au milieu du sang, Eren la sangla à son dos avant de repartir en direction de l'hôtel où se trouvait Oz et Alice. Leur partie de batifolage n'avait que trop duré et il aurait été un piètre mercenaire si son client venait à mourir. Ca aurait été une véritable perte de revenue, sans doute aussi sentimentale. Il appréciait ce garçon et même Alice malgré tout.

Il devança de justesse une énorme créature, comme celle qui avait faillie lui écraser la tête, qui avait pour destination l'hôtel des deux amoureux. Découvrant la cible évidente de cette créature dans cette impasse, Eren se campa devant elle. Il prépara sa hallebarde et lui lança :

-Vous ne passerez pas !

La créature, voyant visiblement Eren en mode combat, prépara son bras de manière à balayer l'allée. Eren ne lui en laissa pas la temps, fonça vers elle et lui planta la lance au beau milieu du "ventre". Cela n'eut pour effet que de bloquer l'arme du prince qu'il tenta de ressortir. Il perdit ainsi la seconde qui lui fallait pour éviter le balayage. Il fut alors expulsé, frappé avec une force à peine croyable, à travers une fenêtre de l'impasse.

La créature ne prêta plus guère attention à ce petit homme qui avait voulut la stopper puis avança vers l'hôtel. Dans la vieille bâtisse dans laquelle Eren avait atterri, le prince se trouvait au sol, cracha du sang sur le parquet tandis que des gens l'observait de loin sans lui prêter secours. Ils ne s'approchaient pas car le corps d'Eren commençait à s'envelopper d'une aura sombre. Ses yeux commencèrent eux aussi à muter et à devenir d'un bleu très clair et deux cornes noires émergèrent de sa chevelure. Enfin des rayures noires apparurent le long de son cou et sur son visage, elles venaient de ses blessures et particulièrement sa cicatrice sur son torse. Chaque plaie émis une lueur sombre et se referma tandis que le prince se relevait.

Spoiler:
 

A demi conscient, il retraversa la fenêtre, s'armant de son épée longue encore couverte de sang, poussa un hurlement inhumain avant de fondre sur sa proie à une vitesse bien supérieur à la précédente. Il sauta alors dans les airs, atterrissant directement sur l'épaule de la créature, planta les griffes de sa main gauche dans sa tête pour la renverser en arrière et enfin plongea la lame à travers le visage de la créature à plusieurs reprises en hurlant :

-J'AI DIS VOUS NE PASSEREZ PAS !!!

Sa voix elle-même avait changée, comme si de multiples hommes parlaient à travers lui en même temps. Il était redevenu le démon qui avait exterminé tout le monde dans la mare à la différence qu'il avait désormais la conscience de ses mouvements. Il s'observa, voyant ses mains striées de multiples rayures noires qui semblaient être ses veines et comprit qu'il n'était plus humain. Il arracha l'épée du crâne de la créature qui s'affaissa alors, l'aspergeant d'un liquide noirâtre, et la remit dans son dos avant de s'élancer d'un bond vers la chambre d'hôtel où se trouvait Oz et Alice. Il les vit, endormit l'un contre l'autre. Il leur lança alors pour les réveiller :

-Il faut qu'on bouge Oz, il y a un gros problème !
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Oz Bezarius



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MessageSujet: Re: L'âme meurtrie (Libre)   Lun 14 Sep - 16:14

"Il faut qu'on bouge Oz, il y a un gros problème !"

Oz se réveilla en sursaut et se redressa d'un bond.

"E... E... Eren !!! Qu'est-ce... Qu'est-ce que tu fais là ??"

Immédiatement, le blondinet s'assura qu'Alice était bien dissimulée sous sa couverture, puis, voyant par la fenêtre que le jour se levait, le garçon enchaîna:

"Ah... Oh... Heu... c'est déjà le matin. D'accord, lai... Wouahhh !!! C'est quoi ça !!" Oz désignait du doigt les deux cornes sur la tête de son interlocuteur, et d'une manière plus générale, l'ensemble de son apparence.

La suite fut rapide. Oz demanda à Eren de sortir quelques instants afin qu'Alice et lui puissent se préparer, puis le rejoignirent sur le palier. Rapidement, l'assemblée quitta les lieux, alors qu'Eren expliquait la situation à Oz.

Dehors, le colosse que le jeune prince déchu avait abattu avait disparu, mais l'impasse en elle-même ressemblait à un champ de bataille. Le petit noble écarquilla les yeux devant le triste spectacle de désolation qu'offrait le passage. De son côté, Alice entra dans une rage folle en vociférant un flot continu à l'intention... Eren ne savait pas. La jeune fille hurlait, rageait, en tapant du pied, comme si cette dernière voulait assassiner sa propre ombre qu'elle nommait sa sœur. Il était question de volonté, d'abysse, de souveraineté...

"Non mais qu'est-ce que tu fous espèce de sœur inutile !? C'est quoi ce bordel là !? Ah elle belle Madame Je Fais la Belle, Je Suis la Reine de l'Abysse, sa Volonté, et tout ça !! Elle est où ta volonté là, tu m'expliques !??"

Oz finit par aller calmer la jeune fille:

"Calme toi. Il doit y avoir une explication rationnelle. Et puis, tu sais, être la reine, ne signifie pas forcément être au courant des agissements de tous tes sujets... Loin de là même."

Une fois la furie calmée, le trio se remit donc en route. La ville ne semblait finalement pas trop avoir souffert de l'attaque dont avait été témoin Eren, même si il restait, naturellement, de-ci de-là, de nombreuses marques visibles de la bataille qui avait eu lieu. Alors que les compagnons cheminaient en direction de la place centrale du quartier, le cri d'une femme retentit dans une ruelle sur leur droite. Ni une, ni deux, Oz parti en trombe, s'enfonçant dans l'ombre des bâtiments, Alice à ses trousses. Dans la ruelle, Oz trouva, horrifié, un atout s'apprêtant à pulvériser d'un coup de poing une petite fille à terre, alors que la maman de celle-ci, prostrée dans un coin de la ruelle, et visiblement blessée, hurlait à qui voulait l'entendre pour que l'on sauve sa fille. Oz n'eut le temps de bouger, qu'Alice, de nouveau, se mit à hurler toute seule:

"Si tu te dépêches pas de faire quelque chose, ta mission, ton artefact, tes mondes et tout ce qui va avec, tu pourras te les mettre où je pense !! Alors maintenant, tu vas te bouger un peu et ramasser tes déchets !! Tu m'entends ? Alysse !!!"

Cette gamine en train d'engueuler son ombre, ou peut-être le sol, avait l'air de plus en plus folle. Et les personnes réunies sur les lieu de pareil spectacles commençaient déjà sans doute à la penser irrécupérable, lorsque se produisit l'invraisemblable: un portail noir, de ceux qu'avait pu voir Eren en ville la nuit passée, s'ouvrit sous le chains, qui sombra dedans, comme l'on s'enfonce dans des sables mouvants. Incapable de se débattre, le monstre disparut dans un effroyable bruit tenant autant du hurlement bestial que du râle pleureur.

"Et tant qu'à y être, reprends les autres ! Si j'en vois encore ne serait-ce qu'un seul, tu entendras parler de moi !!"

Oz s'apprêtait à dire quelque chose lorsque Alice, toujours ivre de rage, s'approcha de la femme atterrée, et lui invectiva:

"Quand à toi, femme, si tu n'es pas capable de protéger ta progéniture, alors n'en fais pas !! Et ne donne pas aux autres la responsabilité de supporter tes échecs !!"

La femme, qui depuis trente secondes, pleurait de joie en remerciant Alice, se mit à pleurer de plus belle, mais sûrement pas de joie. Totalement effondrée, la malheureuse regarda partir cette étrangère qui venait de sauver sa fille, mais de détruire son moral, tout cela en l'espace de quelques secondes.

Un moment plus tard, Oz, Alice et Eren se trouvaient sur le banc de la veille, et organisaient leurs recherches.

"Nous irions sans doute plus vite en nous séparant pour chercher, mais c'est encore ensemble que nous avons le moins de risque de ne pas voir demain se lever. Puisque nous avons un peu d'argent, je me disais que commencer nos recherches dans une taverne, si possible la plus fréquentée de la ville, pouvait être un bon départ."

Un débat s'ouvrit alors entre les deux hommes, tandis qu'Alice se contentait de les écouter d'une oreille distraite, et scrutait les environs avec attention. Elle reporta son attention sur ses deux comparses lorsqu'elle entendit Oz parler de bibliothèque.

"Chercher une bibliothèque afin de nous renseigner sur cette ville pourrait également s'avérer utile."

Alice frissonna. L'idée de se retrouver dans un endroit rempli de ces horribles livres remplis de leurs pattes de mouche la répulsait. Son malaise parti cependant bien vite lorsqu'elle vit enfin apparaître à l'horizon l'objet de ses désirs; la carriole du marchand ambulant !! Sans crier gare, la donzelle se mit à courir tant et si vite en direction du vendeur, que si le chronomètre avait été inventé en cette époque, en ce lieu, elle aurait certainement battu bien des records de sprint.

Oz et Eren, eux, n'avaient rien vu venir, et se retrouvèrent comme deux imbéciles, assis sur leur banc, à se regarder, totalement incrédules. Reprenant ses esprits, Oz se leva, et partit en courant après une situation qui avait des airs de déjà vu...
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Eren Illyrio



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MessageSujet: Re: L'âme meurtrie (Libre)   Lun 14 Sep - 23:17

Eren n'avait même pas fait attention à la tenue du jeune couple, en réalité il n'était qu'à demi conscient. Le souci c'était que l'autre partie de sa conscience semblait être avide de sang. Oz, visiblement gêné de la situation, voulut dans un premier temps congédier le prince puis exclama un flot de parole incompréhensible en le montrant du doigts. Eren saisit à demi-mot qu'il s'agissait de son apparence. Il regarda de nouveau ses mains avant de répondre, toujours avec cette sorte de multi-voix :

-Pour ce qui est de la bouillie noire ce n'est pas mon sang, pour les rayures noires par contre je sais pas d'où ça vient...

Le prince n'était même pas au courant du changement de ses pupilles ou de ses cornes qui avaient poussées. Il ne s'était en réalité jamais vu ainsi hormis dans cette sorte de songe où il s'était affronté. Il fut ensuite envoyé dans le couloir le temps qu'Alice et Oz se change. Il s'exécuta sa broncher, ne désirant pas assister au spectacle de leur nudité.
A peine arrivé dans le couloir, il perçut un mouvement sur sa droite. D'un geste vif il posa sa main sur le pommeau de sa nouvelle épée tout en se tournant vers... Une simple fenêtre lui reflétant son image. Il se découvrit alors, monstre qu'il était devenu, muni de deux cornes noires et visiblement acérées.
Eren écarquilla les yeux devant sa nouvelle apparence, visiblement troublé mais pourtant le reflet, lui, changea tout autrement. Il souriait d'un rictus malfaisant. Une chose était sûre, le prince ne souriait pas à cet instant. Il ne lui fallut que peu de temps pour comprendre que cette image n'était autre que ce qui était désormais enfermé au plus profond de son corps. Une entité terrible et meurtrière. Quasi-immédiatement, une bourdonnement sourd éclata dans la tête d'Eren et une violente migraine l'assaillie. Il se plia malgré lui en deux tout en portant ses mains à son crâne. Il avait l'impression que sa tête allait exploser sous la pression.

La douleur ne dura qu'une minute mais elle sembla être une éternité. Lorsqu'elle s'apaisa, le prince eut tout juste le temps de se relever qu'Oz et Alice sortaient de la chambre. Eren décida alors de garder pour lui ce qui venait de se passer afin de ne pas alarmer inutilement ses compagnons. Ils sortirent ensemble, le prince faisant un bref topo de tout ce qui s'était produit dans la ville durant le moment d'égarement des deux petits amoureux. Ils passèrent devant l'endroit où Eren avait abattu le gros monstre mais il avait disparu, ce qui était préférable plutôt qu'on voit la charpie qu'en avait fait son adversaire.
Par à-coup, le crâne d'Eren le fit souffrir mais de manière bien moindre que dans le couloir. La palme du comportement bizarre revint pourtant à Alice, pestant contre le sol... ou bien son ombre. Cela ne choqua pas outre mesure Eren qui tentait, tant que faire se pouvait, de mettre un pied devant l'autre sans s'éclater la tête contre un mur. Il avait peur de perdre conscience et de ce qui pourrait ainsi se réveiller.

Ils arrivèrent dans une ruelle où avait criée une femme car son enfant était la proie d'un démon. Alice jura de nouveau en direction de son ombre et la créature disparut comme par enchantement dans un portail noir. Eren comprit à demi-mot qu'Alice pestait contre une reine et se demanda alors le rang de cette fillette. C'est alors qu'il repensa à Alice, la princesse de coeur du pays des merveilles et se demanda si cette Alice là avait quelque chose à voir avec elle.
Devant cette pensée tout s'obscurcit encore plus. La vision du prince se vit alors recouverte d'un mince voile de ténèbres et sa migraine empira comme jamais.

Il hurla de ses voix multiples, un hurlement inhumain, tandis que de nouvelles rayures l'assaillaient. La mal faiblit à peine et Eren poursuivit son chemin jusqu'au même banc que la veille, sur cette place où il avait vu mourir un soldat. Son sang ornait toujours le pavé non loin de là.

Le prince s'assit et se tenait la tête, prit de violent tremblement. De son oeil droit se mit à couler une goutte de sang. Il perdait la tête, il le sentait. Il fallait que cela se calme s'il ne voulait pas perdre tout contrôle au profit de la chose qui était en lui.

Oz voulait continuer les recherches et il fut décidé d'aller au départ dans un bar puis dans une bibliothèque. Eren aurait été jusqu'en enfer si ça avait pu le soulager de sa douleur.
Alice, en revanche, ne semblait pas perdre le Nord et accouru en direction de la même carriole qu'elle avait pillée la veille. Elle aurait une mauvaise surprise en découvrant que celle-ci n'était plus que décombres suite à charge d'un hérisson.

Eren et Oz n'avait pas bougé, il se trouvait toujours sur le banc. Ils se regardèrent, ne sachant quelle attitude avoir face à Alice, puis le prince se leva. C'est alors qu'au loin résonna une sorte d'appelle. Le prince se tourna en direction de la rue et découvrit une cohue de gens armés de toutes sortes de chose et se dirigeant droit vers lui. Dans tout ce qu'il disait, Eren percevait le mot monstre et mort, c'était pourtant lui qu'on désignait du doigts, ou qu'on désignait pour payer. Rapidement une foule entoura le banc ou Oz et Eren se trouvaient.
Des torches, des fourches, des hallebardes, des balais, tout pouvait servir d'armes visiblement. Eren se fichait de tous ces gens. Sa tête lui faisait atrocement mal, il ne voyait quasiment plus rien, son jugement était inexistant.

Déjà des personnes hurlaient et certaines commençaient à jeter toutes sortes de choses à la figure du prince. Haïe une fois de plus, paria de la société, cela commençait à devenir une habitude pour cet homme. Devant l'absurdité de la situation, il éclata d'un rire au multiple voix et lança en direction de la foule :

"-Si vous êtes en vie c'est grâce à moi bande de dégénéré ! J'ai tué 4 de ces créatures, seul ! Et j'ai permis à deux hommes de la garde d'aider les blessés ! Que celui qui en a fait autant me jette la première pierre ! Sinon fermez la tous et rentrez chez vous mourir au fond de votre lit !

Une première pierre vola alors, suivie rapidement par plusieurs autres. Eren en évitait certaines mais la douleur conjuguait à sa vision défaillante ne lui permirent qu'un faible répit. La lapidation commença alors réellement.

Il y avait au moins un intérêt à cette histoire, si Valerya était dans cette ville, cette foule l'attirerait peut-être. Les désavantages, eux, étaient l'apparence transformée d'Eren, le faisant ressembler à un monstre, et sa mort imminente sous les coups de la foule.
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Oz Bezarius



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MessageSujet: Re: L'âme meurtrie (Libre)   Mer 16 Sep - 10:11

Alice courait vers la cariole du marchant ambulant. Peu lui importait que cette dernière ne soit plus que fatras de bois, elle espérait tout de même délivrer de cet entremêlement d'échardes, quelques victuailles, préservées de la destruction. Elle était sur place, affairée dans ses fouilles depuis plusieurs minutes lorsqu'elle remarqua, loin derrière elle, le grondement caractéristique d'une foule qui s'agite. Tournant la tête, elle vit alors qu'un conglomérat de citoyens marchait d'un pas uni, à la manière d'un troupeau de montons, en direction de son chéri et du bidule difforme qui se tenait à ses côtés.

Cela n'eut guère alerté la minaude, si ces hurluberlus n'avaient été équipés de fourches, piques, gourdins et autres caillasses. La jeunette délaissa donc à contrecœur ses gourmandes recherches, et se remit en course, se dirigeant vers le duo de ses acolytes. Il ne lui fallut guère longtemps pour parvenir à proximité d'eux, autour desquels les inconnus s'étaient amassés en cercle.
Parmi la foule en délire, des personnes hurlaient alors que certaines commençaient à jeter toutes sortes de projectiles improvisés à la figure d'Eren, qui, devant l'absurdité de la situation, éclata d'un rire fait de multiples voix, avant de lancer en direction des conspuants:

"Si vous êtes en vie c'est grâce à moi, bande de dégénérés ! J'ai tué quatre de ces créatures, seul ! Et j'ai permis à deux hommes de la garde d'aider les blessés ! Que celui qui en a fait autant me jette la première pierre ! Sinon fermez la tous et rentrez chez vous mourir au fond de votre lit !"

Une première pierre vola alors, suivie rapidement par plusieurs autres. Eren évitait ce qu'il pouvait, mais le débit augmentant, il en vint à recevoir de plus en plus de chocs. Aux côtés d'Eren, Oz, en panique, recevait une bonne partie des projectiles perdus. Immédiatement, Alice s'interposa devant Oz, qui, lui, s'était interposé devant Eren...

La situation était désespérée, et rien ne semblait devoir endiguer le flot continu d'invectives et autres agressions volantes. Soudain, Oz se sentit comme... absent de son propre corps. Quelque chose, en lui, tentait de prendre le dessus, et repoussait sa conscience. Jack ! Il ne pouvait s'agir que de Jack ! Oz tenta de repousser l'intrus, comme l'on chasse d'indésirables rats d'un navire en perdition. Ses efforts furent vains, et bientôt, l'esprit du garçon se trouva comme prisonnier de son propre corps, spectateur des agissements du possesseur.

Alice et Eren ployaient sous le déluge d'infamies, lorsque Oz, d'un coup, se redressa, et, faisant fi des projectiles qui le blessaient, encore et encore, s'adressa à la foule:

"Fiers habitants de cette belle cité !! Ecoutez-moi, et jugez cet homme après !"

La voix du jeune homme n'avait plus rien de commun avec celle qu'il arborait d'habitude. Fini la tonalité enfantine; les intonations comme le timbre étaient ceux d'un adulte, parlant avec force, conviction, et assurance. Sa diction, parfaite, soulignait la qualité d'une éducation noble, alors que ses gestes, postures et mimiques, conféraient à l'ensemble de sa personne un charisme confinant à l'envoûtement. Le charme opérait, et les quolibets diminuèrent fortement.

"Hommes, femmes ! Brave gens ! Ne vous laissez pas abuser par vos yeux. La créature que vous voyez ici, cet être cornu était encore, hier, un homme, comme vous, comme moi, comme nous !! Il occit de ses mains plusieurs de ces ignominies qui, pas plus tard que la nuit dernière, terrorisaient vos femmes et vos enfants. Du sang de ces immondices, il fut éclaboussé. Du sang de ses ennemis, il fini couvert. De la souillure de l'horreur, il fut contaminé. Son apparence à changé, car son corps est malade. Mais devons-nous, de ce fait, condamner le héros qui à aidé la ville ? Dusse son corps ne jamais revenir à la normal, ne louerons-nous jamais plus le courage qui mena son être à cet état ?"

Quelques personnes, dans la foule, n'écoutaient pas, et continuaient leur lancé de projectiles, en essayant d'encourager le reste des badauds à les imiter. La plupart de ces derniers, cependant, se regardaient les uns les autres, perdus dans une hésitation très hésitante. Le discours du jeune homme, servi par sa redoutable prestance, avait instillé le doute dans l'esprit des juges d'un jour. Oz (Jack), poursuivit:

"Hommes et femmes !! Fiers habitants de cette grande cité !! Je vous le demande: ne condamnez pas ce qu'il reste de l'homme, mais ayez pitié de la chose qu'il est devenu ! Il n'est pas le monstre qui a amené le mal, mais, en est, comme vous, une victime."

La foule s'était calmée, et certains ahuris du fond commençaient déjà à tourner les talons. D'autres en revanche, finirent par saluer Eren, et, si personne n'applaudit, quelques "bravos" s'élevèrent. Une femme, même, vint, le regard plein de méfiance à l'approche d'Eren, proposer quelques premiers soins au jeune trio.

A la suite de son discours, Oz défaillit, et chu séant, rejoignant Alice, qui avait perdu conscience lorsqu'une grosse pierre l'avait heurté au niveau de la tempe. Eren, seul, demeurait sur ses pieds, pas aussi impassible qu'il tentait de l'être, mais encore assez conscient pour tenter de comprendre ce qui venait de se passer.
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Eren Illyrio



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MessageSujet: Re: L'âme meurtrie (Libre)   Mer 16 Sep - 23:36

Tout était si embrumé dans l'esprit d'Eren. Dans sa tête se heurtait deux réalités, deux personnalités d'un même homme. Il ne parvenait plus à contrôler son esprit et bientôt éclatèrent dans sa tête des images de combats, des images de mort. Pas seulement la sienne mais aussi les morts qu'il infligeait à des êtres qu'il avait rencontré. Il se voyait occire Abnegatio, tranchant son cou à l'épée mais surtout, et c'est ce qui l'effrayait, s'attaquer à ses alliés. Parasite Kurokami, Alice et Oz, Valerya, ils les tuaient de ses propres mains. Il ne souhaitait surtout pas cela, il voulait reprendre possession de son corps, redevenir le prince mercenaire qu'il était.

Des pierres continuaient de l'assaillir pourtant, même si ça vision se faisait moindre, il s'aperçut qu'Oz prenait sa défense face à tous ces gens, s'interposant devant les projectiles. Alice ne tarderait pas à faire pareil pour protéger son bien-aimé. Il ne ressentait pas la douleur des pierres, seulement une sorte de dissociation mentale. Alice arriva alors, s'interposa mais ce n'est pas elle qui parvint à calmer la foule. Oz venait de se relever, prenant une posture beaucoup plus charismatique et entama un long discours.

Ce discours parvint non seulement à calmer une foule très en colère mais parvint aussi à apaiser le prince, lui donnant la force de repousser ses démons intérieur. Tandis qu'il parlait quelques projectiles continuèrent à voler dans leur direction et Alice fut touchée à la tempe. Aussitôt elle tomba en arrière, sans connaissance. Lâchant sa tête, Eren la rattrapa d'un bras et l'accompagna jusqu'au sol afin quel ne se blesse pas d'avantage. Elle était plus légère encore qu'elle ne le paraissait.

Il se releva ensuite, fusillant du regard la foule à la recherche de l'homme qui avait osé d'en prendre à elle. S'il l'avait aperçu, Eren aurait laissé parler sa folie destructrice. Il n'admettait pas qu'on s'en prenne à des enfants, surtout une fillette. Les poings serrés, il continua à écouter Oz parler avec une voix qu'il ne lui connaissait pas. Ce n'était plus lui, cela se voyait. Ainsi tout le monde avait ses démons intérieurs de sortie.

Les derniers badauds finirent par adhérer au discours de ce petit blondinet et tous commencèrent à saluer Eren, d'une façon ou d'une autre. Une femme vint même proposer ses soins au prince mais celui-ci, tellement amer contre ces habitants, refusa en bloque mais désigna du doigts la fillette allongée au sol. Presque au même moment, Oz chuta et vint rejoindre son amoureuse au sol. Il ne restait plus qu'Eren, sur cette place, tentant de reprendre comme il pouvait l'esprit qu'on lui arrachait. La femme s'affaira alors à soigner les deux enfants après qu'Eren les eut disposé sur le banc. Leurs plaies n'étaient que superficielles mais étaient relativement nombreuses. Elle assura au prince qu'ils allaient se réveiller vite, en tout cas pour la fillette.

Les maux de tête d'Eren s'apaisèrent eux aussi au fil des minutes, les images défilant beaucoup moins jusqu'à disparaître finalement totalement. Il n'avait pas retrouvé son apparence et ressemblait toujours à une sorte de monstre, une sorte de sans-coeur, mais il arrivait au moins à s'entendre penser. Voyant que la fillette n'avait toujours pas retrouvé ses esprits, il décida de s'offrir une petite vengeance. Tenant son visage angélique de sa main gauche, le prince lui donna quatre claque, relativement douce par rapport à elle, ce qui la fit émerger doucement :

-Réveille toi Alice, c'est pas à moi de réveiller ton petit blondinet... Et tu veux bien m'expliquer ce que c'était que ça, Oz n'était plus lui même l'espace de quelques instants.
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Oz Bezarius



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MessageSujet: Re: L'âme meurtrie (Libre)   Jeu 17 Sep - 17:42

Douleur... Cacophonie... Cacoleur... Douphonie... Tout se mélangeait dans la tête d'Alice. Les sons résonnaient, mais s'avéraient inaudibles alors que la jeune fille se sentait soulevée du sol. Puis vint un choc, lorsqu'elle heurta une surface dure. L'inconscience de la demoiselle avait déjà cédé pas mal de terrain, et les miasmes d'un mal ineffable se rappelaient à sa tempe. Comme si tout cela ne suffisait pas, un dernier choc, une gifle en fait, vient l'arracher aux derniers relents de sa torpeur.

"Réveille toi Alice, c'est pas à moi de réveiller ton petit blondinet... Et tu veux bien m'expliquer ce que c'était que ça ? Oz n'était plus lui même l'espace de quelques instants."

Ses yeux encore clos, l'enfant, sa conscience émergente, mit quelques secondes à remettre une identité sur la voix qui s'adressait ainsi à elle. Lorsqu'elle eut enfin reprit ses esprits, et compris qu'Eren tentait de la réveiller en tapant et hurlant sur sa personne, elle répondit:

"La ferme crétin ! Vas me chercher du café..."

Sentant que quelque chose n'allait pas, Elle se redressa sur le champ, cherchant Oz autour d'elle. Lorsqu'elle le vit, inanimé, les souvenirs lui revinrent; la foule, la lapidation... et Jack ! Ce satané Jack !  N'était-il pas censé avoir disparu ? Il faut croire qu'il gardait à sa guise quelqu'emprise sur le corps d'Oz... Toutefois, son intervention les avait probablement, cette fois-ci, tiré d'une fâcheuse situation. Comme d'habitude, l'ancêtre s'était révélé être le plus grand des orateurs, et tous avaient, comme toujours, fini par adopter le point de vue qu'il avait voulu leur donner.

"Jack. Jack Bezarius. L'ancêtre d'Oz. Non. L'ancêtre du corps d'Oz. Tu ne peux pas comprendre. Bref, il y a dans Oz, une partie de l'âme de ce Jack. Et... ce type... Pourrait soulever des armées sur un simple mot. Il n'a pas d'égal quand il s'agit d'embobiner les gens..."

Sa voix devint subitement beaucoup plus faible, alors qu'elle baissait les yeux:

"... et il est encore plus fort quand il s'agit de les détruire de l'intérieur..."

Les minutes qui suivirent, Alice expliqua à Eren qu'il n'était sans doute pas possible de réveiller Oz pour le moment. Chaque manifestation de Jack, aussi rare et courte soit-elle, plongeait en effet le jeune homme dans une sorte de coma à la durée plus ou moins longue, durant laquelle l'esprit du jeune homme cherchait le chemin pour reprendre le contrôle de son corps...

Puis vint l'évènement du siècle... Alice, demanda gentiment et respectueusement l'aide du jeune prince:

"Eren, s'il te plaît. Je sais que ce ne sont pas tes problèmes. Et sûrement que si les rôles étaient inversés, je serais la première à te refuser mon aide. Mais... Peux-tu m'aider pour transporter Oz à l'hôtel ? Il a besoin de repos. Il lui faut reprendre des forces, et ce n'est pas sur un banc, en pleine rue, qu'il se rétablira. Je ne te demande pas de le faire pour moi. Fais-le pour Oz. Il le ferait pour toi. Il le ferait pour n'importe qui..."
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MessageSujet: Re: L'âme meurtrie (Libre)   Sam 19 Sep - 12:19

"-Jack. Jack Bezarius. L'ancêtre d'Oz. Non. L'ancêtre du corps d'Oz. Tu ne peux pas comprendre. Bref, il y a dans Oz, une partie de l'âme de ce Jack. Et... ce type... Pourrait soulever des armées sur un simple mot. Il n'a pas d'égal quand il s'agit d'embobiner les gens... et il est encore plus fort quand il s'agit de les détruire de l'intérieur...

-Je vois que je ne suis pas le seul à avoir des problèmes d'identité... "

Eren commençait à penser qu'il avait plus de points communs avec ces enfants qu'il ne voulait le croire. Eux aussi étaient loin de leur monde, eux aussi avaient visiblement vu des choses horribles et eux aussi étaient habités par quelque chose qui avait un certain pouvoir de destruction.
Alice expliqua alors au prince comment se manifestait ce Jack Bezarius et le fait que le petit blondinet ne se réveillerait pas tout de suite. Sa voix semblait emplie d'une grande tristesse et, pour la première fois depuis leur rencontre, demanda de l'aide à Eren.

"Eren, s'il te plaît. Je sais que ce ne sont pas tes problèmes. Et sûrement que si les rôles étaient inversés, je serais la première à te refuser mon aide. Mais... Peux-tu m'aider pour transporter Oz à l'hôtel ? Il a besoin de repos. Il lui faut reprendre des forces, et ce n'est pas sur un banc, en pleine rue, qu'il se rétablira. Je ne te demande pas de le faire pour moi. Fais-le pour Oz. Il le ferait pour toi. Il le ferait pour n'importe qui..."

Eren n'en croyait pas ses oreilles. Alice, qui pourtant semblait jusqu'à lors n'éprouver que dédain et colère pour le prince, venait de lui demander un service gentiment. Cette fille aimait vraiment ce garçon, ça se voyait. Eren se demanda alors comment il avait pu croire une seconde que ces deux personnes pouvaient être aux ordres d'Abnegatio. Sa vie avait souvent été guidée par des mauvais choix et celui-ci en avait fait partie.

"-Bien sur que je vais t'aider, à la fois pour lui mais aussi pour toi Alice. Oz est quelqu'un de bien, ça se voit. Il donne sans attendre en retour, c'est une qualité rare chez les humains. Je ne sais pas qui vous cherchez mais je vous aiderez, autant que faire ce peu..."

Sur ces mots, le prince attrapa Oz et l'installa sur son dos. Les deux mains d'Eren étaient alors en dessous du garçon pour le maintenir en place. Eren comprit alors que, de monstre, il n'avait que l'apparence et que la carapace qu'il s'était forgé durant toutes ces années de solitude avait été violemment ébranlée par Valerya et venait de s'être brisée. Pour une fois, il était fier de ses actes et de ses décisions.

Ils parcoururent les rues sans trop d’embûche, observant le spectacle de la désolation, et arrivèrent à l'hôtel. Il déposa alors Oz sur le même lit que celui où il avait passé la nuit. La garçon semblait paisible, comme si toutes les horreurs n'avaient pas eu lieu.
Une question taraudait toutefois l'esprit du prince. Il se tourna vers Alice, la regardant dans les yeux et lui demanda d'une voix neutre :

-Dis moi, est-ce que tu n'as que le prénom de commun avec cette Alice qu'on a croisé dans l'autre monde ?
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Oz Bezarius



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MessageSujet: Re: L'âme meurtrie (Libre)   Sam 19 Sep - 16:51

"Bien sûr que je vais t'aider, à la fois pour lui, mais aussi pour toi Alice. Oz est quelqu'un de bien, ça se voit. Il donne sans attendre en retour, c'est une qualité rare chez les humains. Je ne sais pas qui vous cherchez mais je vous aiderai, autant que faire se peu..."

La réponse d'Eren soulagea Alice. Elle n'était vraiment pas certaine de la réaction du jeune homme, avec qui elle avait été, comme toujours, comme avec tout le monde, insupportable. Alice n'avait jamais rien eu contre cet homme, comme elle n'avait rien contre la plupart des gens, mais elle n'avait jamais été doué au niveau relation, et n'avait d'ailleurs jamais même compris comment fonctionnait toutes ces choses. Les gens s'énervaient ou se vexaient quand elle tentait d'être gentille, voire prenaient peur lorsqu'elle était de mauvaise humeur... Il n'y avait que Oz pour la comprendre et l'accepter telle qu'elle était. Il ne lui demanderait jamais de changer, il ne lui reprocherait jamais ce qu'elle ignorait.

Alice et Eren rebroussèrent chemin jusqu'à l'hotel de la nuit passée, le mercenaire portant Oz sur son dos, avec une délicatesse que ne lui avait pas soupçonné la jeune fille. Une fois rendus, ils déposèrent le jeune noble sur le lit qui l'avait accueilli la veille, et Alice se perdit un moment en contemplations.
Son amant semblait dormir d'un sommeil éternel. Le teint pâle, il demeurait inerte, et seule le mouvement d'une respiration extrêmement faible trahissait l'illusion de sa mort. Une larme roula sur la joue de la jeune amoureuse, qui ne parvenait à détacher ses yeux attendris du garçon.

"Dis moi, est-ce que tu n'as que le prénom de commun avec cette Alice qu'on a croisé dans l'autre monde ?"

La question, venue de nulle part, avait brusquement tiré Alice de son apitoiement. La question ne manquait pas d'impact, et visait juste. Ce qui surpris la demoiselle, c'est comment ? Autant qu'elle se souvienne, ni elle ni Oz n'avaient donné quelque détail sur le lien surprenant qui paraissait exister entre leur univers et ce fameux Pays des Merveilles. Après un instant de réflexion, elle prit la parole:

"J'aimerais te répondre d'un simple "oui". Et je ne te répondrai pas d'un vulgaire "non". Tout est... confus. En fait, au fil du temps que nous passions dans ce Pays des Merveilles, nous nous sommes rendus compte Oz & moi qu'il existait d'étranges similitudes entre notre monde d'origine, et celui de cette Alice Liddle."

Alice marqua une courte pause pour laisser à Eren le temps d'appréhender ce qu'elle venait de dire, puis elle reprit:

"Pour commencer, notre monde possède en quelque sorte deux facettes; le monde "réel", et l'Abysse, qui en est une sorte de dimension parallèle et ténébreuse, où prennent forme les pires cauchemars. Cette abysse est peuplée de monstres, appelés Chains. Ce que tu as rencontré la nuit dernière, ce sont parmi les plus faibles de ces créatures. Comme tu as pu le voir, le Pays des Merveilles était, lui aussi, composé de deux facettes... une sorte de monde "normal", et une sorte d'univers bizarre, ressemblant plus ou moins à un mauvais rêve. Cela ne nous aurait pas plus intrigué que ça sans..."

Alice s'arrêta, hésitante, observant les réactions de son interlocuteur. Toujours aussi immobile qu'une Pierre, Oz demeurait plongé dans un coma dont il ne semblait pas devoir revenir avant longtemps. La jeune fille se demanda ce qu'elle devait dire, ce qu'elle devait taire. Des deux enfants, Oz avait toujours été celui qui réfléchit, et qui agit en connaissance de cause. Alors qu'Alice... n'était bonne qu'à lui attirer des ennuis. Elle espérait que rien de ce qu'elle s'apprêtait à révéler à Eren ne pose de souci à son bien-aimé, mais, elle se disait qu'il était temps qu'elle commence à prendre des initiatives. Elle devait arrêter de toujours se reposer sur Oz, afin d'enlever un peu de l'immense fardeau qui pesait sur les épaules du garçon. Décidée, Alice reprit la parole:

"Parmi les chains de l'Abysse, il en existe des plus puissants que d'autres. Mais au-dessus de cela, existent également des chains que je pourrais appeler chains supérieurs. Ce sont des entités surpuissantes, au pouvoir incommensurable, dont certaines sont même capables de créer des passages entre le monde normal, et la dimension abyssale. Parmi ces chains, certains sont tellement puissants, et redoutés, que leur nom est connu de tout le monde... Citons d'abord le Chat de Cheshire... Il s'agit d'un chain qui règne en maître incontesté sur une dimension entière, existant au sein même de l'abysse. En quelque sorte une dimension dans une dimension, un peu comme le labyrinthe du Pays des Merveilles, qui représentait un espace autonome au milieu du désordre de ce monde, et qui était lui aussi gouverné par une bestiole nommée "Chat de Cheshire"..."

De nouveau, l'adolescente se tut, reprenant son souffle, et laissant à Eren le temps de bien mettre en place dans sa tête le flot d'information quelque peu important que lui servait la demoiselle.

"Je citerai aussi, comme chains parmi les plus puissants, Jabbewocky, Bandersnatch, le Lièvre de Mars, le Chapelier Fou, la Reine de Coeur... Nous ne sommes pas resté longtemps au Pays des Merveilles, mais cela à suffit pour que nous entendions parler d'un Jabberwocky, d'un Bandersnatch et d'une Reine de Coeur, dans ce monde également, en plus de notre rencontre avec le Chat de Cheshire local. A un moment, cela faisait bien trop de coïncidences, pour que cela reste des coincidences. La dernière chose à nous avoir mit la puce à l'oreille, est la disparition de notre monde, en même temps que celui de cette Alice Liddle."

Au fil de son discours, la fillette avait pu observer les expressions changeantes du prince. Tout semblait y être passé, de l'incrédulité à l'inquiétude, en passant par la surprise sans oublier une évidente perplexité.

"Il y a une dernière chose que je dois te dire. Cette "Alice Liddle", semblait être, en quelque sorte, une sorte de personne essentielle à l'existence de son monde... comme une déesse des lieux... c'est ça  ?"

Alice se pinça les lèvres, visiblement en proie à un doute intense, puis, devant le regard insistant d'Eren, finit par terminer son récit:

"L'Abysse, cette dimension seconde de notre univers... Heu. Celle qui dirige l'Abysse... se nomme... Alysse. Elle est ma sœur jumelle..."

La révélation, la terrible révélation, était enfin sortie de la bouche d'Alice, et avait atterri entre elle et Eren à la manière d'un parpaing lancé dans une marre; en faisant beaucoup de remous, et tout autant d'effet.
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Eren Illyrio



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MessageSujet: Re: L'âme meurtrie (Libre)   Dim 20 Sep - 11:25

Alice commença à répondre au prince avec une grande franchise, expliquant point après point les ressemblances qui existaient entre leur monde et celui d'Alice Liddle. C'était à peine croyable toutes les ressemblances qu'il pouvait y avoir. La masse d'information qu'Eren du ingurgiter en très peu de temps était colossale mais il écouta avec beaucoup d'attention, laissant parfois filtrer une émotion comme de l'incrédulité ou bien de l'incompréhension.

Elle évoqua différentes personnes vivants dans son monde : Le chat de Chesyre, le chapelier, le lièvre de Mars, toutes ces personnes qui n'étaient pas inconnus à Eren qui les avaient croisé dans le labyrinthe.

"-Si ta soeur est la reine de l'Abysse, ça fait de toi la princesse de ce royaume, tout comme Alice était la princesse de coeur du royaume... Ne t'inquiètes pas pour les généraux des chains, j'ai vu Abnegatio en vaporiser un sous mes yeux et les deux autres n'ont pas du faire long feu, il s'agissait d'un chapelier, un lièvre et une sorte de Loir. Mais pourquoi ta soeur s'en prend à toi et à ton petit ami ? L'entente familiale n'est pas au beau fixe ?"

Devant tant de franchise de la part d'Alice, qui jusqu'à présent n'avait montrée que dédain, Eren se décida à lui raconter à son tour son histoire. Il ne l'avait jamais raconté à personne, gardant pour lui son titre de régicide et son passé.

"-Je ne vous ai pas tout dit à mon sujet non plus. Je me nomme Eren Illyrio comme tu le sais déjà, je viens d'un autre monde relativement retardé par rapport aux autres. Je suis le prince de ce royaume, ou plus exactement je l'étais. Mon petit frère a tué le plus âgé et à fini par me destituer..."

Tandis que les paroles d'Eren lui sortait de la bouche, lui revenait en mémoire tout ce qu'il disait. Une profonde nostalgie commença alors à l'envahir. Même à travers son discours à plusieurs voix, on pouvait percevoir la tristesse et la colère se nouer dans sa gorge.

"-Il y avait une fille, Milly. Elle était belle comme une nuit étoilée. Un jour une guerre éclata dans le royaume et le père de la fillette n'hésita pas à la sacrifier pour que "le salut" ne revienne. C'était ridicule, les dieux n'ont jamais gagné de bataille, ils n'ont jamais rien fait pour les hommes !"

Les poings d'Eren se crispèrent à l'évocation de ce père fou qui avait été jusqu'à assassiner sa propre fille. Des veines noires parcoururent alors ses bras et une fumée sombre commença à irradier de ses mains serrées.

"-Une foule de gens étaient amassés pour voir ça... J'ai retrouvé le père et... Je lui ai fait payer avant d'emporter le corps de cette fille. On aurait pu croire qu'elle dormait paisiblement, comme Oz le fait en ce moment, mais la vie l'avait quitté."

Il marqua une pause, regardant Oz dormir tandis qu'il arrivait à la partie de l'histoire qui avait le don d'attiser sa colère et sa haine. Il inspira profondément, voulant chasser de son esprit les sombres images qui l'assaillaient petit à petit, puis expira avant de reprendre son histoire.

"-J'ai entendu une voix, j'ai fais confiance à un dieu me disant d'aller la déposer dans un lac non loin. J'étais poursuivi pour le meurtre du père, le temps pressait, je n'ai pas réfléchis. J'y suis arrivé, exténué et l'ai déposé sur l'eau. Je sentais mes forces disparaître, comme si la vie me quittait mais je la revoyais prendre des couleurs... Ca marchait ! Mais des cavaliers sont arrivés et j'en ai tué une d'une flèche. J'ai su plus tard qu'il s'agissait du roi, mon père. J'étais devenu le roi régicide et parricide. Mon frère était présent et profita de mon désarroi pour enfoncer ma propre épée dans ma poitrine ! Il s'approchait de Milly pour lui ôter définitivement la vie. Je ne sais pas ce qui s'est passé ensuite, je ne revois que des images flous de bain de sang...

Les yeux bleus d'Eren fixèrent la fillette qui se tenait à ses côtés et qui écoutait son récit. Même elle ne semblait être indifférente à ses paroles. Elle savait désormais ce qu'avait enduré le prince et sans doute la raison de son apparence en monstre.

"-Je me suis réveillé dans un monde inconnu, rétablis de mes blessures et je me suis reconverti en mercenaire. Personne n'a jamais su la vérité à mon sujet. Pourtant il y a quelques heures à peine, j'ai fais la rencontre de Valerya, cette rousse que je cherche. Elle pouvait m'aider, je le sais et j'avais besoin d'elle tout comme tu as besoin d'Oz. Tu sais désormais pourquoi je dois la retrouver, je suis un monstre fait d'ombre à l'intérieur et elle a le pouvoir de m'aider j'en suis convaincu !"

Le récit d'Eren avait été long et fastidieux et il fut surpris que l'attention de la fille ne se soit pas envolé au bout d'un moment. Elle montrait une personnalité assez brute au premier abord mais été pourtant une fillette capable du meilleur, tout comme le blondinet qu'elle protégeait. Eren les enviaient de n'avoir pas été séparé. Il regardait le jeune garçon, allongé, et sa colère auparavant acquise s'évapora, de même que la fumée noire se dégageant de lui. Il se rappela alors les paroles de Jack : Le héros qui à aidé la ville. C'était sans doute la première fois depuis longtemps qu'il ne se sentait pas comme un paria, un meurtrier. Apaisé par ce qu'il venait de raconter et par ce qu'avait dit Jack, une esquisse de sourire vint se dessiner sur son visage. Il lança ensuite à Alice avant de se diriger vers la porte :

-Prends soin de lui, c'est un bon petit. A son réveil, il voudra être contre toi. Je vais monter la garde en attendant. Il ouvrit la porte et s'apprêtait à sortir lorsqu'il se retourna et conclut, Au fait princesse, merci de m'avoir écouté...

Il sortit alors et alla s'asseoir sur le sol en face de la porte de la chambre, s'adossant au mur. Il ferma alors ses paupières et attendit, montant la garde devant la porte de deux petits amoureux. Personne ne viendrait les troubler aujourd'hui, Eren s'en fit le serment.
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Oz Bezarius



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MessageSujet: Re: L'âme meurtrie (Libre)   Dim 20 Sep - 21:59

Curieusement, Eren ne fut pas plus abasourdi que cela par la dernière révélation d'Alice, au sujet de sa sœur. Il le prit même d'une manière inattendue:

"Si ta sœur est la reine de l'Abysse, ça fait de toi la princesse de ce royaume, tout comme Alice était la princesse de cœur du royaume... Ne t'inquiètes pas pour les généraux des chains, j'ai vu Abnegatio en vaporiser un sous mes yeux et les deux autres n'ont pas du faire long feu. Il s'agissait d'un chapelier, d'un lièvre et d'une sorte de Loir. Mais pourquoi ta sœur s'en prend à toi et à ton petit ami ? L'entente familiale n'est pas au beau fixe ?"

La jeune se retrouva les yeux ronds comme des billes devant cette déclaration. Elle, une princesse !? Alice éclata d'un rire franc.

"Pas du tout. Ma sœur est ce que l'on nomme la "Volonté d'Abysse". Elle est en fait le cœur et l'esprit de cette dimension. Elle en est le noyau, les sentiments et les désirs, espoirs autant que craintes. Elle en est également la prisonnière, condamnée à une solitude éternelle... Moi, je ne suis que son double du monde réel. Je n'ai ni pouvoir, ni trône, pas même de royaume, mais je vois le monde réel, et je voyage avec Oz."

La solitude... Lorsqu'Alice parla de solitude, l'expression d'Eren changea.

"Et elle ne s'en est pas prise à Oz ni à moi. Les chains qui ont attaqué la ville l'ont simplement fait d'eux-mêmes, car ils avaient trouvé je ne sais comment, un moyen de passer depuis l'Abysse jusqu'à cette dimension. La seule faute de ma sœur, c'est son manque d'attention. En temps que Volonté d'Abysse, elle est censée être au fait du moindre mouvement de chains..."

Lorsque la jeune femme eut fini son discours, Eren se mit à parler, tout d'abord ur un ton monotone. Petit à petit, des sentiments commencèrent à se faire sentir alors que le jeune homme se dévoilait seconde après seconde.

"Je ne vous ai pas tout dit à mon sujet non plus. Je me nomme Eren Illyrio comme tu le sais déjà. Je viens d'un autre monde relativement retardé par rapport aux autres. Je suis le prince de ce royaume, ou plus exactement je l'étais. Mon petit frère a tué le plus âgé et à fini par me destituer..."

Alice ne comprenait pas exactement ce qui d'un coup poussait ce type à lui raconter ceci. Sans doute cela aurait-il intéresser Oz, mais pour sa part, elle ne voyait pas d'intérêt à savoir ce genre de chose. Toutefois, la demoiselle en était venue, avec le temps, à comprendre ce manque d'empathie, dont elle avait toujours fait preuve, malgré elle. Se persuadant ainsi que, faute de lui être utile à elle, laisser cet homme parler pouvait peut-être lui être profitable à lui, elle ne dit mot, et écouta.

"Il y avait une fille, Milly. Elle était belle comme une nuit étoilée. Un jour une guerre éclata dans le royaume et le père de la fillette n'hésita pas à la sacrifier pour que "le salut" revienne. C'était ridicule, les dieux n'ont jamais gagné de bataille, ils n'ont jamais rien fait pour les hommes !
Une foule de gens étaient amassés pour voir ça... J'ai retrouvé le père et... Je lui ai fait payer avant d'emporter le corps de cette fille.
"

Les poings d'Eren se crispèrent alors que celles visibles de ses veines se teintaient de noir au fil de son récit. De la fumée s'échappait de ses poings, donnant des airs de démon à ce personnage, pourtant déjà affublé d'une apparence des moins engageantes. Pourtant, Alice ne frémit ni glissa mot. Posant son regard sur Oz, le malheureux finit par se décrisper légèrement.

"On aurait pu croire qu'elle dormait paisiblement, comme Oz le fait en ce moment, mais la vie l'avait quitté."

Si peu douée qu'Alice soit pour comprendre autrui et ses sentiments, elle fut, cette fois-ci touchée par ce que contais son vis-à-vis. Il lui était aisé, en s'imaginant perdre ainsi Oz, se comprendre et de compatir au désarroi et à la détresse de cet homme. Plus que cela, elle ressentit en elle une effroyable colère envers la tragédie qui avait arraché à cette personne, tout ce qui faisait sa raison d'être. Avant qu'elle ne s'en rende compte, une larme roula sur sa joue, alors qu'Eren, de nouveau en proie à la colère, semblait sur le point d'exploser à chaque nouvelle phrase de son histoire.

"J'ai entendu une voix, j'ai fais confiance à un dieu me disant d'aller la déposer dans un lac non loin. J'étais poursuivi pour le meurtre du père, le temps pressait, je n'ai pas réfléchis. J'y suis arrivé, exténué et l'ai déposé sur l'eau. Je sentais mes forces disparaître, comme si la vie me quittait mais je la revoyais prendre des couleurs... Ca marchait ! Mais des cavaliers sont arrivés et j'en ai tué un d'une flèche. J'ai su plus tard qu'il s'agissait du roi, mon père. J'étais devenu le roi régicide et parricide. Mon frère était présent et profita de mon désarroi pour enfoncer ma propre épée dans ma poitrine ! Il s'approchait de Milly pour lui ôter définitivement la vie. Je ne sais pas ce qui s'est passé ensuite, je ne revois que des images floues de bain de sang..."

Alice était en colère. Alice était triste. Alice était déçue... de ne pas pouvoir aider cet homme, qui les avait aidé, Oz et elle, mais qui n'avait plus ce qu'elle avait toujours, peut-être grâce à lui. Sans réfléchir, sans savoir pourquoi, mais sans avoir besoin d'une raison à se donner, la demoiselle fit un pas en avant, et, tendant les bras, enserra ce corps difforme, aux traits abominables. L'extérieur pouvait être démonique, un grand cœur et une belle âme habitaient ce corps.

"Le passé ne peut être changé... Mais l'avenir, si ! Souviens-toi toujours de cette fille, souviens-toi toujours de vos sentiments. Ne reste pas à vivre avec la tristesse de son absence, mais souris à la vie, grâce au souvenir du temps passé avec..."

Alice rompit en douceur l'accolade, et, regardant Eren dans les yeux, ajouta, d'une voix douce:

"Peut-être qu'Oz pourrait faire quelque chose pour cette apparence..."

Le prince déchu sourit, et sortit après avoir déclaré:

"Prends soin de lui, c'est un bon petit. A son réveil, il voudra être contre toi. Je vais monter la garde en attendant."

Puis, s'arrêtant juste avant de passer la porte, le mercenaire cornu ajouta:

"Au fait princesse ! Merci de m'avoir écouté..."

***

Alice demeura seule avec Oz. Prenant une chaise, l'adolescente s'assis près de son minet, et, sa main dans la sienne, débuta une longue attente. Ainsi passèrent les heures, encore, et encore, sans que le jeune homme ne bronche. Le jour finit par décliner, et la nuit vint bientôt affirmer son règne, sans qu'Oz n'ai donné signe de vie. La jeune fille s'éveilla au matin, quelque peu courbaturée, la marque de la main d'Oz incrustée dans la joue. En effet, Alice s'était endormie malgré elle, et avec utilisé, tout le long de son sommeil, la main de son blondinet comme oreiller de fortune. Combien de temps avait passé depuis la perte de conscience du garçon ? Combien de temps s'écoulerait-il encore avant qu'il ne rouvre ses beaux verts ?

***

"Tu n'avais pas le droit. Tu étais censé ne plus être là."

Une phrase sans parole, dite sans voix, adressé à l'imposteur en maître, Jack Bezarius.

"Si je n'avais pas été là, tu n'y serais plus non plus. Ni ton nouvel ami. Vous seriez à l'heure actuelle réduits à l'état de bouillie, couchés sur le pavé sale de cette immonde ville.

_Et qu'à-t-elle d'immonde cette ville ? A part ta présence ?"

La réponse était venue instinctivement. Ancêtre ou non, Oz haïssait Jack. Il haïssait son imposture, il détestait ses mensonges, honnissait ses actes.  Ainsi se poursuivit longtemps cette conversation qui ne menait à rien. Prisonnier de ce corps qu'il pensait ne plus avoir à partager, Oz luttait pour reprendre le contrôle. Contrôle des bras, contrôle des membres, contrôle d'une situation qui lui avait totalement échappé. Alice était là, quelque part à ses côtés, il le sentait, il le savait.

"Que dois-je faire pour être débarrassé de toi ? Non ! Ne réponds pas. Ne dis rien. Tu ne sais que mentir..."

Jack sourit, comme à son habitude. Un sourire radieux, charmeur, dont émanait une aura de brillance incomparable. Si Oz n'avait pas eu conscience des ténèbres habitant cet homme retors, il l'aurait cru habité de la plus pure des lumières. Un démon déguisé en ange... Voila ce qu'était Jack. Plus malin qu'un renard; plus beau qu'un Apollon; plus intelligent qu'un académicien; plus fourbe qu'un serpent; et la langue toute aussi fourchue...

Oz ferma les yeux, puis se concentra, dans l'espoir de retrouver la sensation de lui-même. La tâche s'annonçait difficile, comme si ce corps, qui n'avait pas toujours été sien, lui refusait ce droit d'usage dont il avait tant besoin. La concentration du jeune homme fut rompue par la voix un tantinet provocatrice de Jack.

"Tu insistes pour que je disparaisse et te laisse ce corps, mais tu n'es pas même capable de lui imposer ta volonté. Peut-être devrais-je simplement prendre ta place, et sauver moi-même les mondes. Je suis même certain de pouvoir prendre "soin" d'Alice mieux que toi."

Jack avait mit volontairement beaucoup d'emphase sur cette dernière phrase. Comme l'on pouvait s'y attendre, Oz réagit immédiatement, et voulu le frapper, mais aucun corps n'était disponible pour répondre à cette impulsion.

***

Alice désirait, plus que tout, rester près d'Oz, mais, étant désormais humaine, elle avait, comme tout à chacun, certains besoins naturels à satisfaire. Ne pouvant plus se tenir, la jeune fille se leva, et quitta la chambre. Le soleil était déjà haut dehors, et elle se dit que prendre un repas ne serait pas une si mauvaise idée.

Lorsqu'elle sortit de la chambre, l'adolescence aux yeux cernés décrocha un sourire chaleureux à Eren en guise de salut. Déjà bien réveillé, celui-ci se tenait sur le palier, à quelques pas de la porte, et Alice se demanda s'il était resté là à monter ainsi la garde toute la nuit durant.

La jeune femme parcourut l'hotel de long en large, allant tout d'abord aux toilettes, avant de se refaire une fraîcheur en salle d'eau. Quelques minutes plus tard, Alice quittait l'hôtel.

***

Pris dans un songe qui n'en était pas un, un jeune noble qui n'en était plus un, se débattait contre un lui qui ne l'était pas. De cette lutte ne paraissait rien pour qui regardait, car sans vie demeurait depuis trop longtemps ce corps qui ne savait plus quelle vie l'occupait.

Soudain, un bras se leva, et un coup de poing fusa. Nul ne saura jamais à qui était adressé cet acte lancé dans le vide. Nul ne saura jamais qu'Oz avait enfin bougé un bras. Oz lui-même ne le saurait jamais...

***

Allégée des derniers munnies de l'équipe, mais forte d'une poche pleine de brioches au chocolat, Alice s'en revint à l'hôtel moins d'une demi-heure après l'avoir quitté. Montant quatre à quatre les marches qui menait à la chambre où demeurait Oz, la jeune fille stoppa le pas devant Eren, puis, un sourire radieux sur les lèvres, lui tendit le sachet de brioches.

"Il faut que tu manges." Elle fit un clin d'œil, puis, dit en riant: "A moins que désormais tu ne  préfères manger des petits enfants ?"

Lorsqu'elle pénétra dans la chambre, Alice perdit son sourire, voyant qu'Oz n'avait toujours pas bougé d'un iota. Reprenant sa place près de son homme, la demoiselle se mit à parler. Elle parla de tout, elle parla de rien. Elle parla, en priant que sa voix lui ramène Oz.

Après de longues heures de vaines paroles, alors que l'après-midi était déjà bien entamée, l'adolescence sortit rejoindre Eren, et lui annonça dépitée la stagnation de la situation.
Elle parla, de plus d'un autre souci. Bien qu'elle n'ai toujours pas réellement compris cette notion d'argent, Alice avait fini par assimiler que ne pas en avoir, signifiait ne plus avoir droit à rien. Et justement, ils n'en avaient plus, et Oz n'était toujours pas en état d'être déplacé.

"Je ne comprends rien à ces histoires d'agent. Où le trouver ? Comment ? En tous cas, je m'en vais chercher. Je te laisse avec Oz. Et encore, merci pour tout !"
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Eren Illyrio



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MessageSujet: Re: L'âme meurtrie (Libre)   Mar 22 Sep - 11:59

Une nouvelle fois, Eren laissait ses nouveaux compagnons entre eux et s'effaçait. Il se sentait toutefois libéré d'avoir ainsi raconté son histoire à Alice. Celle-ci avait même, en plus ne l'avoir pas jugé sur son comportement, enlacé et tenté de le réconforter.

Assis contre ce mur, l'esprit d'Eren errait en direction de Milly. C'était Alice qui avait raison, elle vivrait pour toujours dans sa mémoire et dans son coeur. Au final ainsi il pouvait la faire vivre à jamais à travers le temps.

Un chose dans ses pensées venait d'heurter son esprit sans qu'il puisse dire pourquoi. Il ne bougeait pas, restant là à méditer sur ce qu'il pensait sans pouvoir mettre au clair ses pensées. Quelque chose venait de s'illuminer en lui, comme un espoir. C'est à ce moment qu'il comprit, après plusieurs heures de recherches mentales. Il n'avait pas dormi, ses yeux étaient perdu dans le vague lorsque l'idée lui vint.

Abnegatio était un homme terrible s'en prenant directement au monde, les détruisant ou les bloquant dans des boucles temporels. Si boucle il y avait, peut-être qu'une anomalie pouvait lui permettre de remonter dans le temps. Si c'était le cas, Eren devait parvenir à comprendre comment se servir des boucles et ainsi sauver Milly. Si elle ne mourrait pas, Eren demeurait prince et n'obtenait pas cette malédiction !

L'espoir le fit sourire. Il ne savait pas comment parvenir à ses fins mais il ne lâcherait rien avant d'être parvenu à ramener cette fille et se jura que cette fois il la protégerait, au péril de sa vie. Eren aurait voulu crier sa joie au monde entier mais rien encore n'était fait, tout d'abord il devait rejoindre Valerya puis...

Alice sortit de la chambre, coupant net Eren dans son plan. Elle le vit là, assis contre le mur puis s'en alla vers les escaliers. Eren, curieux de savoir où se rendait cette fille, voulu au départ la suivre puis, puisant dans ses bonnes manières, préféra la laisser seule au cas où elle voudrait simplement se rafraîchir. Elle revint pas mal de temps plus tard, tout sourire et lui tendant un sachet de croissant.

"Il faut que tu manges. A moins que désormais tu ne préfères manger des petits enfants ?"

-Ca tombe bien il y a un petit blondinet qui m'attend sur le lit dans la chambre... Selon toi pourquoi je suis sortit... répondit-il avec un sourire carnassier.

Son apparence en plus de ce sourire aurait pu faire frémir plus d'un soldat. Il attrapa le sachet et remercia Alice avant de la laisser entrer dans la chambre à nouveau. Lorsqu'elle en ressortit, bien plus tard, elle fit part à Eren de leur problème d'argent :

"Je ne comprends rien à ces histoires d'agent. Où le trouver ? Comment ? En tous cas, je m'en vais chercher. Je te laisse avec Oz. Et encore, merci pour tout !

-Fais attention à toi, une fille seule dans les rues alors qu'il va faire nuit, ça ne passe pas inaperçu."

La voyant partir, Eren pénétra dans la chambre et vit Oz, toujours allongé dans le lit. Il était presque surnaturel qu'un être humain ait besoin d'autant de sommeil. Il voulu s'asseoir sur une chaise mais son épée dans son dos le gêna. Il la retira et la prit dans ses mains. Une pensée s'imposa alors à lui : Ce genre d'arme était inefficace, surtout si on la comparait à celle de Valerya. Il se leva alors et décida de partir à la recherche d'une armurerie. Il pensait pouvoir revenir rapidement auprès du petit seigneur endormi.
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MessageSujet: Re: L'âme meurtrie (Libre)   Aujourd'hui à 3:01

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